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De retour au travail malgré un test positif à la COVID-19

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un test de dépistage de la COVID-19.

Le reportage de Marie Maude Pontbriand

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Saviez-vous que certains travailleurs de la santé ont dû être retirés deux fois de leur milieu de travail, parce qu'après avoir été autorisés à y retourner, ils ont reçu un nouveau résultat positif à un test de COVID? De nouvelles données scientifiques permettent toutefois d'affirmer qu'après 14 jours, plus besoin de retester. La personne n'est plus contagieuse et peut sans crainte retourner au travail.

Alexandre Pearson est infirmier auxiliaire au Jeffery Hale. Il a reçu un premier diagnostic de COVID-19 le 6 avril. Ses symptômes : faiblesse, fatigue, diarrhée, perte d'odorat et de goût.

J'ai croqué un oignon, puis rien du tout. Les vapeurs, les larmes, tout ce qui venait avec, mais je n'aurais pas pu dire que c'était un oignon, raconte-t-il.

Il a reçu son premier résultat de dépistage positif avec soulagement. Il sentait que quelque chose ne tournait pas rond depuis qu'il avait été en contact avec un patient décédé de la COVID-19.

Fausse joie

Il s'est alors isolé dans le sous-sol pour éviter de contaminer sa conjointe et leurs deux enfants. Trois semaines plus tard, il reçoit finalement les deux résultats négatifs nécessaires qui lui permettent de retourner au travail. Enfin, Seigneur! lance celui qui était impatient de retourner au front.

C'est comme revenir quand l'apocalypse est passée, il y en a qui ont survécu, il y en a qui sont guéris, il y en a qui sont décédés. C'est des chocs, mais on est contents d'enfin pouvoir mettre l'épaule à la roue.

Un mois plus tard est arrivé le dépistage massif des employés des CHSLD publics. Il se prête au jeu convaincu que le résultat ressortira négatif comme les deux derniers. Mais le 25 mai, on le renvoie à la maison : son test est positif.

C'est dur à prendre, c'est comme retourner dans un cauchemar.

Alexandre Pearson, infirmier auxiliaire

Il s'en est suivi une période d'angoisse et de remise en question. Aurait-il pu contaminer ses proches? Jusqu'au moment où il reçoit un appel de la santé publique qui lui explique que de nouvelles données scientifiques permettent d'affirmer qu'il n'est plus contagieux même si son corps porte encore des traces du virus.

Il faut savoir que les tests PCR, ce sont des tests qui détectent des parties du virus, mais ça ne nous dit pas si le virus est complet, si le virus est capable d'être infectieux, de contaminer quelqu'un d'autre, explique le médecin épidémiologiste à l'Institut national de santé publique (INSPQ), Gaston Deserres.

Nouvelles données scientifiques

À la lumière de nouvelles données recueillies, les scientifiques constatent que les personnes atteintes du virus sont contagieuses beaucoup moins longtemps que ce que montrent les tests de dépistage. Ce qui a poussé l'INSPQ à faire de nouvelles recommandations aux employeurs.

Plus besoin d'obtenir deux tests négatifs avant de retourner au boulot, il suffit d'attendre 14 jours après le début de la maladie, si la personne est rétablie, elle n'est plus contagieuse.

Alexandre Pearson, infirmier auxiliaire

Alexandre Pearson, infirmier auxiliaire

Photo : Radio-Canada

Peut-on contracter le virus deux fois? Évidemment la question de la réinfection par la COVID c'est une question extrêmement importante pour laquelle on n’a pas actuellement la réponse.

Impossible donc de dire avec certitude si Alexandre Pearson est tombé malade une deuxième fois; ce qui est plus certain, c'est qu'il n'était plus contagieux le 25 mai, quand son employeur l'a renvoyé chez lui après son deuxième test positif.

Malgré les heures d'angoisse qu'il a dû traverser, il n'a aucune rancune.

C'est normal, on ne la connaît pas cette maladie-là. Il faut apprendre de nos erreurs. C'est un pas en arrière pour en faire deux en avant.

Il se réjouit de savoir que les nouvelles découvertes scientifiques vont éviter à d'autres de vivre l'anxiété du deuxième test positif après une guérison.

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