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Vaccin contre la COVID-19 : le Canada doit agir pour éviter la « prédation »

Le NPD croit qu’Ottawa devrait négocier des garanties pour éviter que d’autres pays ne monopolisent les réserves.

Un chercheur travaille à mettre au point un vaccin contre la COVID-19.

Photo : afp via getty images / THIBAULT SAVARY

Le Canada, qui a investi des millions de dollars dans la recherche pour trouver un vaccin contre la COVID-19, est loin d'être le seul pays à attendre avec impatience son retour sur investissement. Des voix s’élèvent pour qu’Ottawa prenne tout de suite des mesures concrètes pour garantir l'approvisionnement national.

Comme plusieurs professionnels de la santé, la médecin Joanne Liu suit avec attention la course au vaccin contre le coronavirus. Mais l’ex-présidente de Médecins Sans Frontières ne se leurre pas : la véritable épreuve risque de survenir lorsque la ligne d’arrivée sera franchie.

Il va y avoir tellement un grand appel et ça va être un peu un monde de prédation, prédit-elle. Une fois que les découvertes seront faites, on pourrait passer à une situation de monopole avec des prix exorbitants.

Joanne Liu regarde directement dans l'objectif de la caméra.

Joanne Liu est une sommité internationale en matière de lutte contre les épidémies.

Photo : AFP/Getty Images / Fabrice Coffrini

Un peu plus tôt cette semaine, l’experte témoignait devant le Comité permanent de la santé, à la Chambre des communes, à Ottawa. Elle en a profité pour mettre en garde les députés et souligner que le Canada devait avoir une place à la table quand viendra le temps d’élaborer une stratégie internationale de vaccination.

On est en train de financer de la recherche et du développement avec des fonds publics. Il serait bien qu’on s’assure qu’il y ait des retours publics, a-t-elle ensuite précisé en entrevue avec Radio-Canada.

C’est important d’apporter un soutien financier, mais aussi de suivre ce financement-là et de l’accompagner d'une influence.

Joanne Liu, ex-présidente de Médecin Sans frontières

Le NPD croit qu’Ottawa devrait exiger des garanties

Le passage de la médecin Liu au Parlement n’a pas manqué d'attirer l'attention du Nouveau Parti démocratique. Le député de Rosemont—La-Petite-Patrie demande au gouvernement Trudeau de poser des actions concrètes.

Si on fait des investissements massifs en recherche et en développement, il faut qu’on ait des garanties, des ententes et des certitudes qu’on va avoir accès au vaccin en nombre suffisant et à un prix raisonnable , affirme Alexandre Boulerice.

Si on met de l’argent dans le pot commun pour trouver une solution globale, il faut qu’on puisse avoir notre part équitable.

Alexandre Boulerice

L’élu rappelle la course aux masques N95 au début de la crise. Elle avait donné lieu à une féroce concurrence entre États et même au détournement de certaines livraisons.

On pourrait s’arranger pour avoir un certain nombre de doses, un certain pourcentage une fois que le vaccin va être mis en production , suggère M. Boulerice.

Un plaidoyer pour le multilatéralisme

La ministre fédérale du Développement international, Karina Gould, assure qu'elle travaille sur ce dossier. Dans un courriel, son bureau précise que le Canada continuera de plaider pour un accès mondial au vaccin dans toutes les tribunes internationales.

Ottawa fait bien de miser sur la diplomatie et le multilatéralisme, croit Patrick Fafard, professeur à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa.

Si ce n’était qu’une question d’argent, évidemment, le Canada ne peut pas concurrencer avec un pays comme les États-Unis, souligne-t-il.

On n’est pas la Chine, on n’est pas les États-Unis, on n’est même pas la France. On n’a pas les moyens de faire de la manufacture, alors on est plus orientés vers une collaboration globale.

Patrick Fafard

Le directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal, François Audet, est un peu plus cynique.

Si l'expert reconnaît que plusieurs pays ont souligné l'importance de faire du vaccin un bien public universel, il craint que la réalité n'en soit tout autre lorsque le vaccin arrivera.

Si le passé est garant de l’avenir, on va retrouver les mêmes patterns de géopolitique, de sécurité nationale, d’égoïsme et de protectionnisme, croit-il, en rappelant que les organisations multilatérales comme l'OMS ont perdu des plumes dans les derniers mois.

Comme Patrick Fafard, François Audet reconnaît toutefois qu'un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies serait un bon moyen pour le Canada d'exercer une certaine influence dans ce dossier.

Cette autre course que mène le Canada doit prendre fin mercredi, lors du vote qui l'opposera à la Norvège et à l'Irlande.

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