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Préposés aux bénéficiaires : « le salaire c'est 49 000 $ par an », martèle Québec

Des aspirants préposés masqués suivent un cours dans une salle de classe.

Les formations accélérées de préposé aux bénéficiaires ont commencé lundi au Québec.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Rejetant les accusations de cafouillage de son gouvernement dans le programme de formation accélérée des préposés aux bénéficiaires, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, répète que le salaire des nouveaux préposés sera bel et bien de 26 $ l'heure, soit 49 000 $ par année.

Sur la sellette à la suite de la démission d'étudiants inscrits à la formation en raison, selon eux, du non-respect des conditions de travail promises par Québec et des critiques des syndicats, Marguerite Blais maintient le cap et assure que son gouvernement respectera ses promesses.

Rappelant la pénurie de personnel importante dans les CHSLD, Marguerite Blais a expliqué au micro de Patrick Masbourian, sur les ondes d'ICI Première, que les 26 $ l'heure promis par le premier ministre Legault ne sont pas des paroles en l'air et que le gouvernement allait prendre les moyens qu'il faut pour remplir cette promesse.

Des préposés aux bénéficiaires, il nous en manque 10 000. M. Legault s’est engagé à plusieurs reprises, a mentionné que c’était 49 000 $ par année à 26 $ de l’heure le salaire, et moi, aujourd’hui, je suis ferme et je veux réitérer l’engagement du gouvernement du Québec.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés

Visiblement piquée par les critiques émanant du milieu de la santé et des rangs syndicaux voulant que les promesses faites par Québec aux nouveaux préposés sont impossibles à réaliser dans la mesure où rien dans les contrats de travail actuels ne garantit des horaires à temps plein et des salaires aussi élevés pour les nouveaux préposés fraîchement embauchés, Marguerite Blais a rappelé que c'est à son gouvernement démocratiquement élu d'en décider.

Je tiens à dire aux personnes qui ont quitté les bancs hier de revenir parce que c’est ça l’engagement. Ce n’est pas les CISSS et les CIUSSS qui vont décider comment ça fonctionne.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés

S'il faut changer la structure organisationnelle on va le faire, a poursuivi Mme Blais.

Je ne veux pas m'ingérer dans les négociations syndicales, mais je peux vous assurer que quand M. Legault prend un engagement, il le tient.

Pas le message véhiculé aux étudiants

Dans une vidéo tournée cette semaine dans une classe de futurs préposés aux bénéficiaires de Laval, dont nous avons obtenu copie, la coordonnatrice des ressources humaines du CISSS de Laval, Julie Morin, explique aux étudiants qu'en vertu des conventions collectives en vigueur, leur salaire horaire à l'embauche ne sera pas de 26 $ l'heure. Du moins pas pour le moment.

Selon Mme Morin, si on ajoute au salaire de base toutes les primes offertes par le gouvernement pour ceux qui travaillent en zone chaude [avec des patients contaminés à la COVID] sur des horaires atypiques, il est possible que le salaire gagné avoisine 26 $ l'heure, mais, précise-t-elle aux étudiants, 26 $ n'est pas le salaire horaire de base prévu dans les conventions collectives pour les nouveaux préposés.

Actuellement, le salaire d'embauche d'un préposé aux bénéficiaires est de 20,55 $ l'heure selon la grille salariale d'avril 2019.

Une situation que confirme Marjolaine Aubé, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval.

Pour nous, ça a toujours été de la poudre aux yeux. Nos contrats de travail ne permettent pas ça. Il n’y a aucun de nos préposés aux bénéficiaires qui gagne 26 $ de l’heure.

Marjolaine Aubé, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval

Est-ce qu’ils vont créer un nouveau type d’emploi? Vont-ils créer une nouvelle échelle salariale? Ça ne fonctionnait déjà pas dès le départ. Pour nous c’est impossible cette annonce-là.

De plus, en vertu des conditions édictées par Québec, les nouveaux préposés devront travailler pendant au moins un an en CHSLD avant de pouvoir postuler un autre emploi dans le réseau de la santé. Or, souligne Mme Aubé, une telle disposition n’existe nulle part dans les contrats de travail. Dès son embauche, au jour un, la personne peut appliquer sur n’importe quel poste et ça ne veut pas dire que ce sera en CHSLD.

Il va falloir qu’il y ait des négociations aussi à cet effet, ajoute Marjolaine Aubé.

Par ailleurs, en ce qui a trait à la situation de plusieurs étudiants acceptés au programme et qui ont été renvoyés chez eux faute de place dans les classes, ou encore en raison de leur condition de santé, Marguerite Blais a reconnu un certain cafouillage.

Elle a assuré que ce programme de formation de 10 000 personnes mis sur pied dans l'urgence d'une pandémie sera ajusté et qu'une autre session de formation de 2000 étudiants est prévue dès l'automne, pour ceux et celles qui n'ont pu avoir une place au premier tour.

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