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Où sont les Autochtones dans les emplois publics du Québec?

Leur sous-représentation est encore plus grave que celle des minorités visibles.

Travailleurs cris d’Hydro-Québec sur le chantier de la dérivation de la rivière Rupert.

Travailleurs cris d’Hydro-Québec sur le chantier de la dérivation de la rivière Rupert.

Photo : Hydro Québec

En Abitibi-Témiscamingue, les municipalités de Val-d'Or et de Rouyn-Noranda emploient plus de 800 personnes, mais on ne retrouve aucun Autochtone dans leurs effectifs, selon le rapport (Nouvelle fenêtre) sur l'accès à l'égalité en matière d'emploi, publié la semaine dernière par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

La Commission scolaire de la Baie-James emploie 1 % d'Autochtones, alors qu’il en faudrait 21 % pour refléter la disponibilité de la main-d'oeuvre compétente.

Il est question dans le rapport de « discrimination systémique », et la vice-présidente de la Commission a même évoqué un « racisme systémique ».

Alors que la représentation des minorités visibles dans les emplois publics s'est quelque peu améliorée depuis 10 ans, celle des Autochtones n'a pas évolué.

Elle stagne à trois employés pour 1000 alors qu'il en faudrait trois fois plus (9/1000), selon la Commission, pour atteindre une vraie égalité des chances en emploi.

Notre compilation démontre qu'il manque 3410 employés autochtones pour attendre la cible de représentativité dans les organismes publics québécois.

Si le nombre de minorités visibles dans les emplois publics devrait augmenter de 63 % pour atteindre la cible, celui des Autochtones devrait faire un bond de 155 %.

Les cibles ne sont pas des quotas, mais des objectifs à atteindre qui sont définis par la Commission, en collaboration avec l’organisme. Ce dernier est tenu par la loi de tout mettre en oeuvre pour y arriver.

Les municipalités

Plusieurs villes dans des régions avec une forte présence autochtone ne comptent aucun représentant parmi leurs employés. C'est le cas à Val-d'Or (0 sur une cible de 12), Rouyn-Noranda (0/7), Shawinigan (0/8) et Alma (0/6).

Précision : la Ville de Val-d'Or affirme que les données de la CDPDJ ne sont pas à jour et qu'elle emploie aujourd'hui deux Autochtones.

Sur la Côte-Nord, Baie-Comeau (2/25) et Sept-Îles (3/22) sont également en retard sur leur cible.

À l'inverse, Saguenay compte 28 Autochtones sur une cible de 42. La Ville est en bonne voie d'atteindre la représentativité dans ses effectifs. Westmount y est parvenue, avec 7 sur 7.

Hydro-Québec atteint sa cible, la Sûreté du Québec en progression

Hydro-Québec est en voie d'atteindre sa cible de 260 Autochtones dans ses rangs. Elle l'a même dépassé selon les données les plus récentes fournies par la Société d'État avec 320 employés. Les données de la CDPDJ peuvent parfois dater de deux, voire de trois ans.

Selon les chiffres de la Commission, l'Agence du Revenu du Québec n'a aucun Autochtone dans ses rangs, alors que son objectif est 47. Mais Revenu Québec affirme employer actuellement 39 Autochtones, ce qui la place en bonne voie pour atteindre son objectif.

Autre bonne représentation à la Société de transport de Montréal (45 sur une cible de 52).

En 2009 et 2019, la Sûreté du Québec est passée de 0,7 % d'employés autochtones à 1,2 %. Elle en compte 69 sur un objectif de 129.

Sont en retard la Société des loteries du Québec (14/74), la SAQ (13/63) et la Sépaq (19/57).

En 2016, on dénombrait 182 890 Autochtones au Québec, ce qui représentait 2,3 % de la population.

Bons et mauvais élèves parmi les commissions scolaires

La Commission scolaire de la Baie-James emploie 4 Autochtones sur un effectif de 402 personnes (1 %). Il en faudrait plutôt 85 (21 % des employés) pour atteindre sa cible.

Sur la Côte-Nord, la Commission scolaire du Fer en emploie 6 sur une cible de 48 et celle de l'Estuaire 15 sur 58.

La Commission scolaire Chemin-du-Roy (9/67), à Trois-Rivières, est en retard sur son objectif, tout comme celle de l’Or-et-des-Bois (1/18), à Val-d'Or, Portages-de-l’Outaouais (21/70) et des Samares (4/49), dans Lanaudière.

À l'inverse, des commissions scolaires ont pleinement rempli leurs objectifs, par exemple Pierre-Neveu (30/30) à Mont-Laurier et Eastern Shores (13/13), commission scolaire anglophone de l'Est-du-Québec.

Son en bonne voie la Commission scolaire de Montréal (37/45), les Pays-des-Bleuets (20/24), au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et Hauts-Bois-de-l’Outaouais (17/20).

Universités

L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a presque atteint sa cible avec 10 employés autochtones sur un objectif de 11. À Montréal, Concordia est à 30 sur 36.

Mauvais élève : l'Université du Québec à Trois-Rivières avec aucun Autochtone employé, alors qu'il en faudrait 16.

Santé Services sociaux

Le CISSS de la Gaspésie est en bonne voie de remplir son objectif avec 41 Autochtones dans ses effectifs sur une cible de 52.

À l'inverse, c'est plus difficile dans les CISSS de Lanaudière (6/69), de l’Abitibi-Témiscamingue (14/124) et de la Côte-Nord (23/183).

À Montréal, le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine n'a aucun employé autochtone, tandis que sa cible est fixée à 21.

Quant au Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James, il en compte cinq, alors qu'il devrait en faire travailler 42.

Dans la fonction publique québécoise (les ministères), 0,6 % des effectifs sont des Autochtones.

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