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Des recommandations pour la réouverture des écoles en Ontario en septembre

Le port obligatoire du masque à l'école n'est pas recommandé.

Une salle de classe vide, vue à partir d'un bureau d'élève.

À quoi ressemblera le retour en classe en septembre en Ontario?

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Radio-Canada

Du lavage des mains à la distanciation physique, l'Hôpital pour enfants de Toronto propose une série de recommandations pour le retour en classe en septembre en Ontario.

Les élèves devraient se laver les mains ou utiliser un gel désinfectant au moins cinq fois par jour, selon les experts de l'Hôpital.

Ces derniers ne recommandent pas d'imposer une distance minimale de 1 ou 2 mètres entre les pupitres en classe, affirmant qu'une politique stricte de distanciation physique à l'école « n'est pas pratique et peut causer des séquelles psychologiques importantes ».

Toutefois, le mobilier en classe devrait être disposé pour permettre « autant d'espace que possible » entre les élèves, peut-on lire dans le rapport de l'Hôpital pour enfants de Toronto (Nouvelle fenêtre) (Sick Kids Hospital).

Le groupe de travail qui a collaboré avec le ministère de l'Éducation suggère également de ne pas organiser d'assemblées, de prendre la pause lunch à l'extérieur lorsque le temps le permet et de ne pas partager les instruments de musique à moins qu'ils ne soient désinfectés.

Durant les activités à l'extérieur, telle que la récréation, la distanciation physique ne devrait pas être obligatoire.

Recommandation de l'Hôpital pour enfants de Toronto

L'Hôpital pour enfants de Toronto suggère plutôt de s'assurer que les enfants se sont bien lavé les mains avant de jouer à l'extérieur.

Les spécialistes de l'établissement recommandent toutefois de reporter jusqu'à nouvel ordre ou de modifier la pratique de sports de contact comme le rugby, le football et la lutte.

Pas de masque

Le port obligatoire du masque à l'école n'est pas recommandé.

L'Hôpital pour enfants de Toronto note que les avantages du masque, particulièrement chez les enfants, sont méconnus et que si le masque n'est pas porté correctement, son utilisation peut en fait mener à un risque accru d'infection.

Chez les jeunes enfants en particulier, les masques peuvent être irritants. L'enfant peut alors toucher son visage et ses yeux plus souvent, ce qui peut augmenter le risque d'infection.

Recommandation de l'Hôpital pour enfants de Toronto

L'Hôpital pour enfants de Toronto propose aussi de demander aux parents de vérifier les symptômes de leur enfant chaque jour avant qu'il ne parte à l'école.

Si le dépistage est fait par le personnel de l'école, il pourrait y avoir de longues files, explique le groupe de travail. Quant à la prise de la température à l'entrée, elle pourrait aussi retarder le début des cours, d'autant plus que seule la moitié des enfants infectés environ présentent ce symptôme, ajoutent les experts de Sick Kids.

Pour eux, une chose est sûre, le retour en classe est nécessaire à l'automne, même si des éclosions sont à prévoir. Il est essentiel de maintenir l'équilibre entre les risques de COVID-19 chez les enfants, qui semblent être minimes, et les problèmes liés à la fermeture des écoles, qui ont un impact sur leur santé physique et mentale, peut-on lire dans le rapport.

Pas de décision du gouvernement Ford

Le ministère de l'Éducation indique que les experts de l'Hôpital pour enfants de Toronto sont l'un des partenaires consultés pour la réouverture des écoles l'automne prochain, en plus d'autres spécialistes en santé et des syndicats d'enseignants, notamment.

Alexandra Adamo, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation Stephen Lecce, répète que ce dernier fera une annonce avant la fin juin au sujet de la rentrée, comme promis.

Nous adopterons une approche prudente qui met l'accent sur la sécurité. Nous apprécions également les conseils de l'Hôpital pour enfants concernant l'importance d'un soutien robuste en santé mentale pour garantir une transition positive. Nous veillerons à ce que ce soutien soit en place.

Stephen Lecce, ministre de l'Éducation

Le premier ministre Doug Ford a ajouté en point de presse mercredi que les emplois des enseignants seraient protégés s'ils sont à risque ou s'ils doivent s'occuper d'un proche atteint de la COVID-19.

L'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) ne veut pas commenter les recommandations de l'Hôpital pour enfants de Toronto, disant attendre les directives du gouvernement.

Pour sa part, le président de la Fédération des enseignants des écoles secondaires (FEESO) Harvey Bischof affirme que la province n'a mené « aucune consultation substantielle » auprès de ses membres sur la rentrée.

Selon le syndicat, le gouvernement devrait évaluer par exemple la possibilité d'un modèle d'enseignement hybride au secondaire et de permettre aux élèves vulnérables d'étudier de la maison.

Le modèle du Québec

Le Québec a dévoilé sa stratégie pour la rentrée, mercredi.

La fréquentation de l'école n'y sera plus optionnelle pour les élèves de l'élémentaire et du secondaire.

Le plan du Québec inclut :

  • De la maternelle à la 9e année, le nombre d'élèves par classe sera le même qu'avant la pandémie
  • Les classes seront divisées en sous-groupes de six élèves qui n'auront pas à respecter la distanciation physique entre eux. Sinon, 1 mètre d'écart sanitaire devra être respecté entre chaque sous-groupe dans la classe.
  • L'enseignant maintiendra deux mètres de distance avec ses élèves et vice-versa.
  • Au secondaire, les élèves resteront toujours dans la même classe; ce sont les enseignants qui changeront de classe.
  • En 11e et en 12e années, les écoles pourront choisir entre l'enseignement à temps plein en classe ou un mélange de cours en ligne et d'enseignement en classe un jour sur deux.

Ce que pensent les experts

La professeure de médecine Anna Banerji de l'Université de Toronto pense que toute mesure de distanciation physique mise en place dans les écoles pourrait ralentir la propagation du coronavirus, mais pas l'arrêter.

Selon elle, il faut néanmoins rouvrir les écoles en septembre en Ontario pour permettre aux parents de travailler et pour le bien-être psychologique des petits et des grands. Cela dit, on doit s'attendre à ce que les enfants « ramènent la maladie à la maison », d'où l'importance de protéger les personnes vulnérables, note-t-elle.

La possibilité d'avoir des salles de classe virtuelles pour les enfants qui sont à risque plus élevé ou dont un membre de la famille est plus à risque devrait être envisagée, dit la professeure Banerji.

Le virologue et chercheur-clinicien à l'Hôpital Montfort d'Ottawa Hugues Loemba rappelle lui aussi que les enfants peuvent transmettre ce virus à d'autres personnes à risque plus élevé, notamment les personnes âgées et les personnes souffrant de graves problèmes de santé sous-jacents.

Il craint par ailleurs une confusion dans le public au niveau des consignes de distanciation physique et au sujet du port du masque, si elles ne sont pas les mêmes à l'école. Selon le CDC et bien d’autres agences de Santé publique, les enfants de 2 ans et plus doivent porter un couvre-visage en tissu couvrant leur nez et leur bouche lorsqu'ils sont dans des lieux publics où il est difficile de pratiquer la distanciation sociale, note-t-il.

Il s'agit d'une mesure de santé publique supplémentaire que l’on doit prendre pour réduire la propagation du COVID-19, ajoute-t-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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Toronto

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