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Dany Laferrière et le racisme : « il ne s'agit plus de compassion, il s’agit d’action »

Il porte un chandail gris et une montre dorée,

L'écrivain Dany Laferrière

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Radio-Canada

Dany Laferrière s’est exprimé, mardi, sur la question du racisme, qui est à l’avant-plan depuis la mort de George Floyd, arrêté par un policier blanc aux États-Unis. L’écrivain canado-haïtien estime que le pouvoir de changer les choses est entre les mains de la classe moyenne et lance un appel à l’action.

Dany Laferrière a publié une lettre ouverte la semaine dernière où il comparait le racisme à un virus. On sait aujourd’hui que le virus a atteint presque tout le monde après quatre siècles. Et que la plupart des porteurs sont sains, c’est-à-dire qu’ils l’ont, mais n’en souffrent pas. Le pire, c’est qu’ils peuvent le transmettre, a-t-il écrit. 

En entrevue avec Patrice Roy, Dany Laferrière Laferrière a déclaré que le débat actuel sur le racisme systémique est très sain . Je veux simplement rappeler que le tremblement de terre de Port-au-Prince a coûté 300 000 morts en 35 secondes et qu’on n’en parle plus depuis très longtemps.

Un appel à la classe moyenne

Comment faire disparaître les comportements racistes? D’après lui, le changement ne viendra pas du gouvernement.Le pouvoir est éjectable dans une société démocratique. Après avoir fait son temps, le groupe qui était au pouvoir va le céder à un autre groupe. Ce n’est pas là qu’il faut regarder si l’on veut un vrai changement.

Ce pouvoir réside dans les mains de la grande classe moyenne nord-américaine qui, selon lui, croit depuis longtemps qu’elle n’est pas raciste, c’est là le problème

Elle pense que, parce qu’elle n’a pas d’idées racistes souvent, parce qu’elle n’a pas de pensées racistes souvent, parce qu’elle ne fait pas d’actions racistes… Parce qu’elle n’empêche pas un Noir de trouver du travail, qu’elle n’empêche pas un homosexuel de trouver du travail… Elle pense que ces problèmes-là ne la concernent pas.

Dany Laferrière juge qu’il ne faut pas seulement qu’ils en parlent, il faut qu’ils aient conscience [...] que le problème se trouve entre leurs mainsIl ne s'agit plus de compassion, il s’agit d’action.

Entrevue avec l'auteur Dany Laferrière : « L'exil vaut le voyage »

L’exil vaut le voyage, son nouveau livre

Dany Laferrière a sorti, mardi, L’exil vaut le voyage, son troisième roman dessiné. 

Dans ce livre, dont il a écrit les mots à la main, l’auteur parle de l’exil en évoquant plusieurs écrivains, dont Victor Hugo et Vladimir Nabokov.

C’est une sorte de promenade dans ma vie rêvée, ma vie imaginaire, qui est comblée d’écrivains.

Une citation de :Dany Laferrière

Dany Laferrière a également illustré L’exil vaut le voyage. Il a choisi d’orner la couverture de son livre d’un dessin d’escargot.

Dans cette époque où tout va très vite [...], j’ai pris l’escargot comme symbole animal parce qu’il arrive toujours là où il veut arriver, mais il le fait lentement, en apparence, mais c’est le temps de construire sa maison à chaque fois.

En 1976, l’écrivain a quitté Haïti pour Montréal, puis il a passé 12 ans à Miami, et il vit à Paris depuis son entrée à l’Académie française il y a 5 ans. Je me promène sur la planète avec lenteur. Je ne suis pas un touriste, je suis quelqu’un qui habite l’endroit où il vit.

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