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La pandémie privera Hydro-Québec de « plusieurs centaines de millions »

La baisse de la demande commerciale et industrielle aura un impact significatif sur son bénéfice net.

Le logo multicolore d'Hydro-Québec.

Hydro-Québec a modifié les couleurs du logo de son siège social de Montréal pour refléter celles d'un arc-en-ciel lors de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Radio-Canada

La COVID-19 pourrait coûter pas loin d'un milliard de dollars à Hydro-Québec, qui voit ses dépenses augmenter et ses revenus baisser.

En entrevue à RDI économie, sa nouvelle PDG, Sophie Brochu, affirme que la baisse de la demande depuis le début de la pandémie se situe à 5,6 % – une chute attribuable aux secteurs commercial et industriel, surtout, puisque la demande du secteur résidentiel a légèrement grimpé au cours des derniers mois.

Hydro-Québec a également dû mettre en veilleuse des projets d'immobilisations tout en continuant de payer sa main-d'œuvre. Résultat : ces coûts, qui auraient été capitalisés, ont dû être mis dans la colonne des dépenses, a expliqué Mme Brochu.

On le savait déjà, Hydro-Québec ne prévoit plus un bénéfice net de 2,9 milliards de dollars pour cette année. Mais Sophie Brochu refuse de donner une cible précise en raison de l'incertitude qui persiste. Tout au plus affirme-t-elle que la pandémie privera les coffres de l'État de « plusieurs centaines de millions ».

On pense que [l'impact] va être contenu à l'intérieur du milliard [de dollars].

Sophie Brochu, PDG d'Hydro-Québec

Hydro-Québec affirme que ses projets avec la Ville de New York et le Maine se poursuivent, mais que la stratégie d'acquisition à l'international (hors des États-Unis) est mise en attente.

Pour l'instant, la société d'État préfère se concentrer sur la relance économique du Québec, explique Sophie Brochu. Ainsi, elle compte devancer son projet de rénovation du complexe nord-côtier Manic-Outarde, qui vise à prolonger la durée de vie des centrales qui s'y trouvent et à améliorer leur capacité de production d'hydroélectricité.

C'est payant pour Hydro-Québec en ce sens qu'on va augmenter la capacité productive, et puis c'est intelligent pour le rebond économique du Québec, résume Mme Brochu, qui a répondu aux questions de RDI économie après avoir participé plus tôt dans la journée à une conférence en ligne organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Pas assez de diversité

La nouvelle PDG affirme par ailleurs qu'Hydro-Québec a du travail à faire pour améliorer la représentativité des minorités visibles et ethniques au sein de l'organisation.

L'ajout récent de deux femmes au sein du comité de direction a fait passer celui-ci en zone paritaire, se félicite Sophie Brochu, précisant que 5 des 12 sièges de ce comité sont maintenant occupés par des femmes. Mais ce comité demeure très blanc, reconnaît-elle. On manque de diversité, minorités visibles. Nous allons y travailler.

Sa stratégie pour changer les choses? La même que celle qui a permis l'avancée de femmes, dit-elle. Il faut travailler, au sens noble du terme, l'entonnoir des talents très tôt. Si on veut des gens dans l'équipe de direction qui sont issus des minorités, il faut être capable de faire progresser ces gens-là au sein de l'organisation.

Mme Brochu évalue qu'à l'heure actuelle, près de 9 % de la main-d'œuvre d'Hydro-Québec est issue des minorités visibles et ethniques – un taux qui grimperait à environ 16 % dans la grande région de Montréal –, alors que la cible fixée par la Commission des droits de la personne et de la jeunesse se situe à 19 %.

Sophie Brochu, qui a fait sa marque à la tête d'Énergir (anciennement Gaz Métro), a été nommée à la tête d'Hydro-Québec au début du mois d'avril. Elle a rencontré, pour la première fois dans le cadre de ses fonctions, le premier ministre Legault lundi après-midi.

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