•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Où sont les experts autochtones lors des enquêtes indépendantes?

Les gens se donnent rendez-vous à Edmundston.

Des groupes autochtones se sont donné rendez-vous samedi à Edmundston pour une « marche de guérison » en hommage à Chantel Moore, une jeune femme autochtone tuée par un policier la semaine dernière.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Normand

Le conseiller en protection de l’enfance Bernard Richard estime que la présence d’experts autochtones dans les enquêtes indépendantes est nécessaire.

Si cela ne se fait pas, je crains que les résultats n’aient pas de crédibilité dans les communautés autochtones, a déclaré celui qui est aussi ancien ombudsman du Nouveau-Brunswick.

À la demande de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec (BEI) mène une enquête sur les événements survenus le 4 juin à Edmundston, au cours desquels Chantel Moore a perdu la vie, et sur ceux du 12 juin à Miramichi, qui ont coûté la vie à Rodney Levi .

Rodney Levi est mort lors d'une intervention policière de la GRC, près de Miramichi au Nouveau-Brunswick

Rodney Levi est mort lors d'une intervention policière de la GRC, près de Miramichi au Nouveau-Brunswick

Photo : Contribution

Huit enquêteurs, assistés de deux techniciens en identité judiciaire de la Sûreté du Québec, ont été chargés de déterminer les circonstances des événements.

Pour Bernard Richard, une pièce du casse-tête est manquante. Ce dernier indique que les communautés autochtones ne font pas trop confiance dans le Bureau des enquêtes indépendantes, car plusieurs résultats des enquêtes précédentes les ont déçus.

C’est normal, ajoute-t-il.

Bernard Richard en entrevue.

Bernard Richard estime qu'il manque une pièce du casse-tête.

Photo : Radio-Canada

Peu importe ce que les enquêteurs vont trouver, ça risque de ne pas satisfaire les communautés autochtones, à moins qu’elles aient l’occasion d’y participer directement, a-t-il dit à Radio-Canada samedi matin.

Le conseiller en protection de l’enfance affirme que les Autochtones sont présentés de manière grossière dans le système juridique et judiciaire du système pénal canadien.

Je pense que pour donner une crédibilité aux enquêtes, aux deux enquêtes qui doivent avoir lieu, il faudrait qu’il y ait une participation autochtone aussi.

Bernard Richard, conseiller en protection de l'enfance de six Premières Nations Micmac du N.-B.

Ce dernier affirme que plusieurs Autochtones du pays sont avocats, juges et qu'il y a même un ancien lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, pour ne nommer que ces titres.

Un problème présent depuis longtemps

L’ancien ombudsman de la province indique qu’il est clair qu’il existe du racisme systémique envers les communautés autochtones de la part de la population et aussi des autorités policières au Nouveau-Brunswick.

Le racisme systémique dans les forces de la GRC ont fait l'objet de nombreuses discussions lors des dernières semaines, tant dans la province qu'au pays.

Brenda Lucki, les lèvres pincées, regarde le sol.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, dit qu'elle aurait dû reconnaître plus tôt qu'il y avait du racisme systémique dans les rangs de la police fédérale.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Selon Bernard Richard, la pauvreté, l’absence de logement, et les troubles de dépendance sont le résultat de décennies de racisme.

La qualité de vie des Autochtones, qui étaient les premiers résidents de ce continent et pays, mérite mieux que ce qu’on leur a réservé depuis très longtemps.

Bernard Richard, conseiller en protection de l'enfance de six Premières nations Micmac du N.-B.

Bernard Richard a participé à la marche de Moncton en l’honneur de Chantel Moore samedi, où il a ressenti beaucoup de fierté lorsqu'il a vu plusieurs communautés distinctes de la province marcher ensemble.

Environ 300 personnes sont réunies à Moncton pour une marche silencieuse à la mémoire de Chantel Moore.

Environ 300 personnes sont réunies à Moncton pour une marche silencieuse à la mémoire de Chantel Moore.

Photo : Radio-Canada / Michelle LeBlanc

Des marches ont eu lieu à Edmundston, à Fredericton et à Moncton au Nouveau-Brunswick, ainsi qu’à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Avec des informations de Margaud Castadère-Ayçoberry

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Autochtones