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Retour en classe pour tous en septembre au Québec

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M. Roberge en point de presse.

Anne-Marie Dussault s'entretient avec le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Tous les élèves, du préscolaire à la cinquième secondaire, reviendront à l'école cet automne, selon les ratios normaux par classe et par enseignant, a confirmé le gouvernement Legault, mardi.

En conférence de presse, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s'est dit encouragé par la façon dont s'est déroulée la rentrée du mois dernier dans les écoles primaires du Québec situées en dehors du Grand Montréal et de la MRC de Joliette.

On s'est rassuré pendant cette rentrée du mois de mai, où l'on a vu que la propagation était quand même très limitée [...], que les élèves étaient pas mal plus matures que bien des adultes, très capables d’appliquer des mesures de distanciation; et que les équipes-écoles étaient capables de se réinventer, a-t-il observé.

La rentrée de septembre prochain s'annonce toutefois légèrement différente, à commencer par son caractère obligatoire.

La fréquentation scolaire pour l'automne redevient obligatoire, de 6 à 16 ans. À moins d'avoir une condition médicale très particulière, les enfants devront se présenter à l'école.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Les règles sanitaires seront également modifiées.

Au préscolaire, au primaire et pour les trois premières années du secondaire, par exemple, les classes seront organisées en sous-groupes de six élèves où il n'y aura pas de distanciation requise, a expliqué le ministre Roberge.

Ces sous-groupes devront toutefois être séparés les uns des autres par au moins un mètre, et l’enseignant, autant que possible, devra maintenir une distance de deux mètres entre les élèves et lui.

De plus, les déplacements entre les locaux seront limités. Ainsi, ce sont dorénavant les enseignants qui changeront de classe entre les cours. Les élèves, eux, resteront toujours dans le même local.

Si cette mesure n'annonce rien de bien différent au primaire, elle risque d'être plus difficile à implanter au secondaire, où les élèves changent habituellement de local plusieurs fois par jour. Les horaires de cours et de projets particuliers seront donc réaménagés en fonction du principe des groupes-classes fermés, a précisé le ministre Roberge.

Des élèves jouent au hockey dans une cour d'école.

Les groupes d'élèves auront leurs locaux attirés, mais pourront notamment en sortir pour les cours d'éducation physique.

Photo : Yves Phaneuf

En ce qui a trait aux classes de 4e et de 5e secondaire, les centres de services scolaires – qui ont succédé aux commissions scolaires – auront deux options.

Ils pourront soit gérer ces groupes de la même façon que les autres groupes du secondaire, soit les accueillir en alternance, une journée sur deux, en respectant les mesures de distanciation physique en vigueur dans le reste de la société.

Dans ce second scénario, les élèves continueraient une partie de leur formation à distance par des apprentissages en ligne et des travaux à faire à la maison.

La capacité à fournir des tablettes et des ordinateurs aux élèves si une deuxième vague de COVID-19 force à nouveau l'arrêt des cours en classe est une priorité de Québec.

Un retour en classe virtuel pour les élèves du secondaire

Photo : Radio-Canada

Le plan du ministre Roberge présenté mardi prévoit en outre une rentrée présentielle en septembre dans les centres de formation professionnelle, où les règles de distanciation sociale devront être respectées en fonction des plus récentes recommandations émises par la santé publique.

Préparer le reconfinement au cas où

Le ministre Roberge ordonne par ailleurs aux centres de services scolaires de se doter de plans de contingence afin de reprendre promptement l’enseignement à distance si la situation sanitaire devait se compliquer avec l'arrivée d'une deuxième vague de COVID-19.

Les équipes-écoles pourront toutefois élaborer leur propre protocole en fonction de leurs besoins spécifiques, et Québec a déjà débloqué une enveloppe de 150 millions de dollars pour aider les centres de services à acheter du matériel informatique qu'ils pourront prêter, comme des tablettes ou des ordinateurs portables.

Le gouvernement continuera aussi d’élaborer des contenus pédagogiques qui pourront être diffusés à la télé et sur le web en cas de reconfinement. Des centaines de capsules vidéo ont été commandées à l'entreprise montréalaise Savoir média.

De prévoir à l'avance, c'est quelque chose qui va nous permettre de vivre un automne bien différent de l'hiver et le printemps qu'on a vécu, estime le ministre. On va être prêt à toute éventualité. Parce qu'il ne faut pas se mentir, le réseau n'était pas prêt en mars dernier.

Une annonce généralement bien accueillie

Par communiqué, la Fédération des centres de services scolaires du Québec a dit accueillir avec enthousiasme le plan gouvernemental pour la rentrée de l'automne.

Elle salue notamment la flexibilité laissée aux milieux afin d'adapter les mesures à leur réalité en ce qui a trait aux niveaux secondaires 4 et 5, soulignant que le mur-à-mur aurait compliqué plusieurs éléments pour ces élèves et pour l'organisation scolaire.

Même optimisme du côté de l'Association montréalaise des directions d'établissements scolaires. C'est un plan qui tient compte de la réalité des milieux et qui va nous permettre de reprendre l'école dans une nouvelle normalité, a réagi sa présidente, Hélène Bourdages.

Des voix se sont toutefois élevées, mardi, pour souligner l'absence de ressources supplémentaires pour faire face à l'immense défi que représente le retour en classe, cet automne, de nombreux élèves qui étaient déjà aux prises avec des difficultés d'apprentissage avant la pandémie.

La porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, s'inquiète profondément pour la réussite et le décrochage.

Plusieurs élèves vont revenir de loin. Ils auront passé six mois sans faire d’activités scolaires. Pour eux, ça ne sera pas une rentrée normale et je m’attendais à ce qu’on prévoie un ajout important de ressources professionnelles, et même une diminution du nombre d’élèves par classes.

Christine Labrie, porte-parole de Québec solidaire en matière d’Éducation

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) doute elle aussi que l'opération soit un succès sans l'octroi de ressources supplémentaires dans les écoles, les cégeps et les universités.

Bien avant la pandémie, le manque de ressources dans les établissements était criant, particulièrement pour les élèves et les étudiants en situation de vulnérabilité, a rappelé sa présidente Sonia Ethier par communiqué. Si les listes d'attente pour l'accès aux services spécialisés étaient déjà longues, il va falloir attacher nos tuques à partir de la rentrée!

D'autant plus qu'il y aura beaucoup de rattrapage à faire. La présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Beauvais-St-Pierre, est à la fois surprise et contrariée par le fait que le ministre Roberge n'ait pas présenté de plan pédagogique.

On veut qu'il fasse preuve de leadership, on veut qu'il nous parle et nous dise : "Voilà comment on va vous accompagner dans cette année-là". J'ai trouvé ça presque choquant qu'il dise : "Ça va être une année presque normale". Non, ce ne sera pas une année presque normale!, prédit-elle.

Une formule hybride dans les cégeps et les universités

Le gouvernement, qui a également présenté mardi son plan pour la rentrée collégiale et universitaire de septembre, privilégiera pour ces établissements une formule hybride alliant présence en classe et enseignement à distance. Tous comme les centres de services scolaires, les cégeps et les universités devront toutefois se doter d'un protocole d'urgence en cas de deuxième vague. Au cégep, le calcul de la cote R, suspendu au printemps dernier, sera rétabli.

Avec les informations de La Presse canadienne

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