•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de confinement pour la crise du logement à Montréal

Des centaines de familles sont toujours en quête d'un nouveau logis.

Pancarte de logement à louer sur un balcon.

Les logements à louer se font de plus en plus rares, notamment à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À moins de trois semaines de la période des déménagements, des centaines de familles montréalaises sont toujours à la recherche d’un nouveau logement. Et si c’était déjà difficile de trouver un appartement abordable avant l’arrivée de la COVID, la pandémie n’a fait qu’exacerber la crise.

De toute ma vie, jamais je n’aurais cru vivre une telle situation. C’est une situation très stressante, […] le fait qu’on n'ait pas assez de délai pour se trouver un autre logement, le fait qu’il y ait une crise, puis la hausse des prix. On est à Rosemont – La Petite-Patrie, il n’y a presque plus rien, lance Lynda B., désespérée.

Elle et sa famille ont appris le 5 juin dernier qu’ils avaient perdu leur cause devant la Régie du logement, entendue le 11 mars dernier. Leur propriétaire peut donc récupérer l’appartement où ils vivent depuis 2017 et l’offrir à un membre de sa famille comme prévu.

Avec son mari et ses deux enfants, Lynda doit donc quitter d’ici le 7 juillet prochain. Ils recevront 1600 dollars de dédommagement.

Si elle ne trouve pas de 5 ½ abordable pour sa famille d’ici là, elle devra non seulement quitter son appartement, mais aussi quitter le seul quartier qu’elle et son mari ont connu depuis leur arrivée, il y a près de 10 ans.

Adieu aussi à l’école et la garderie des enfants ainsi qu'aux nombreux amis qu’ils ont dans le quartier.

On n’envoie pas une décision de reprise de logement le 5 juin en espérant que la personne va trouver un logement avant le 1er juillet. Ce n’est pas normal. C’est une manière de faire en temps normal, mais en situation de crise, il fallait s'adapter, ajoute-t-elle.

Plus de demandes, moins d’offres et une pandémie

Il y a aussi Nancy Bertrand et sa mère de 70 ans. Elles vivent depuis 17 ans dans un appartement de Rosemont. La nièce de Nancy vit aujourd'hui avec elles.

En novembre dernier, son propriétaire a décidé lui aussi de reprendre le logement pour l’offrir à un membre de sa famille. Peu de logements étaient disponibles et avec l’arrivée de la pandémie, il y en avait encore moins.

On peut payer 1200 $. C’est un petit peu cher, mais bon...on voudrait rester dans le quartier, mais il n’y a pas beaucoup de logements. On cherche un 5 ½. Ça va être difficile. Très peu de logements acceptent d’avoir des animaux et ma mère fume, raconte-t-elle.

Si on ne trouve rien, on va être dans la rue. Ma sœur m’aide aussi, des fois on appelle, mais c’est souvent déjà loué. Des visites prévues et personne ne rappelle… J’ai l’impression qu’on est laissés à nous-mêmes en ce moment. Qu’on a très peu de ressources, ajoute-t-elle.

Par-dessus tout cela, le père de Nancy est décédé il y a quelques mois.

C’était déjà une crise et la pandémie a complexifié la recherche de logement. Les gens ont tardé à visiter, ça crée un engorgement, explique Marjolaine Deneault, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec. Du côté des propriétaires, certains sont devenus plus exigeants. Quand on regarde des annonces, certains ont peur d’avoir des gens sans revenus.

La Ville de Montréal a d’ailleurs déjà reçu deux fois plus de demandes d’aide au logement qu’en 2019. Ils sont actuellement 235 ménages en contact avec la ville contre 119 à pareille date l’année dernière. Un chiffre qui a habituellement tendance à croître à l’approche du 1er juillet.

Selon le responsable de l'habitation du comité exécutif de Montréal, Robert Beaudry, la ville travaille d'arrache-pied pour éviter que des familles se retrouvent à la rue.

En attendant, des dizaines de ménages risquent de quitter la métropole pour trouver des logis moins chers.

Avec des informations de Yessica Chavez

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !