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Tuerie de Portapique : une demande de recours collectif est déposée

La police aurait remis un véhicule contenant des restes humains aux proches d'une victime.

Deux personnes de dos devant un drapeau qui flotte au-dessus de fleurs et de divers objets posés sur le sol.

Le drapeau de la Nouvelle-Écosse flotte au-dessus d'un mémorial improvisé à Portapique le 22 avril 2020.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Les familles de trois victimes de la tuerie de Portapique ont déposé cette semaine une demande de recours collectif contre le gouvernement provincial et la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Les proches affirment entre autres que la police nationale ne compte pas assez d’effectifs et critiquent les communications de la police.

La demande de recours collectif remet en question non seulement la façon dont la force policière a géré la tuerie, mais ses actions dans les semaines qui ont suivi.

Une des allégations de la poursuite veut qu’un véhicule ait été remis à une famille avec des douilles d'armes à feu et des restes humains toujours à l'intérieur. Un membre de la famille aurait donc dû nettoyer lui-même la voiture. Aucune information supplémentaire sur cet incident n’a été communiquée dans la demande.

Ce sont 22 personnes qui ont été tuées le 18 et 19 avril dernier dans la pire tuerie de l’histoire récente du Canada. Sandra McCulloch, une avocate de la firme Patterson Law à Truro, représente Tyler Blair et Andrew O'Brien dans cette affaire.

Jamie et Greg Blair.

Jamie Blair, à gauche, et Greg Blair, sur une photo de famille, figurent parmi les victimes de la tuerie.

Photo : La Presse canadienne / Kelly Blair

Le père de Tyler Blair, Greg, et sa belle-mère, Jamie, ont été tués à Portapique. La femme d'Andrew O'Brien, Heather, a été abattue près de Masstown le lendemain.

Beaucoup de questions ont été posées depuis les événements des 18 et 19 avril. Beaucoup plus de questions que de réponses, et certaines des réponses qui ont été émises ont été moins que satisfaisantes.

Une citation de :Sandra McCulloch, avocate chez Patterson Law

La déclaration, déposée mardi devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, soutient que la GRC n'avait pas suffisamment enquêté auparavant sur le tireur, malgré des signes indicateurs. CBC a appris qu’en 2011 la police de Truro a reçu de l'information stipulant que Gabriel Wortman voulait tuer un policier. L’information a été communiquée aux forces policières de la Nouvelle-Écosse.

L’avis de poursuite souligne aussi que la police a été avertie par une victime expliquant avoir été touchée par balle par un individu qui se déplaçait dans ce qui semblait être un véhicule de police. La déclaration indique que la force policière n'a pas pris compte de ces informations et n'a pas averti le public que le tireur prétendait possiblement être un agent de police avant 10 h 17 le lendemain matin.

Manque d’effectifs et de communication

La demande de recours collectif avance que trop peu d'agents ont été envoyés sur les lieux de la première agression à Portapique et que la GRC n'a pas établi un périmètre suffisant pour contenir le tireur. Il est aussi affirmé que la GRC dans les comtés de Colchester et de Hants, les comtés où s’est déroulée la tragédie, manque de personnel et de ressources.

Les proches critiquent également les communications de la police. Ils indiquent que les avertissements publics envoyés par la police sur Twitter étaient insuffisants en raison de la faible couverture Internet dans la région et qu'ils contenaient des informations incorrectes sur l'emplacement du tireur.

Heather O'Brien, assise dans sa voiture.

Heather O'Brien, l'une des 22 victimes du tireur.

Photo : La Presse canadienne / GoFundMe

Il est de plus allégué que la GRC n'a pas correctement informé les familles des décès et a permis aux photos et vidéos des victimes d’être diffusés sur les réseaux sociaux avant que certains proches ne soient mis au courant. Par exemple, la fille d'Heather O'Brien, Darcy Dobson, a déclaré au magazine Maclean's que sa famille savait que quelque chose s'était passé avec sa mère, mais il leur a fallu sept heures pour recevoir de l’information de la police.

Les prochaines étapes de la demande

La demande de recours collectif vient d’être déposée à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, mais elle doit être approuvée par un juge avant de pouvoir se rendre devant les tribunaux. Aucune des allégations n’a encore été prouvée devant un juge.

L’avocate Sandra McCulloch s'attend à ce que cela prenne entre six mois et un an avant que la poursuite soit autorisée comme recours collectif et puisse aller de l'avant.

La province est également visée par la poursuite.

La GRC et le procureur général de la Nouvelle-Écosse ont refusé de commenter. La GRC a déclaré qu'elle n'avait pas encore reçu d’avis de poursuite et qu'elle ne commentera pas le dossier.

Bien qu'il y ait de plus en plus de voix qui s'élèvent pour demander une enquête publique sur les événements, rien n’est encore prévu pour le moment.

Avec des informations de Carolyn Ray, de CBC

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