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Retour en classe pour tous en septembre : encore des zones d'ombre en Outaouais

Quatre jeunes enfants, cartables sur le dos, marchent accompagnés d'un adulte.

Des enfants sur le chemin de l'école (archives)

Photo : Getty Images / Andreas Rentz

Même si le plan pour le retour à l'école en septembre au Québec annoncé, mardi, par le ministre Jean-François Roberge est salué par bon nombre d'acteurs du milieu de l'enseignement, certains déplorent que beaucoup de questions soient laissées sans réponses.

La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO), Suzanne Tremblay, salue un plan ambitieux, mais elle y voit toutefois de nombreuses zones d'ombre.

Le ministre n’a pas parlé de mesures supplémentaires pour accompagner les élèves en difficulté, note-t-elle. Pourtant, il se dit très préoccupé par les élèves vulnérables.

Sur le principe d’avoir une rentrée en présentiel, en chair et en os, c’est une excellente nouvelle, parce que les trois mois sans aucune fréquentation scolaire physique, ça a été très long, lance pour sa part le psychologue spécialisé dans la réussite scolaire Égide Royer.

Ce dernier, qui est également professeur associé à l’Université Laval, regrette que l'école n'ait pas été rendue obligatoire lors du déconfinement. Les parents québécois avaient effectivement le choix de renvoyer leur progéniture sur les bancs d'école ou non.

Égide Royer en entrevue avec une journaliste.

Égide Royer, professeur associé à l’Université Laval, en entrevue Skype avec Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada

Les détails de l'annonce

Le ministre Roberge a annoncé, mardi, les modalités pour la reprise des classes en septembre. Tous les élèves, du préscolaire à la cinquième secondaire, reviendront en classe selon les ratios normaux par classe et par enseignant.

Ce sont dorénavant les enseignants qui se déplaceront de classe en classe entre les cours, puisque chaque groupe d’élèves aura donc son local.

À l'intérieur des classes, le ministre prévoit que les élèves soient dans des sous-groupes — ou des bulles — dans lesquelles ils n'auront pas de distance physique à respecter. En revanche, une distance d'un mètre devra être respectée entre ces sous-groupes, et une distance de deux mètres entre les élèves et l'enseignant.

Jean-François Roberge écoute une question lors d'un point de presse.

Le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour les élèves de secondaires 4 et 5, une formule hybride d'enseignement présentiel et d'enseignement en ligne pourrait être offerte. Ils pourraient, par exemple, aller dans leur établissement scolaire une journée sur deux.

Le ministre Roberge prévoit aussi un retour pour les étudiants des cégeps et des universités, mais avec un maximum de 50 étudiants par local, et à un mètre et demi de distance.

L'annonce est-elle réaliste? Pour Nadine Peterson, directrice générale du Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais, c’est beaucoup de gestion.

Je vous avoue qu’il y a beaucoup de contraintes, aussi, dont on doit tenir compte. Évidemment, ce n’est pas un dossier qui est simple, poursuit-elle.

Comment rattraper 6 mois sans école?

Mme Tremblay du SEO voit dans le plan de M. Roberge de nombreuses zones d'ombre. Elle s'interroge notamment quant aux mesures qui seront nécessaires pour que les élèves décrocheurs et ceux qui sont restés à la maison depuis le mois de mars soient au niveau.

Malheureusement, il y a encore trop de zones grises et de détails pas connus.

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais

Selon le professeur Royer, les enseignants et les orthopédagogues devront faire du sur mesure [...] pour éviter que ce retard-là augmente. Rappelons qu'avant la pandémie, le décrochage scolaire était déjà très élevé au Québec, soit de 22 à 23 % pour les garçons et de 12 à 13 % pour les filles.

Pendant la pandémie, on s’est retrouvés avec un système d’école à la maison plutôt que d’enseignement à distance, souligne également le psychologue de formation.

Outre le rattrapage, Mme Tremblay estime qu'imposer aux jeunes élèves trois différentes règles pour la distanciation physique risque d'être très compliqué. Pour un enfant, ça en fait beaucoup des grandeurs. Ça c’est sûr que c’est un enseignement qui ne sera pas facile, fait remarquer la présidente syndicale.

Il reste encore énormément de modalités qui ne sont pas connues : le déplacement à l’intérieur des corridors, le dîner à la cafétéria, ajoute-t-elle.

Suzanne Tremblay répond aux questions d'une journaliste.

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, en entrevue avec Radio-Canada via FaceTime.

Photo : Radio-Canada

Se préparer à des éclosions

Si des éclosions de COVID-19 surviennent à l'automne, le ministre veut que les centres de services scolaires se dotent de plans de contingence permettant de reprendre rapidement l’enseignement à distance.

Québec a déjà débloqué une enveloppe de 150 millions de dollars pour aider les centres de services à se doter de matériel informatique, dont des tablettes, en vue de la rentrée.

On va être nettement mieux préparés et nettement mieux organisés pour être capables de faire de l’enseignement à distance si jamais un plan B devenait nécessaire, croit le professeur Royer.

Avec les informations de Josée Guérin et Ismaël Sy

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