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Le 22 juin 1960, les libéraux de Jean Lesage prennent le pouvoir au Québec

Le chef du Parti libéral Jean Lesage photographié le 11 novembre 1962

Le 22 juin 1960, Jean Lesage et le Parti libéral du Québec remportent les élections provinciales québécoises.

Photo : Studio Lausanne

Radio-Canada

Le 22 juin 1960, le Parti libéral du Québec, dirigé par Jean Lesage, remporte l’élection provinciale québécoise. Cette victoire inaugure ce qu’on a plus tard désigné comme étant la « Révolution tranquille ».

Optimisme dans les rangs de l’opposition

Avec tous les libéraux, je suis extrêmement heureux que l’Union nationale ait décidé de tenir des élections générales dans la province. Celles-ci se tiendront le 22 juin et nous sommes prêts.

Jean Lesage à l’annonce du déclenchement des 26e élections générales au Québec

Le 27 avril 1960, le premier ministre du Québec, Antonio Barrette, annonce la tenue d’élections générales dans la Belle Province le 22 juin suivant.

Discours de Jean Lesage, 27 avril 1960

Radio-Canada présente ce même jour une déclaration du chef du Parti libéral du Québec, Jean Lesage.

Le ton de ce dernier est très optimiste. Il se dit convaincu de pouvoir vaincre le régime de l’Union nationale qu’il estime usé et corrompu.

Jean Lesage a plusieurs raisons d’avoir confiance en l'avenir.

Son adversaire Antonio Barrette s’est retrouvé chef du gouvernement et de l’Union nationale dans des circonstances défavorables.

Son prédécesseur, le très aimé Paul Sauvé, est décédé subitement le 2 janvier 1960.

Antonio Barrette ne jouit ni de la réputation ni de la popularité de celui auquel il a succédé.

Paul Sauvé était perçu comme un réformateur. Ce n’était pas nécessairement le cas d’Antonio Barrette.

On associait plutôt Antonio Barrette à la philosophie conservatrice et immobiliste de Maurice Duplessis qui avait dirigé le Québec entre 1936 et 1939 et de 1944 à 1959.

Après 15 ans de pouvoir ininterrompu, le gouvernement de l’Union nationale semble usé et miné par les scandales.

Jean Lesage a pour sa part rassemblé autour de lui une équipe dynamique et compétente qui inclut notamment le journaliste-vedette de Radio-Canada, René Lévesque.

Bien vite d'ailleurs, la presse et une partie de la population la surnomment « l’équipe du tonnerre ».

Une campagne contre la corruption et pour les réformes sociales

La campagne électorale libérale de 1960 s'articule autour de deux axes.

Les élections au Québec, printemps 1960

Comme le montre ce montage présenté au printemps 1960 durant l’émission Les élections au Québec, le chef libéral Jean Lesage et ses troupes dénoncent avec vigueur la « peur bleue » qui symbolise l’attitude répressive du gouvernement unioniste.

Il pourfend du même souffle la corruption présente au sein de l'administration de l’Union nationale.

Jean Lesage préconise par ailleurs des réformes sociales comme l’assurance hospitalisation, la gratuité scolaire et l’augmentation des pensions aux aveugles et aux invalides.

Notons au passage que dès 1960 le chef libéral semble préoccupé par un sujet très actuel : la menace de l’automation sur les emplois des travailleurs.

Montage d'archives, printemps 1960

Cet autre montage montre la stratégie et les intentions d’Antonio Barrette et de l’Union nationale.

Le chef unioniste Antonio Barrette et ses troupes comptent sur les réalisations de leur gouvernement, de même que sur l’amorce de réformes préconisées par Paul Sauvé, pour se faire réélire.

On constate par ailleurs que l’attitude du chef unioniste est plus prudente que celle du chef libéral en matière de réformes.

Dans un discours, il exclut l’adoption d’une assurance maladie telle que proposée par les libéraux.

Il préconise plutôt une réforme plus restreinte qu’il nomme assurance hospitalisation et qui ne sera réalisée que lorsque les hôpitaux du Québec n’auront plus de dettes.

Des résultats serrés

Notre majorité sera peut-être faible, mais c’est une victoire merveilleuse.

Jean Lesage, 22 juin 1960

Les élections du Québec, 22 juin 1960

Un montage présenté durant l’émission Les élections du Québec du 22 juin 1960 montre un Jean Lesage victorieux félicité par ses partisans de la ville de Québec.

Le chef libéral affirme que la machine électorale de l’Union nationale a vécu son « dernier sursaut d’agonie. »

La majorité libérale est cependant faible.

On a parlé pendant la soirée électorale d’une majorité libérale d’à peine deux sièges au Parlement.

Lorsque tous les votes ont été dépouillés, le Parti libéral du Québec et Jean Lesage avaient recueillis 51,38 % des suffrages exprimés. Ils remportaient 51 des 95 sièges de l’Assemblée législative.

L’Union nationale et Antonio Barrette devaient se contenter de 46,61 % des suffrages et de 43 sièges. Un indépendant réussissait aussi à se faire élire.

Jean Lesage disposait d’une mince majorité parlementaire et l’Union nationale demeurait un adversaire puissant.

Ces circonstances n’ont pas empêché le nouveau premier ministre d’inaugurer une période intensive de réformes et de modernisation économiques et sociales connue sous le nom de « Révolution tranquille. »

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