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Fébrilité à la veille du début de la formation des préposés aux bénéficiaires

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Une femme et deux fillettes dessinent à la craie dans une ruelle.

Maryline Simard profite de sa dernière journée avant le début des cours avec ses deux filles les plus âgées, Maeva et Alyssia.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Certains enseignants se sentent mal outillés, tandis que certains de leurs étudiants viennent à peine d'apprendre qu'ils seront en classe. À l'aube du début de la nouvelle formation offerte par Québec à 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires qui travailleront en CHSLD, la nervosité des débuts touche bien des gens.

Cette formation condensée et rémunérée débute lundi matin. Fonctionnaires et centres de formation ont eu à peine trois semaines pour se préparer au démarrage des cours. Malgré une mobilisation exceptionnelle, tout n'est pas encore prêt.

À Montréal, par exemple, le programme adapté par le ministère de la Santé a été reçu jeudi dans les écoles. Il s'agit d'un programme élaboré à partir de la formation existante de préposé aux bénéficiaires et qui permettra à ceux qui le suivent d'obtenir une attestation d'études professionnelles, qui leur permettra de travailler en CHSLD, mais pas en milieu hospitalier.

Certains enseignants craignent que toute cette précipitation ne nuise à la qualité de la formation. Ce qui nous inquiète, c'est qu'on n'a pas tous les outils. On voudrait être préparés et savoir où on s'en va, mais il nous manque des informations, raconte l'infirmière Dominique Desfossés, qui enseigne dans Lanaudière et qui s'apprête à rencontrer ses nouveaux élèves.

Une dame aux cheveux courts et foncés devant une toile représentant des tulipes jaunes

Dominique Desfossés, infirmière et enseignante en soins de santé, Commission scolaire des Samares

Photo : Skype

Ils nous demandent de construire l'avion en vol mais on n'a pas d'aluminium! C'est angoissant!

Dominique Desfossés, infirmière et enseignante en soins de santé à la Commission scolaire des Samares

Certains candidats ont reçu la confirmation de leur sélection dans les derniers jours, voire les dernières heures. Isabelle, par exemple, a su vendredi qu'elle avait été sélectionnée. Elle attendait la nouvelle avant de démissionner de son emploi.

La femme qui habite Montréal n'a toutefois reçu les précisions au sujet de la formation que samedi soir. J'ai reçu la liste de choses à apporter, dont l'uniforme et les chaussures, hier soir à 20 h. On m'a aussi dit à quelle heure débute mon premier cours à ce moment-là, dit-elle.

Fébrile, elle a passé son dimanche à courir pour trouver tout ce dont elle a besoin pour commencer la formation lundi matin.

Tout s'est fait très rapidement et c'était stressant. Mais on savait dans quoi on s'embarquait. On savait que c'était un programme qui avait été mis sur pied rapidement. [...] Ceux qui ont préparé la formation et avec qui j'ai échangé ont été géniaux. Et c'est somme toute bien organisé considérant les circonstances!

Isabelle, étudiante acceptée à la formation

Maryline Simard, elle, avait commencé il y a quelques années la formation pour devenir préposée aux bénéficiaires, mais une grossesse avait interrompu ses études. Après avoir passé huit ans à la maison pour élever ses quatre enfants, elle était prête à retourner sur les bancs d'école. Elle a donc saisi l'opportunité offerte par le gouvernement.

Après avoir suivi le processus d'admission et fait une entrevue en ligne, Maryline a appris mercredi que sa candidature avait été acceptée. Elle a donc eu cinq petites journées pour se préparer mentalement.

Une femme aux cheveux mauves s'adresse à une journaliste pour une entrevue

Maryline Simard a bien hâte de commencer la formation qui lui permettra de retourner sur le marché du travail dans des conditions qu'elle juge intéressantes.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

C'est un stress, mais c'est un bon stress. C'est de l'anxiété, mais de la joie en même temps. Ça va changer ma vie de A à Z. [...] J'angoisse un peu à l'idée de la séparation avec les enfants. Mais je me dis que ça va bien aller!

Maryline Simard, étudiante acceptée à la formation

Elle aussi n'a que très peu d'informations quant à la suite des choses et a un peu l'impression de plonger dans le vide.

Je sais que le cours commence demain. Je sais à quelle heure. Mais c'est tout! Donc je vais me présenter à l'école à 7 h 30, mais je sais pas du tout ce qui m'attend.

Maryline Simard, étudiante acceptée à la formation

Même si tout a déboulé rapidement, elle est heureuse d'avoir répondu à l'appel du premier ministre J'ai vraiment hâte de commencer et j'ai hâte d'avoir terminé le cours pour pouvoir rentrer dans les CHSLD pour pouvoir aller aider.

Le ministère de l'Éducation n'a pas pu nous indiquer si les ressources ont pu être mises en place assez rapidement pour atteindre sa cible de 10 000 étudiants à cette formation.

En mode accéléré

Cette formation en accéléré a été organisée de manière... tout aussi accélérée. En moins de trois semaines, il aura fallu sélectionner les étudiants parmi un imposant bassin de candidats, recruter des enseignants, trouver des locaux, adapter le contenu des cours, se coordonner avec les CHSLD et se préparer à accueillir des étudiants en respectant les nouvelles mesures sanitaires.

Une tâche gigantesque et sans précédent pour bien des équipes de gestion.

Une femme blonde portant un chandail bleu

Alexandra Caron

Photo : Radio-Canada

C'est le dernier sprint effectivement. On doit préparer les 500 sacs à remettre aux élèves dans lesquels ils trouveront leur équipement de protection individuelle. On doit aussi imprimer tous les documents dont aura besoin l'étudiant.

Alexandra Caron, gestionnaire administrative, Centre de formation professionnelle Fierbourg à Québec

La formation s'échelonnera sur douze semaines. Les 120 premières heures d'enseignement se dérouleront en classe. Et le reste se fera en CHSLD ou en enseignement à distance.

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