•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Consommation record : l’usage de l’eau potable restreint à Québec

De l'eau coule d'un robinet dans une cuisine.

Le temps sec n'aide pas à remplir les réserves de la Ville. (Archives)

Photo : iStock

Érik Chouinard

Il ne s'est jamais consommé autant d'eau potable à Québec. Le soleil et les rares précipitations forcent la Ville à imposer des restrictions d'utilisation.

Il est donc interdit d'arroser la pelouse, de nettoyer sa voiture ou de remplir une piscine jusqu'à nouvel ordre.

Les usines traitent l’eau et la stockent dans des réservoirs en prévision des périodes de pointes et présentement la demande est telle que le niveau des réservoirs de la Ville baisse de moitié chaque jour.

Les différentes usines de traitement des eaux de la Ville peuvent produire jusqu'à 447 000 m3 par jour. Or, il s'en consomme environ 560 000 m3 quotidiennement, l'équivalent de 560 millions de litres par jour.

C’est rare qu’au printemps il y ait très peu d’eau. Les gazons sont jaunes et les gens n’aiment pas beaucoup ça, alors ils arrosent beaucoup et ils augmentent la demande en eau, remarque François Proulx, un expert scientifique pour la Ville de Québec en matière d'eau potable et professeur associé à la Chaire de recherche en eau potable à l'Université Laval, en entrevue à l’émission Première heure.

Il poursuit aussi en indiquant que de plus c'est un moment privilégié pour le remplissage des piscines, une autre grande source de consommation d'eau.

Pour l'instant, la Ville permet seulement l'arrosage de potagers et le remplissage d'une nouvelle piscine fraîchement installée seulement en soirée. Il faut maintenir ces restrictions-là, tant que la pluie ne sera pas revenue pour aider à remonter nos niveaux et venir corriger la situation, indique Suzanne Verreault, la conseillère responsable du dossier de l'eau potable.

La patience sera de mise. Les prochaines précipitations de pluie ne pourraient survenir qu'à partir de lundi prochain.

Une situation similaire est en vigueur du côté de Lévis. Les résidents des arrondissements des Chutes-de-la-Chaudière-Est et Chutes-de-la-Chaudière-Ouest doivent restreindre leur utilisation de l'eau.

Approvisionnement toujours solide

Selon l’expert et professeur François Proulx, Québec est toujours en bonne posture par rapport à son approvisionnement en eau.

Les sources sont d’ailleurs diversifiées avec des prises d’eau dans le fleuve Saint-Laurent, dans la rivière Saint-Charles et dans la rivière Montmorency. L’important, c’est de ne pas prendre tout du même endroit, parce que si la source devient fragile, on est plus vulnérable, indique-t-il.

Il ajoute que le réseau interconnecté permet de répondre à la demande si l’une des sources se retrouve fragilisée.

Le barrage du lac Saint-Charles.

Le barrage du lac Saint-Charles

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Pour le moment, le niveau du lac Saint-Charles, principale source d'approvisionnement, n'est pas inquiétant.

Par contre, la rivière Montmorency, qui approvisionne notamment l'arrondissement de Charlesbourg, doit être surveillée. Elle n'a jamais été aussi basse, alors c'est un premier indice, affirme le maire Régis Labeaume.

Ce genre d’épisode de sécheresse printanière pourrait devenir plus commun avec les changements climatiques. Avec le temps, les modèles prévoient qu’il y aura plus de périodes de sécheresse. Il va falloir être plus tolérant, précise le professeur de l’Université Laval.

Aplatir la courbe

Les citoyens de Québec sont gourmands, ce sont les plus grands consommateurs dans le réseau, selon François Proulx. On consomme en moyenne environ 250 à 300 quelques litres par jour pour chaque personne, relate-t-il.

L’expert affirme que depuis 2007, la Ville de Québec a mis en place plusieurs mesures pour inciter les gens à consommer moins d’eau et à modifier leur comportement envers elle.

Ce n’est pas sur la capacité de traitement qu’on va travailler, on essaye plus d'aplanir les pointes, explique-t-il.

Ainsi la ville souhaite étaler la demande en eau dans le temps. Au lieu d’avoir une pointe entre 8 h le matin et 19 h le soir, on va tenter de faire en sorte que la demande soit plus égale durant toute la journée, souligne le professeur.

Eau brouillée

L'eau du robinet était d'ailleurs d'une couleur jaunâtre mardi soir et mercredi matin à Québec et à L'Ancienne-Lorette. La Ville de Québec assure que l'eau est potable, même dans ces conditions. Elle recommande aux résidents de laisser couler l'eau froide quelques minutes afin de régler la situation.

Ceci s’explique par le fait que la Ville a effectué mardi soir des travaux sur le réseau d’aqueduc qui normalement n'auraient pas créé ce phénomène. Toutefois, au même moment, la consommation d'eau s'est avérée très importante, ce qui a généré une augmentation de pression, la combinaison des deux a causé l'eau brouillée, ce qui n'était pas prévisible, explique la Ville par courriel.

La Ville ajoute avoir effectué une opération de rinçage pour favoriser le retour à la normale.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !