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L'affaire George Floyd et les violences policières en débat à l'ONU

Les trois se recueillent debout.

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet, l'ambassadrice de l'Autriche à l'ONU Elisabeth Tichy-Fisslberger et Goro Onojima, secrétaire du conseil, observant une minute de silence à l'ouverture des débats le 17 juin à Genève.

Photo : afp via getty images / FABRICE COFFRINI

Agence France-Presse

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève s'empare mercredi de la question brûlante du racisme et des violences policières à la demande des pays africains qui réclament la lumière sur le racisme systémique, notamment aux États-Unis, point de départ d'un mouvement de protestation devenu mondial après la mort de George Floyd.

Le président américain Donald Trump a lancé la veille une réforme limitée de la police avec un décret interdisant les prises controversées d'étranglement, sauf en cas de danger pour la vie du policier. Des mesures qui ne devraient guère satisfaire les manifestants américains, qui réclament, entre autres, l'interdiction pure et simple de ces prises.

Le débat à Genève, convoqué à partir de 9 h (15 h à Genève), qui devrait se poursuivre jeudi, a été engagé par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU dans le contexte du mouvement historique qui secoue les États-Unis depuis la mort, le 25 mai à Minneapolis (Minnesota), de George Floyd.

Son frère, Philonise Floyd, doit s'adresser par lien vidéo à cette instance dont les États-Unis se sont retirés il y a deux ans.

Avant l'ouverture des débats, une vingtaine de hauts fonctionnaires des Nations unies d'origine ou d'ascendance africaine, parmi lesquels le chef de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, ont signé à titre personnel une déclaration pour indiquer que la simple condamnation des expressions et des actes de racisme ne suffit pas.

Le Conseil doit se prononcer sur le projet de résolution présenté par le groupe africain condamnant les pratiques raciales discriminatoires et violentes des forces de l'ordre contre les Africains et les personnes d'origine africaine et le racisme endémique structurel du système pénal, aux États-Unis et dans d'autres parties du monde.

Une résolution modifiée à la suite de pressions des États-Unis

Dans sa version initiale, le texte réclamait l'établissement d'une commission d'enquête internationale indépendante, une structure de haut niveau généralement réservée aux grandes crises comme le conflit syrien. Mais les États-Unis ont fait pression, par l'intermédiaire de leurs alliés, pour que cette mention de la commission n'apparaisse pas dans la version finale, selon plusieurs sources.

Une nouvelle mouture du texte se contente de demander à Michelle Bachelet, haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, d'établir les faits et les circonstances relatives au racisme systémique, aux violations présumées du droit international en matière de droits de l'homme et les mauvais traitements contre les Africains et les personnes d'origine africaine.

Andrew Bremberg, ambassadeur américain auprès des Nations unies à Genève, a souligné la transparence dont fait preuve son pays en matière de lutte contre la discrimination et l'injustice raciales, citant la réforme lancée par le Donald Trump.

Donald Trump tient un décret dans ses mains et est applaudi par plusieurs personnes qui l'entourent.

Le président américain Donald Trump a signé un décret sur la réforme de la police, dans la roseraie de la Maison-Blanche, le mardi 16 juin 2020, à Washington.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Il faut rapprocher la police et les communautés, pas les éloigner, a affirmé mardi M. Trump, martelant sa volonté de restaurer la loi et l'ordre. Seul un très petit nombre d'agents commet des fautes, a-t-il insisté dans des remarques prenant parfois des allures de discours de campagne.

S'il a déploré la mort de George Floyd et d'autres victimes noires, le républicain a depuis le début des manifestations esquivé le débat sur le racisme.

Le président américain n'ayant qu'un pouvoir limité sur les services de police, qui dépendent surtout des États et des villes, le décret utilisera le levier des subventions fédérales pour les encourager à respecter les normes professionnelles les plus élevées.

Sans attendre l'administration Trump ou le Congrès, plusieurs villes ont interdit des pratiques policières controversées depuis la mort de George Floyd, qui a suscité dans tout le pays la plus forte mobilisation depuis le mouvement pour les droits civiques dans les années 1960.

La colère a été ravivée par la mort vendredi soir à Atlanta sous les balles d'un policier blanc d'un autre Afro-Américain, Rayshard Brooks. Et plusieurs affaires continuent d'alimenter l'indignation.

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