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Les oeufs des premiers dinosaures étaient mous

Un oeuf fossilisé de couleur foncée pris dans une roche brune.

Cet oeuf fossilisé pondu il y a plus de 200 millions d'années par un mussaurus, était mou, comme la plupart des oeufs de dinosaures, pensent les chercheurs.

Photo : Diego Pol

Radio-Canada

Le mystère des oeufs de dinosaures manquants est peut-être percé. Des chercheurs avancent que les premiers dinosaures pondaient des oeufs mous, un peu comme ceux des tortues, et que c’est la raison pour laquelle les paléontologues en ont retrouvé si peu.

La plupart des oeufs de dinosaure mis au jour appartiennent à trois grands groupes seulement : les théropodes (dont font partie les oiseaux actuels), les dinosaures à bec de canard et certains sauropodes à long cou du crétacé.

Les oeufs d’autres dinosaures, et surtout des dinosaures les plus anciens, n’ont pratiquement jamais été retrouvés, même dans des régions comme l’Alberta où on a pourtant retrouvé de nombreux fossiles.

Au fil des années, nous avions imaginé que les dinosaures pourraient avoir pondu des oeufs mous, explique la paléontologue de l’Université de Calgary Darla Zelenitsky, qui se spécialise dans les oeufs et les nids de dinosaures et qui a contribué à une étude qui veut en apporter la preuve pour la première fois.

Plus de 200 millions d'années

L’équipe qui publie ses conclusions dans la revue Nature a examiné deux groupes d’oeufs retrouvés en Mongolie et en Argentine, et en particulier une marque identifiée autour des embryons fossilisés.

Les fossiles de Mongolie appartiennent à un protocératops, un petit herbivore qui vivait il y a 71 à 74 millions d’années et qui était l’ancêtre de beaucoup de dinosaures découverts en Alberta. Ceux venant d’Argentine sont des mussaurus, un animal qui vivait il y a plus de 200 millions d’années.

Trois coquilles vides de tortue posées sur le sol.

Les oeufs de la plupart des dinosaures ressemblaient à ceux-ci, pondus par une tortue serpentine, croient les chercheurs.

Photo : The Canadian Press / Image fournie par Jasmina Wiemann

Composition moléculaire

Une des auteurs de l'étude, la doctorante de l’Université Yale Jasmina Wiemann, a étudié la composition moléculaire des fossiles et conclu que la marque laissée par l'oeuf n’est pas la trace d’une coquille dure qui aurait été inhabituellement fine, mais plutôt d’une coquille molle.

La coquille de ces oeufs était molle et comparable à du cuir, selon les chercheurs.

Cette conclusion pourrait les aider à retrouver beaucoup plus d’oeufs.

Nouvelles découvertes en vue

Longtemps, nous avons pensé que les tissus mous ne se fossilisent pas, note Jasmina Wiemann. Nous avons fait beaucoup de progrès pour comprendre que ces tissus restent assez souvent préservés, mais qu’ils n’ont pas toujours l’aspect auquel nous nous attendions.

Les chercheurs ont maintenant une meilleure idée des endroits où ils ont le plus de chances de retrouver ces oeufs, comme les sédiments de rivières, ainsi que de la meilleure façon de les préparer sans les endommager.

Je ne serais pas surprise si nous trouvions bien plus d’oeufs à coquille molle à l’avenir, peut-être même que certains se trouvent déjà dans nos collections.

Jasmina Wiemann, chercheuse de l’Université Yale

Un autre chercheur de l’équipe estime que l’apparition des coquilles dures similaires à celles des oeufs d’oiseaux que nous connaissons s’est produite à trois reprises distinctes pendant le mésozoïque.

Ailleurs sur le web :

L'étude The first dinosaur egg was soft (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

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