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Les nouvelles directives québécoises de distanciation complexes à respecter

Un employé de l'école Saint-François-Xavier s'assure qu'il y a deux mètres entre chaque pupitre.

La distanciation physique à respecter dans les salles de classe, comme pour les salles de spectacles, passe à 1,5 mètre.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

L’assouplissement des mesures de distanciation physique au Québec entraîne son lot de confusion. Un mètre, un mètre et demi ou deux mètres, la distance à respecter variera maintenant d’une situation à l’autre, mais encore faut-il retenir ou reconnaître facilement ces situations.

Ça vaudrait la peine qu’il y ait une cohérence entre les différentes recommandations, autrement on ne saura plus où se tenir, a fait valoir lundi soir la Dre Caroline Quach, pédiatre microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine, lors d’une entrevue accordée à l’émission 24•60 sur les ondes de RDI.

Dans une classe de secondaire 5, où il y a des enfants de 16 et de 17 ans, on fait comment?, se questionne la Dre Quach, qui qualifie d’absurde l’idée que ces consignes puissent être appliquées en toute circonstance.

Caroline Quach constate que la décision de la santé publique du Québec est basée sur les résultats d’études scientifiques récemment publiées, mais elle pense qu’une approche moins complexe aurait été plus efficace.

On avait toujours été à deux mètres. Ce qu’on avait recommandé, c’était d’abandonner toute distanciation chez les jeunes enfants au primaire et à la garderie pour être capable qu’ils aient des interactions entre eux, mais ce n’était pas de définir une distance stricte.

Dre Caroline Quach, pédiatre microbiologiste-infectiologue
 La Dre Caroline Quach, responsable de la prévention des infections au CHU Sainte-Justine.

La Dre Caroline Quach, responsable de la prévention des infections au CHU Sainte-Justine.

Photo : Radio-Canada

La directive de distanciation d’un mètre et demi est, selon elle, trop précise, trop peu pratique, malgré ses fondements scientifiques. Si on est assis tranquille dans une salle à ne rien dire, un mètre c’est probablement suffisant, mais aussitôt qu’on parle, qu’on projette un peu, on est mieux d’aller vers les deux mètres.

C’est clair que c’est compliqué, c’est plus compliqué que de donner un seul chiffre, mais il y a une logique derrière ça, avait indiqué lors de son annonce le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda. Ce dernier avait précisé à plusieurs reprises que ces nouvelles mesures découlent à la fois d’une analyse de la littérature scientifique et de la consultation de plusieurs groupes de travail.

Le Dr Arruda ne veut pas, toutefois, que les citoyens aient à se casser la tête pour respecter une distanciation d'un mètre et demi dans les circonstances où c'est permis. Pour les personnes qui ne veulent pas être mélangées, allez-y avec le deux mètres, a-t-il fait valoir au micro de Tout un matin sur Ici Première.

Le directeur de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda.

Le directeur de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il explique que ces assouplissements ont pour but de favoriser la socialisation des enfants, une préoccupation aussi évoquée par la Dre Quach. Le directeur de la santé publique souligne que particulièrement pour les jeunes, le deux mètres entraîne des conséquences néfastes en termes de socialisation. Il évoque la recherche d'un équilibre tout en reconnaissant que sa décision sera critiquée.

Cette décision du gouvernement repose aussi sur une méta-étude publiée dans la revue scientifique The Lancet selon laquelle une distanciation d’un mètre et plus réduit par environ cinq fois le risque de contracter ou de transmettre le virus, tout en ne protégeant pas autant qu’une distance de deux mètres.

Ce que ça indique […] c’est qu’une distance d’au moins un mètre protège et que plus on augmente cette distance-là jusqu’à deux mètres, plus ça vaut la peine, explique la Dre Quach.

Au cours de son entrevue, Horacio Arruda a par ailleurs révélé que de nouvelles consignes de visites des proches dans les résidences pour aînés devraient être annoncées dans les prochaines heures.

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