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Une enseignante garde son emploi malgré l’utilisation d’un mot raciste

Le portrait d'une femme

Simrit Khabra a aidé la plaignante à formuler sa plainte.

Photo : Radio-Canada / Chris Glover/CBC News

Radio-Canada

Une enseignante du secondaire qui a utilisé un terme raciste à l’encontre des personnes noires en classe a pu garder son emploi après avoir présenté des excuses.

Une ancienne élève s’interroge sur le message qui est envoyé à ceux qui voudraient utiliser ce terme dans un tel contexte.

Anne Stewart, enseignante à l'école secondaire catholique Notre-Dame de Brampton, en Ontario, a été enregistrée par un élève en mai 2019 affirmant qu’elle était à l'aise de prononcer ce mot raciste.

On peut entendre, sur l'enregistrement obtenu par CBC News, Mme Stewart, qui est Blanche, parler de divers articles de presse. Elle explique qu’un des mots inclus dans un article - venir , utilisé dans le sens d’orgasme - la rend inconfortable. Elle explique qu’elle est d’une génération différente de celle de ses élèves. Elle poursuit la discussion et illustre qu’elle est confortable avec le terme raciste envers les personnes noires.

Dans le même enregistrement on entend une élève l’interrompre : Mademoiselle, vous plaisantez . L’enseignante réplique : Mais vous n'écoutez pas mes explications.

L'élève répète qu'elle ne s'attendait pas à entendre ce mot en classe. Elle explique qu’on ne peut la forcer de rester dans une pièce où elle est mal à l'aise, puis quitte la salle de classe.

Une plainte déposée

L’élève en question a déposé une plainte auprès de l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (OEEO), qui a enquêté sur l'incident. L’élève, qui est Noire, a requis l’anonymat puisqu’elle dit s’être sentie traumatisée.

Le collège a conclu que l'allégation selon laquelle Mme Stewart avait prononcé le mot raciste envers les personnes noires était fondée. Dans une décision confidentielle obtenue par CBC News, le comité en charge d’examiner la plainte explique avoir de sérieuses préoccupations concernant son utilisation.

L'emploi de ce mot par l’enseignante montre un mépris pour la sécurité émotionnelle et le bien-être de ses élèves, et un manque de respect pour la diversité dans nos classes, peut-on lire dans la décision.

Mais malgré cette réprimande écrite, le panel a choisi de ne pas faire comparaître Mme Stewart devant le comité de discipline. Celui-ci décide plutôt de lui présenter un avertissement en personne .

Dérogatoire et blessant

Simrit Khabra a aidé la plaignante à concevoir la plainte. Elle dit que la décision du collège équivaut simplement à une admonition.

Mme Khabra est une ancienne élève de l’école secondaire liée à l’incident. Bien qu’elle avait déjà gradué lorsque l’incident s’est produit, elle a décidé de s’impliquer quand elle a écouté l’enregistrement. J'ai entendu quelqu'un qui ne se gêne pas pour utiliser un terme péjoratif et blessant. Ça m’a mis en colère.

Selon Mme Khabra, tous les élèves sont concernés par l’utilisation de ce terme dérogatoire. Ceux qui sont visés directement peuvent avoir l'impression que l'école n'est plus un espace sûr. Ceux qui ne sont pas directement concernés peuvent penser qu’il est normal d’utiliser ce terme, dit-elle.

Pas la première réprimande

Mme Stewart a déjà été reconnue coupable d’une faute professionnelle par le passé. Une enquête menée par le collège a révélé que sa relation avec quatre élèves au cours de l'année scolaire 2007-2008 avait franchi les frontières professionnelles. Mme Stewart avait alors permis à ces élèves de conduire sa voiture. Ils avaient aussi été souper ensemble. Elle avait dû suivre une formation sur les frontières entre relations professionnelles et personnelles.

Mme Stewart est toujours membre de l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario. Elle est également employée du Conseil scolaire de district catholique de Dufferin-Peel (DPCDSB) et enseigne toujours dans la même école secondaire.

Dans une déclaration écrite adressée à CBC News, le conseil d'administration du Conseil scolaire affirme avoir conduit une enquête immédiate et complète au sujet de la plainte déposée contre Mme Stewart. Selon la déclaration écrite, Mme Stewart a exprimé ses remords et s'était excusé auprès de la classe .

Le communiqué poursuit en disant que le conseil condamne fermement le racisme anti-Noir et que tout étudiant qui fait l'expérience d'incidents racistes est encouragé à le signaler.

Mme Khabra affirme que le Conseil scolaire n’en fait pas assez. Selon elle, les enseignants doivent être tenus de maintenir un standard plus élevé que le reste de la population.

Avec les informations de CBC News

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