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Les universités se mobilisent à nouveau contre la réforme du PEQ

Une clause de droits acquis devrait être mise en place pour les étudiants étrangers déjà scolarisés et ceux qui arriveront cet automne, clament les universités québécoises.

Le campus de l'Université de Montréal.

Les universités québécoises demandent au ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, de revoir sa dernière réforme du PEQ.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les universités ont finalement décidé de monter au front. Plutôt silencieuses depuis le dépôt de la dernière réforme du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), alors qu'elles négociaient dans le même temps avec le gouvernement Legault de nombreux éléments de financement en vue de la prochaine rentrée, elles viennent d'envoyer une lettre au ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Dans ce document daté du 16 juin, qu'a pu consulter Radio-Canada, le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) salue dans un premier temps la décision du Ministère de favoriser un système de sélection basé sur le niveau de compétence ainsi que l'expérience de travail au Québec en lieu et place d'une liste de programmes d'études.

Cette liste, annoncée à l'automne passée, avait été vivement décriée par le milieu des affaires et le monde éducatif, qui n'avait pas hésité à dénoncer publiquement cette première mouture de cette réforme, finalement suspendue.

Désormais, Québec veut réclamer un à deux ans d'expérience de travail aux étudiants internationaux avant de pouvoir postuler au PEQ, un populaire programme d'immigration permettant, à terme, d'obtenir la résidence permanente.

Aucune expérience n'était demandée par le passé. Du côté des travailleurs étrangers temporaires, une expérience de trois ans est aussi exigée.

Une clause de droits acquis demandée

Le premier point mis de l'avant par le BCI, qui fait part de difficultés qui touchent tout particulièrement la réalité des étudiants, est l'instauration d'une clause de droits acquis.

Les universités, qui se disent déçues, demandent au ministre Jolin-Barrette de respecter l'annonce faite début novembre, lors de la première réforme avortée du PEQ. Une telle clause avait alors été promise pour les étudiants déjà au Québec par le premier ministre François Legault.

Une telle situation aura pour effet d'entacher la réputation du Québec et de ses établissements universitaires à l'étranger en plus de compromettre leur capacité de recrutement international à l'avenir.

Extrait de la lettre adressée par le BCI au ministre Jolin-Barrette

Le BCI souhaite que les étudiants internationaux qui arriveront cet automne puissent aussi bénéficier de cette clause.

Le niveau de complexité de cette réforme est aussi déploré. Des difficultés liées au recrutement et à la rétention de professeurs et professeurs universitaires de calibre international sont mentionnées. On évoque de longs délais et des coûts supplémentaires [...] qui sont financés par des fonds publics.

Un programme spécial pour les professeurs étrangers?

Le BCI demande la création d'un programme de sélection spécifique visant les professeurs de calibre international. Une idée similaire a été annoncée fin mai par le ministre Jolin-Barrette concernant des préposés aux bénéficiaires et des experts en intelligence artificielle. Nous proposons un accès au CSQ après 12 mois d'expérience de travail au Québec, écrit le BCI.

Comme l'avaient déjà réclamé Force jeunesse, l’Union étudiante du Québec et la Fédération étudiante collégiale du Québec, le BCI aimerait que le temps passé dans des stages rémunérés compte dans l'expérience de travail exigée par le gouvernement pour pouvoir postuler au Québec, tout comme l'expérience de travail à temps partiel acquise pendant les études [...] jusqu'à 36 mois avant le dépôt de la demande.

Les délais pour trouver un emploi risquent fort d'être temporairement allongés dans le contexte de pandémie que nous connaissons. Cette situation nous inquiète particulièrement pour les personnes diplômées des cohortes 2019 et 2020, justifie ce regroupement d'universités.

Plusieurs manifestations déjà organisées

Ces dernières semaines, plusieurs manifestations ont été organisées à Montréal et à Québec, devant l'Assemblée nationale, pour dénoncer ces changements à ce programme qui avait permis, l'an passé, à près de 15 000 personnes d'obtenir un certificat de sélection du Québec (CSQ).

De nombreuses associations étudiantes sont montées au front, tout comme des avocats en droit de l'immigration, mais aussi des députés du Parti libéral du Québec (PLQ) et de Québec solidaire (QS). Les universités, quant à elles, étaient restées plutôt discrètes.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada début juin, Pierre Cossette, recteur de Sherbrooke et président du BCI, avait uniquement évoqué une contrariété concernant l'allongement des délais de traitement, de 20 jours ouvrables à six mois, sans se prononcer sur d'autres éléments.

Cette volonté de revoir à la baisse les délais de traitement est toujours mentionnée dans cette lettre.

De son côté, le milieu des affaires s'était dit globalement satisfait par cette réforme. Des ajustements ont néanmoins été aussi proposés, notamment concernant, là encore, les délais de traitement ou encore l'exclusion de ce programme aux travailleurs des catégories C et D de la Classification nationale des professions, soit les emplois, généralement, les moins rémunérés et requérant le moins de diplômes.

Le cabinet du ministre Simon Jolin-Barrette n'a pas souhaité s'épancher sur ces demandes. Nous prendrons connaissance des commentaires et analyserons les propositions reçues, souligne un porte-parole.

Puisque le projet de règlement a fait l’objet, fin mai, d’une prépublication, un délai de 30 jours permet d’éventuelles modifications avant l’entrée en vigueur de cette réforme.

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