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COVID-19 : la Norvège abandonne son application de traçage

L'outil est jugé trop intrusif dans le contexte de la situation épidémiologique actuelle.

Un homme portant un masque d'hygiène montre à la caméra son téléphone sur lequel est ouverte l'application de traçage de la COVID-19 de la Norvège.

L’application Smittestopp était seulement utilisée par environ 600 000 des 5,4 millions de personnes résidant en Norvège, soit environ 11 % de la population.

Photo : ntb scanpix/afp via getty images / HEIKO JUNGE

Agence France-Presse

Les autorités sanitaires norvégiennes ont annoncé lundi la suspension de leur application de traçage après l'émission d'un avertissement de l'organisme national de la protection des données du pays, le Datatilsyn, qui juge l’outil trop intrusif dans le contexte de la situation épidémiologique actuelle.

Lancée en avril dans le pays nordique, l’application Smittestopp (qui signifie « stop la contagion »), de conception locale, sert à recueillir des données susceptibles d’aider les autorités à analyser la propagation du virus et à informer ses utilisateurs et utilisatrices d’une éventuelle exposition à une personne atteinte de la COVID-19.

Nous ne sommes pas d’accord avec l’évaluation du Datatilsyn, mais nous nous voyons obligés d’effacer toutes les données et de mettre notre travail en pause à la suite de la mise en garde, a déploré la directrice de l’Institut norvégien de santé publique, Camilla Stoltenberg, dans un communiqué.

Dans une lettre vendredi, le Datatilsyn avait émis un préavis d’interdiction temporaire, privant l’institut de la possibilité de traiter les données personnelles recueillies grâce à Smittestopp.

À la lumière de la situation actuelle, avec la faible étendue de l’épidémie, le faible taux d’utilisation de Smittestopp et les carences dans la réalisation des objectifs de traçage et d’évaluation des mesures sanitaires, nous ne considérons plus Smittestopp comme une intrusion proportionnée dans la protection des données personnelles, expliquait l’organisme.

Peu populaire

L’application était seulement utilisée par environ 600 000 des 5,4 millions de personnes résidant en Norvège, soit environ 11 % de la population. Sa fonctionnalité de notification d’exposition au virus, testée dans trois municipalités, se heurte au nombre très peu élevé de nouveaux cas.

Selon plusieurs études, il faut qu’une proportion élevée de la population (60 % ou plus) se serve d’une application de traçage pour qu’elle soit considérée comme efficace.

En suspendant l'utilisation de Smittestopp, nous affaiblissons un aspect important de notre dispositif contre une propagation accrue de l’épidémie, car nous perdons du temps dans le développement et les tests de l’application, a ajouté la directrice de l’Institut norvégien de santé publique.

Nous voyons en même temps notre capacité à lutter contre l’épidémie actuelle être réduite. La pandémie n’est pas terminée, a-t-elle indiqué.

Téléchargeable sur une base volontaire, Smittestopp recourt à un stockage centralisé des données et s’appuie à la fois sur la technologie Bluetooth et sur la géolocalisation. Ce sont là des caractéristiques qui soulèvent des craintes auprès d’organismes de défense de la vie privée.

La situation au Canada

La seule province canadienne qui offre présentement une application de traçage à ses citoyens et citoyennes, l’Alberta, s’appuie sur la technologie Bluetooth pour tracer les contacts entre les gens. Contrairement à Smittestopp, son application ABTrace Together ne collecte pas de données de géolocalisation.

Le gouvernement fédéral s’apprêterait à recommander l’application mise au point par l’entreprise Shopify, selon Le Devoir. Celle-ci s’appuie sur l’outil de traçage d’Apple et de Google, qui s’appuie sur la technologie Bluetooth et stocke les données dans une base décentralisée.

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