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Le SPVM reconnaît le « caractère systémique du racisme »

Sylvain Caron participe à une conférence de presse.

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dit reconnaître le caractère systémique du racisme et de la discrimination et s’engage à agir pour les combattre.

Dans un communiqué publié lundi soir, l’organisation policière dit qu’elle prend acte de la totalité des recommandations du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), rendu public lundi matin.

Nous réitérons que toutes formes de racisme et de discrimination sont des comportements proscrits dans les pratiques policières et dans l’administration de notre Service.

Extrait du communiqué du SPVM

En réponse à la première recommandation du rapport, le SPVM reconnaît le caractère systémique du racisme et de la discrimination et nous nous engageons à agir pour les combattre, indique le SPVM.

La première des 38 recommandations du rapport invite la Ville à reconnaître publiquement et dans les plus brefs délais le caractère systémique du racisme et de la discrimination et de s’engager à les combattre.

Cette déclaration n'a pas plu à la Ligue des droits et libertés, qui soutient que la police de Montréal joue avec les mots en évitant d'admettre clairement qu'il y a aussi du racisme et de la discrimination systémique dans son organisation.

Le SPVM [...] dit reconnaître le caractère systémique du racisme et de la discrimination, sans jamais admettre qu'ils ont cours dans ses propres rangs, dénonce sa présidente, Alexandra Pierre, dans un communiqué publié mardi matin

Comment être rassuré sur la suite des choses si le SPVM laisse encore planer de telles ambiguïtés?

Alexandra Pierre, présidente de la Ligue des droits et libertés

L'organisme demande au chef du SPVM, Sylvain Caron, de reconnaître explicitement et publiquement qu'il existe du racisme et du profilage racial systémique au sein de son corps policier, et de s'engager à y remédier rapidement.

Le 8 juillet, le SPVM dévoilera la teneur de sa toute première politique sur les interpellations policières. Elle entrera en vigueur d'ici la fin de 2020, le temps d'assurer la formation des agents.

Cette politique a été élaborée à la suite de la publication, en octobre dernier, d'un rapport de chercheurs indépendants qui révélait que les Noirs, les Autochtones et les jeunes Arabes sont particulièrement victimes de biais systémiques liés à l’appartenance raciale par les agents du SPVM.

Transformer les façons de faire de la Ville

En matinée lundi, la mairesse de Montréal Valérie Plante a annoncé la création, d'ici l'automne, d'un poste de commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques.

Mme Plante a également indiqué qu’elle souhaitait agir pour transformer les façons de faire de la Ville, notamment ses pratiques d'embauche.

Dans l’après-midi, la mairesse a présenté une déclaration au conseil municipal, qui reconnaît l'existence du racisme et de la discrimination systémiques à la Ville de Montréal, dénonçant sans équivoque cette problématique et s’engage à mettre en place les mesures nécessaires pour les combattre. La déclaration a été adoptée à l’unanimité.

Le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal, Lionel Perez, a invité pour sa part l'administration Plante à ne pas tabletter le rapport.

Des gestes concrets sont demandés

Pour Mike Diomande, l'avocat représentant la Ligue des Noirs du Québec, la publication du rapport représente une étape importante dans la lutte pour l'égalité.

La question qu'il faut avoir à l'esprit, c'est vrai que c'est un discours; on attend que des actes soient posés, a-t-il plaidé.

Will Prosper, documentariste et militant des droits civiques et humains, estime que l’annonce de la mairesse est un geste dans la bonne direction, mais il espère que cette nouveauté donnera des résultats.

Philippe Meilleur, directeur général de Montréal Autochtone et président du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, aimerait que la Ville mette en œuvre des mesures de rétorsion qui auront des conséquences importantes chez les policiers plutôt que de les défendre dans des situations où, de toute évidence, ils sont fautifs.

Un rapport virulent

L’OCPM a publié lundi un rapport de 261 pages dans lequel il affirme que la lutte contre le racisme et la discrimination a été négligée. Le caractère systémique de ces phénomènes n’est pas reconnu.

Le document de l’OCPM est le fruit d’une série de consultations qui se sont déroulées durant les derniers mois.

Le rapport recommande, entre autres, que des formations « consacrées explicitement à la lutte au racisme et à la discrimination » doivent être « obligatoires pour l’ensemble de la fonction publique municipale (employés, professionnels, cadres) ainsi que pour le personnel des sociétés paramunicipales ».

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