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Semée d'embûches, la saison de pêche au crabe tire à sa fin

Pêcheurs de crabe au travail sur un bateau.

Les pêcheurs de crabe ont connu une saison imprévisible, mais moins désastreuse que celle qu'ils appréhendaient.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La saison de la pêche au crabe des neiges tire à sa fin dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Cette année, les crabiers gaspésiens auront fait face à divers défis pour en arriver à capturer leurs quotas.

Certains ont été plus chanceux que d’autres, mais les résultats sont malgré tout meilleurs que ce qui avait été anticipé.

La saison a débuté avec trois semaines de retard en raison des consignes de distanciation et d’isolement reliés à la crise sanitaire.

Et elle prend fin deux semaines plus tôt à cause de la présence de la baleine noire dans le Saint-Laurent.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord émerge des eaux de la baie du Cape Cod.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord.

Photo : Associated Press / Michael Dwyer

À terme, les pêcheurs auront capturé entre 80 et 90 % du quota, même si les zones de pêche sont fermées à 90 % en raison de la présence de la baleine noire.

Pour Stevens Dupuis, il reste un dernier voyage à faire, une dizaine de milliers de livres de crabe à capturer. Ç’a quand même bien été, estime-t-il. Avec les zones fermées, il y en a qui ont eu de la misère à prendre leur quota.

Selon lui, les mesures imposées par Ottawa pour protéger le grand mammifère marin ne laissent pas beaucoup de place pour l’industrie de la pêche. 

Il y a beaucoup de baleines et les zones ferment. Le golfe est en train de fermer au complet. Il n'y a plus de place pour pêcher, constate-t-il. 

Du crabe dans un bac sur un bateau.

90 % du quota aura été capturé, mais les 10 % manquants représentent beaucoup d'argent de travail en usine.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Environ 10 % du quota, soit 27 000 tonnes de crabes qui auraient pu être capturés, restera dans la mer.

Ce qui représente beaucoup d'argent et beaucoup d'heures de travail à l'usine perdus, selon le président de E. Gagnon et Fils, Raymond Sheehan.

Ça fait plusieurs millions. On parle peut-être de 48, peut-être 50 millions de dollars, précise-t-il, de l'argent qui n’est pas dans l’économie, qui n'est pas dans la région.

« Il faudrait ajuster les mesures de protection des baleines noires. On peut pas se permettre de laisser autant de crabes à l’eau. »

— Une citation de  Raymond Sheehan, président de E. Gagnon et Fils

Même si les prix sont plus bas que l’an passé, variant entre 3,50 $ et 4 $ la livre, ils sont satisfaisants, considérant que plusieurs observateurs s'attendaient à l’effondrement du marché américain à cause de la COVID-19.

Les employés sont bien protégés durant leur quart de travail.

Des mesures de sécurité spéciale ont été mises en place durant la période pandémique pour protéger les employés de l'usine de transformation E. Gagnon et Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

C'est surtout les supermarchés, explique M. Sheehan. Le monde allait en acheter à épicerie. Il n'y avait pas de restaurants, pas de salle à manger. Ça coûte moins cher d’en manger à la maison alors ils en ont mangé plus. Ça été très bon.

Les pêcheurs doivent retirer leurs casiers d'ici le 30 juin. Ce sera alors la fin d’une saison qu’ils auront trouvée plutôt bizarre.

D’après le reportage de Bruno Lelièvre

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