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Adultes et nouveaux arrivants : des finissants pas comme les autres

Les six adultes prennent la pause : on les voit les uns à côté des autres (mais avec une distance entre eux étant donné la pandémie) dans ce qui ressemble à un parc, à Winnipeg.

Amine Nidae, Rachid Barrima, Rachelle Njiyobiri, Mbuyamba Lwaba Kandolo, Angbe Delphine, Mathilde Kouadio sont des diplômés du Centre d'apprentissage pour les adultes de la Division scolaire franco-manitobaine.

Photo : Radio-Canada / Denis Chamberland

Radio-Canada

Ils s’appellent Amine Nidae, Rachid Barrima, Rachelle Njiyobiri, Mbuyamba Lwaba Kandolo, Angbe Delphine et Mathilde Kouadio. Ce sont des adultes qui terminent en français leurs études secondaires au Centre d’apprentissage de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM). Deux d'entre eux racontent ce que signifie pour eux cette fin de leurs études en pleine pandémie.

Mbuyamba Lwaba Kandolo était enseignant de mathématiques et physique avant son arrivée au Canada mais, comme c’est le cas pour de nombreux nouveaux arrivants, ses diplômes ne sont pas reconnus ici. Le voici donc finissant au secondaire.

Personnellement, j’ai une certaine expertise, mais quand j’arrive au Canada tout ça tombe et je dois recommencer à zéro, fait-il remarquer.

Mais il n’en tient pas rigueur à son pays d’adoption.

Vous savez, le Canada c’est un pays de rêve, quelqu’un qui ne rêve pas ne peut pas réussir au Canada. Il faut beaucoup rêver et essayer de traduire ses rêves en réalité et à ce moment-là, vous allez réussir, affirme-t-il.

Il se dit par ailleurs choqué par ce qu’il qualifie de manque d’humilité de certains nouveaux arrivants qui, bien qu’ayant fait des études ailleurs, doivent recommencer ici.

Tout ce que vous avez fait là n’a pas d’importance. Beaucoup de gens n’ont pas d’humilité; ils vont tourner en rond et après un certain moment ils reviennent à la case départ pour faire ce qu’ils ont refusé de faire au début. Alors je demande aux gens, surtout les immigrés, d’être humbles parce que cette humilité peut vous offrir beaucoup d’occasions que vous ne soupçonnez pas.

Les diplômés de 2020 vivent une fin de secondaire par ordinaire

Radio-Canada Manitoba leur rend hommage, vendredi. Ne manquez pas notre dossier :

  • sur le web, les témoignages de finissants de la DSFM en photos et en vidéos

  • à la radio, l'émission spéciale de l’Actuel consacrée aux finissants

Mbuyamba Lwaba Kandolo a ainsi dû retourner sur les bancs de l’école pour se réajuster.

Dans la vie si on ne fait pas d’effort on reste dans le bas de l’échelle et il n’y a personne qui vous taillera une place dans la société. Il faut faire un effort. Si vous ne vous mettez pas vous-même en question, il n’y a personne qui viendra se mettre en question pour vous, affirme-t-il.

Mathilde Kouadio est elle aussi une récente diplômée du Centre d'apprentissage franco-manitobain. De ses deux ans d’études, elle retient surtout la manière dont les enseignants coopèrent avec nous.

Je vois qu’il y a vraiment le respect qui est installé et même entre nous les étudiants, il y a vraiment le respect et ça c’est quelque chose qui m’a beaucoup marquée, dit-elle.

Elle raconte avoir trouvé les hivers difficiles. Je n’ai pas de véhicule, alors je me déplace en bus. Après la première année, je ne voulais plus continuer parce que je me disais : Ah! encore l’hiver, ah! non, j’aurai froid, et toutes ces choses. Et ma fille m’a dit : maman vas-y, vas-y parce que tu as déjà fini la première année, il te reste juste que cette année alors vas-y.

Mais la pandémie, dit-elle, ne lui a pas causé trop de problèmes. Ça me permettait de m’occuper, parce que je restais toute la journée à manger et dormir alors ça au moins ça m’occupait, pour faire des recherches, faire mes devoirs et tout le reste. Pour moi c’était quand même bien. Des fois, ça me manquait d’être avec les autres dans une salle de classe, mais je n’ai pas trouvé ça difficile, dit-elle.

Pour Mbuyamba Lwaba Kandolo, la DSFM a offert aux nouveaux arrivants cette occasion de pouvoir parachever notre éducation, surtout en tant qu'immigrants.

Et s’il est dommage que la pandémie vienne nuire à une remise de diplômes en bonne et due forme entre camarades de classe, elle représente tout de même un aboutissement d’un processus que nous avons commencé il y a deux ans.

  • Nombre d'étudiants au Centre d'apprentissage cette année : 78
  • Nombre de finissants : 37

Avec les informations de Denis Chamberland

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