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Les salles de cinéma rouvriront bientôt, mais pas celles de spectacle

Bernard Adamus interprétant une chanson devant une foule dans une salle de spectacle.

Si l’autorisation gouvernementale permet une ouverture dès le 22 juin, tant les salles de cinéma que les salles de spectacle ne seront pas en mesure de rouvrir à partir de cette date.

Photo : Courtoisie / Louis Pelchat-Labelle

Fanny Bourel

Annoncée lundi, l’autorisation des rassemblements intérieurs de 50 personnes maximum à partir du 22 juin permet aux salles de spectacle et de cinéma de rouvrir. Toutefois, si le public peut s’attendre à retourner au cinéma au début de juillet, il faudra faire preuve de beaucoup plus de patience pour revoir un concert ou une pièce de théâtre. 

Après trois mois de fermeture des cinémas et des salles de spectacle en raison de la pandémie de COVID-19, la nouvelle consigne, rendue publique en conférence de presse par le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, permet au milieu des arts de voir un peu de lumière au bout du tunnel. 

On peut se réjouir de voir des avancées dans le déconfinement, explique Julie-Anne Richard, directrice générale de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU). 

C’est un premier pas salutaire et encourageant.

Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).

Si l’autorisation gouvernementale permet une ouverture dès le 22 juin, tant les salles de cinéma que les salles de spectacle ne seront pas en mesure de rouvrir à partir de cette date.

Les cinémas de retour le 3 juillet

Selon la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ) et l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ), les cinémas seront prêts à projeter à nouveau des films devant un public composé de 50 personnes maximum par salle à partir du 3 juillet. On est contents, se réjouit Éric Bouchard, président de la CSCQ. 

Les propriétaires de cinémas attendent encore de recevoir la version définitive du guide sanitaire pour les salles de cinéma publié par les autorités. Ce guide devrait être accessible cette semaine.

Les organisations exploitant les salles de cinéma doivent également travailler sur la programmation des films. Un comité de relance réunissant la CSCQ, l’APCQ ainsi que les distributeurs de films québécois et étrangers a été mis en place à cette fin.

Une capacité de 50 personnes par salle sera-t-elle suffisante pour rentabiliser la réouverture des cinémas? Le loyer et les frais fixes restent les mêmes, observe Denis Hurtubise, le président de l’APCQ. 

La sortie d’un ou deux gros films par mois devrait aider les cinémas à attirer le public dans les salles. Et bonne nouvelle pour les cinémas : le distributeur Séville a annoncé, lundi, la sortie de Suspect numéro un (Target Number One) le 10 juillet.

Réalisé par Daniel Roby, ce film anglophone met en vedette Antoine Olivier Pilon et l’acteur américain Josh Hartnett.

C’est un film porteur, indique Éric Bouchard, qui ajoute que la sortie d’Enragé (Unhinged), avec Russell Crowe, devrait également donner un coup de pouce aux cinémas québécois.

Difficile pour les grandes salles

Pour les salles diffusant du théâtre, de la musique ou encore de la danse, la mesure de déconfinement annoncée lundi ne débouchera pas sur une réouverture rapide. Seules de très petites salles pourront vite redémarrer, explique Julie-Anne Richard.

Cela m’étonnerait qu’il y ait de petits spectacles donnés au TNM cet été, indique Lorraine Pintal, qui table sur une reprise à l’automne.

Même son de cloche pour Michel Sabourin, président du Club Soda, une salle montréalaise qui accueille habituellement des concerts et des spectacles d’humour.

Il fait partie de l’Association des salles de spectacles indépendantes du Québec (ASSIQ), lancée au début du confinement.

C’est certain qu’il n’y aura pas de programmation prête pour le 22 juin, affirme-t-il, précisant que les portes du Club Soda resteront closes au moins tout l’été. 

Encore des obstacles à lever

Monter un spectacle de danse ou une pièce de théâtre prend d’abord du temps et nécessite des répétitions avant d'arriver devant un public. Les artistes ont des idées, mais [la concrétisation de celles-ci] ne se fera pas tout de suite, il faut d’abord revenir à l’usine et créer ces spectacles, souligne Dany Michaud, vice-président du Conseil québécois du théâtre. 

Même les concerts doivent être planifiés suffisamment en amont afin de laisser le temps de les promouvoir et de vendre les billets. Seulement quelques artistes voient leurs billets s'envoler en quelques heures, rappelle Michel Sabourin.

Rentabiliser une représentation ou un concert est ensuite impossible avec un public de 50 personnes au maximum. Selon les informations obtenues par plusieurs des personnes interrogées pour cet article, la Direction générale de la santé publique pourrait autoriser des rassemblements jusqu’à 250 personnes à partir du 15 juillet. Ce nombre reste trop petit pour beaucoup de salles, d'autant plus que les gens dans le public devront garder une distance de sécurité entre eux.

Par exemple, il faut que la salle soit remplie à 70 % de sa capacité pour qu’un concert d’Ariane Moffatt soit rentable, explique Michel Sabourin, dont la salle peut accueillir 900 personnes. Au TNM, le seuil minimal de rentabilité d’une pièce est de 80 %.

Autre difficulté pour les salles comme le Club Soda : le confinement est survenu au plus mauvais moment. C’est en mars que les salles ont le moins de liquidités, car janvier et février sont les mois les moins occupés, dit-il, précisant que les lieux comme le sien engrangent une partie importante de leurs revenus grâce à la vente d’alcool. 

De plus, tant que les frontières canadiennes ne seront pas rouvertes, les artistes internationaux ne pourront pas se produire ici. 

Toutes les salles vont se retrouver à se diviser le même petit marché d’artistes québécois.

Michel Sabourin, président du Club Soda

Des salles de spectacle menacées

Les gestionnaires des lieux de diffusion culturelle espèrent que le gouvernement annoncera des mesures financières pour les aider à compenser les pertes de revenus engendrées par la limitation de la capacité d’accueil des salles.

Sans ce soutien, certains de ces lieux pourraient cesser d’exister. Je crains énormément pour la survie de certaines salles de spectacle, s’inquiète Julie-Anne Richard.

Idem pour Michel Sabourin. Voir le Club Soda ou le MTelus disparaître et être avalés par un promoteur immobilier est une possibilité.

Avec les informations de Catherine Richer

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