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Les travailleurs migrants et sans statut s’unissent pour demander la résidence permanente

Des travailleurs migrants récoltent du maïs.

Les travailleurs migrants travaillent en majorité dans le domaine de l'agriculture. (Photo d'archives)

Photo : CBC/Maggie MacPherson

Nicolas Haddad

Une dizaine de travailleurs clandestins sont sortis de l’ombre pour prendre la parole, dimanche, et pour mener une journée d’action pancanadienne qui demande la régularisation des travailleurs sans statut.

Selon la coalition Migrant Rights Network, la crise de la COVID-19 a mis la lumière sur la situation de nombreux travailleurs migrants au Canada, qui manquent d’accès aux services de santé, et qui ne peuvent pas faire valoir leurs droits du travail.

Les travailleurs migrants ont fait face à la crise sans accès à la Prestation canadienne d’urgence, sans leurs droits fondamentaux du travail, et sans mesures de sécurité et de santé, déplore Sarom Rho de la Migrant Workers Alliance for Change.

Captire d'écran d'une visioconférence avec Sarom Rho.

Selon la militante pour les droits des travailleurs migrants, Sarom Rho, les enfants des travailleurs migrants souffrent des choix difficiles que doivent faire leurs parents.

Photo : Radio-Canada

Selon la coalition, au moins une personne sur 23 au Canada est une personne migrante sans accès aux mêmes droits que des Canadiens. Ceux-ci peuvent avoir le statut d’étudiant, de travailleur, de réfugié, ou être sans statut.

Unis sous le slogan Un statut pour tous, la coalition d’une quarantaine d’organismes qui œuvrent auprès des travailleurs migrants temporaires, des travailleurs du sexe venus de l’étranger et des travailleurs sans statut au Canada a lancé un appel au gouvernement fédéral.

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que le Canada doit faire mieux pour les travailleurs migrants, après la publication d’un rapport accablant dénonçant les conditions de vie et de travail de nombreux travailleurs agricoles saisonniers.

Le ‘’statut pour tous’’ signifie que toute personne au Canada sans statut de résident permanent doit être régularisée, et que chaque travailleur qui arrivera au Canada à l'avenir pour travailler et percevoir un minime salaire aura un statut d'immigration adéquat, explique Mme Rho.

Les travailleurs sans statut sortent de l’ombre

Lors du rassemblement virtuel organisé par la Migrant Rights Network, dimanche, une dizaine de travailleurs clandestins de Montréal à Vancouver ont pris la parole pour expliquer comment le manque de statut met en péril leurs vies et celles de leurs familles.

Mamadou est un migrant sans statut résidant à Montréal, à qui Radio-Canada a accordé l’anonymat parce que son identification pourrait mettre son travail et sa présence au Canada en danger.

Arrivé au Canada dans l’espoir d’obtenir une maîtrise, mon rêve d’études supérieures, il y a longtemps que je l'ai mis dans le placard, déplore-t-il.

Mamadou qui porte un masque pour cacher son identité.

Mamadou cumule les petits boulots à Montréal et doit souvent accepter du travail dangereux, malgré le fait qu'il n'a aucun accès à des services médicaux.

Photo : Radio-Canada

Aujourd'hui j'ai malgré moi un CV long comme le bras.

Une citation de :Mamadou, migrant sans statut au Canada

Après avoir perdu son statut d’immigration au Canada et avoir décidé de rester au pays illégalement, Mamadou dit avoir été obligé d'accepter n'importe quel travail en dessous de la table pour garder un semblant de dignité.

Récemment, le migrant clandestin a quitté un emploi précaire pour lequel il escaladait les toits de maisons à Montréal pour y nettoyer les cheminées, sans attaches ni protection. Selon son raisonnement, une chute et un appel aux ambulanciers auraient mis fin à sa vie au Canada.

Ce dernier déplore l'impossibilité de faire valoir ses droits du travail, et il ne se rappelle pas la dernière fois qu’il a vu un médecin. S’il portait un masque chirurgical pour prendre la parole en public, dimanche, pour témoigner de son quotidien, ce n’était pas pour se protéger de la COVID-19.

Je suis obligé de me cacher derrière un masque pour m’exprimer, affirme le sans-papier.

Des travailleurs temporaires depuis 1966

Selon Edelyn Royo, une travailleuse migrante qui réside à Edmonton, le travail que nous faisons n'est pas un emploi temporaire, ce sont des emplois permanents.

Les mots "protégez les travailleurs" en anglais sur une voiture

Une quarantaine de véhicules ont pris la route de Toronto en direction de St. Catharines, samedi après-midi, pour demander des améliorations aux conditions des travailleurs migrants en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Robert Krbavac/CBC News

Mettre de la nourriture sur les tables canadiennes n’est pas un emploi temporaire. Nettoyer vos lieux de travail et vos maisons n’est pas un emploi temporaire ni donner des soins aux enfants et aux personnes âgées, martèle-t-elle.

Celle-ci estime que les migrants venus au Canada devraient avoir le droit de demander des soins de santé, de demander un salaire minimum comme tout le monde, et d’obtenir un statut permanent qui leur permettrait de se protéger dans leurs lieux de travail.

Un homme qui porte une échelle.

Chaque année, des dizaines de milliers de travailleurs viennent de l'étranger pour cultiver les terres du Canada, dans des conditions parfois extrêmement difficiles.

Photo : Avec l'autorisation de Migrant Workers Alliance for Change

Le Programme des travailleurs agricoles saisonniers a été mis en place par le gouvernement Pearson en 1966 en partenariat avec le gouvernement jamaïcain, mais s'est depuis étendu au Mexique et à plusieurs pays des Caraïbes. Chaque année, environ 60 000 migrants venus de l’étranger travaillent dans des exploitations agricoles canadiennes, souvent pour le même employeur année après année.

Contacté au sujet de la régularisation des travailleurs migrants à plusieurs reprises, le ministère de l'Immigration du Canada n'a pas encore donné suite à la requête de Radio-Canada.

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