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La rivalité MacKay-O'Toole monopolise le débat en français du PCC

La joute oratoire a donné lieu à des échanges acerbes entre les deux favoris.

Les deux hommes attendent d'entrer en scène.

Erin O'Toole et Peter MacKay sont considérés comme les favoris de la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le ton était parfois dur, mercredi soir, à Toronto, alors que les quatre aspirants à la succession d'Andrew Scheer étaient appelés à débattre dans la langue de Molière des grandes orientations du Parti conservateur du Canada et de la meilleure façon de remplacer Justin Trudeau aux prochaines élections.

Le débat, qui a duré un peu moins de 90 minutes, a donné lieu à de vifs échanges entre les favoris Peter MacKay et Erin O'Toole. Après trois mois de confinement à s'attaquer principalement en ligne, les deux hommes avaient manifestement hâte d'en découdre, si bien que la plupart des débats à quatre ont été monopolisés par ces prises de bec.

M. MacKay a notamment demandé à plusieurs reprises à son adversaire s'il était pro-choix ou pro-vie, et ce, même si celui-ci avait déclaré tôt dans la soirée qu'il allait défendre le droit des personnes, incluant celui des femmes à choisir pour elle-même sur l'avortement. C'est une approche pro-choix , a-t-il précisé après le débat.

À l'inverse, Erin O'Toole a notamment reproché à Peter MacKay d'avoir voté contre une loi pro-LGBTQ en 2013, ce à quoi le principal intéressé a répliqué qu'il avait voté de la même manière que tous les membres du gouvernement, y compris l'actuel premier ministre albertain Jason Kenney, qui appuie la campagne de M. O'Toole.

Personnellement, je suis pro-choix; personnellement, j'ai accepté, et je suis d'accord avec le mariage gai; et j'ai marché dans la parade de la Fierté gaie, a tenu à souligner Peter MacKay, plus tard dans le débat.

Ce dernier a concédé lors d'un échange subséquent qu'il permettrait à ses députés de voter selon leur conscience sur les questions sociales à la Chambre des Communes. Cette position, selon lui, respecte en tout point la décision prise par les militants du PCC au congrès d'Halifax de 2018.

Pas question, toutefois, de rouvrir le débat sur l'avortement, a assuré Peter MacKay lors de la mêlée de presse qui a suivi le débat. À l'avenir, s'il y a un vote au Cabinet ou un vote des membres [du caucus conservateur], je m'attends à ce que les députés et les ministres respectent la position de notre parti, a-t-il déclaré.

Le député en débat.

Derek Sloan a profité du débat de mercredi pour se distancier de ses adversaires sur plusieurs sujets, comme l'avortement et la lutte aux changements climatiques.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le débat de mercredi a également permis au député ontarien Derek Sloan de mettre de l'avant des positions très tranchées sur les questions sociales et environnementales, lui qui s'oppose entre autres à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et à l'Accord de Paris.

Son approche de la question linguistique, selon laquelle le gouvernement du Québec ne devrait offrir des services qu'en français, [tandis que] le gouvernement de l'Alberta ne devrait fournir des services qu'en anglais, est également peu commune.

La candidate en débat.

Leslyn Lewis a eu beaucoup de difficulté à transmettre ses idées, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Les échanges de mercredi ont enfin laissé peu de place à Leslyn Lewis, incapable de prendre la parole sans lire les notes qu'elle avait préparées. À la première question qui lui a été posée, sur le projet de corridor énergétique, l'avocate originaire de la Jamaïque a lu une réponse préparée sur... l'importance du français.

Un contexte particulier

Retransmis en direct, le débat devait s'amorcer vers 19 h HAE, mais des problèmes techniques ont repoussé le début des échanges d'environ 35 minutes.

Le coprésident du Comité organisateur de l'élection du chef (COEC), Dan Nowlan, était chargé d'animer la soirée et de soumettre aux candidats les questions transmises au cours des dernières semaines par les militants du parti.

Rappelant que les aspirants à la direction du PCC participaient à leur premier débat mercredi, le Parti libéral du Canada a transmis un courriel à ses sympathisants sur le coup de 19 h pour souligner que cet exercice rappelle avec force les progrès qui sont en jeu pour les Canadiennes et les Canadiens.

Nous ne pouvons pas laisser le Parti conservateur ramener le Canada en arrière, peut-on lire dès le début du message. Dans le contexte d’un gouvernement minoritaire, nous sommes conscients que nous ne pouvons jamais tenir un seul de nos progrès pour acquis.

Lewis, MacKay, O'Toole et Sloan croiseront de nouveau le fer dans la Ville Reine jeudi soir. Cette fois, le débat se déroulera dans leur langue maternelle, l'anglais, sous la supervision de l'autre coprésidente du COEC, l'ex-ministre Lisa Raitt.

À l'instar du débat en français, celui de jeudi ne se déroulera pas devant public en raison de la pandémie de COVID-19.

Ces deux débats devaient avoir lieu il y a quelque temps, mais la crise du coronavirus a provoqué leur report. Suspendue le 26 mars dernier, la course à la direction a repris le 30 avril dernier.

Les membres de PCC auront jusqu'au 21 août pour voter par correspondance pour leur prochain chef. Le résultat sera annoncé dès que ces bulletins pourront être correctement traités et examinés par les scrutateurs tout en respectant les directives sanitaires en vigueur à ce moment-là, explique le parti sur son site web.

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