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Analyse

Dernière chance de faire bonne impression pour Peter MacKay

L’ex-ministre de la Justice semblait être le choix par défaut d’une majorité de militants. Mais cinq mois après un lancement de campagne miné par les erreurs et les faux pas, le doute en assaille plusieurs. Les débats des candidats mercredi et jeudi pourraient bien sceller le sort de Peter MacKay.

M. MacKay s'adressant à des partisans conservateurs à Halifax, avec en arrière-plan, deux drapeaux canadiens.

Peter MacKay, candidat à la course à la direction du Parti conservateur du Canada et ancien ministre de la Justice.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Un peu moins de deux semaines après le début du confinement à l'échelle nationale, le Parti conservateur annonçait la suspension de sa course à la direction pour une durée indéterminée. En raison de la pandémie, les candidats se retrouvaient donc, comme tous les Canadiens, assignés à résidence.

J’espère que Peter MacKay est confiné avec son professeur de français, avait lancé, un peu ironiquement, un membre du caucus lors d’une conversation à bâtons rompus.

Le souvenir du difficile lancement de campagne de Peter MacKay est encore profondément ancré dans la mémoire des conservateurs québécois. J’ai sera candidate à la chefferie du Parti conservateur, avait lancé l’ex-ministre, les yeux rivés sur son télésouffleur. Une erreur de français qui a fait sourciller plusieurs militants francophones.

Certains de ceux qui tenaient le laborieux français d’Andrew Scheer pour responsable de ses difficultés à percer au Québec, misaient sur Peter MacKay pour changer la donne. Le temps de quelques phrases, ils ont senti leurs espoirs s’évanouir. Étaient-ils en train de refaire la même erreur? Beaucoup de gens sont allés de MacKay à mêlé, résume une source conservatrice.

Erin O’Toole resserre l’écart

Le mauvais lancement de campagne, combiné aux erreurs stratégiques et aux faux pas qui se sont succédé, en a incité plusieurs à s’intéresser à l’autre candidat principal de cette course.

Erin O’Toole est député de Durham en Ontario. C’est la seconde fois qu’il brigue la direction du Parti conservateur. En mai 2017, il avait fini à la troisième place, recevant 21 % des appuis, derrière Maxime Bernier et Andrew Scheer.

Sa campagne a bénéficié d’une première bouffée d'oxygène en mars, en recevant l’appui du premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney. Nous avons besoin d’un leader compétent et qui a des principes. [...] Je sais que nous pouvons compter sur Erin pour être ce leader fort que nous recherchons, avait-il écrit aux membres du parti.

Et au Québec, le français d'Erin O’Toole semble bien perçu chez plusieurs militants. Au point d'attirer quelques appuis non négligeables, comme celui de Carl Vallée, ex-collaborateur de Stephen Harper. Il est le seul candidat bilingue, a écrit ce dernier sur son compte Twitter.

Plus le temps passe, plus Erin rétrécit l’écart, estime une source conservatrice qui est au fait de la course et qui perçoit aussi une certaine nervosité dans le camp MacKay depuis quelques semaines.

L’importance du débat en français

Le débat de mercredi pourrait donc devenir le moment crucial pour la campagne de Peter MacKay. Il doit prouver aux militants du Québec qu’il a compris leurs inquiétudes. Et afficher une meilleure maîtrise de la langue de Molière.

Comme pour mettre la table, il a publié jeudi sur sa page Facebook une vidéo d’un échange en français avec son épouse Nazanin Afshin-Jam, qui parle le français, mais aussi l’anglais et le perse. On y apprend qu’il discute quotidiennement avec son professeur de français et qu’il pratique aussi avec sa conjointe. C’est clair que la langue française c’est compliqué pour un anglophone, mais tu corriger moi, dit Peter MacKay. Tu me corriges, répond-elle. De toute évidence, il reste encore du travail à faire.

Cela sera-t-il suffisant pour consolider l’appui d’une majorité de militants francophone? Ça va se jouer au débat, estime un ex-conseiller du parti. Et Peter MacKay devra calmer les inquiétudes dès le début de la joute, selon une source impliquée dans l’organisation au Québec. Beaucoup de gens au Québec vont regarder le débat pendant 10 ou 15 minutes. Ça va faire une différence.

Quatre aspirants participeront aux débats de cette semaine. Outre Peter MacKay et Erin O’Toole, le parti a également approuvé les candidatures de Derek Sloan, un député conservateur ontarien et de Leslyn Lewis, une avocate de Toronto. Ces deux derniers courtisent surtout les groupes conservateurs sociaux et ont peu de chances de l’emporter.

Le premier débat, mercredi, sera complètement en français et commencera par une série de face-à-face entre chaque candidat. Et comme le hasard fait souvent bien les choses, le tirage au sort a déterminé que les deux premiers à croiser le fer seraient Peter MacKay et Erin O’Toole.

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