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La santé avant les profits, exigent des employés de Dollarama

Les employés de Dollarama demandent notamment d'être payés 15 $ de l'heure au minimum.

Les employés de Dollarama demandent notamment d'être payés 15 $ de l'heure au minimum.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

Une soixantaine d'employés de Dollarama et de sympathisants ont manifesté samedi à Montréal pour réclamer de meilleures mesures de santé et de sécurité afin de lutter contre la COVID-19.

Derrière les murs de ses entrepôts et de son centre de distribution, le détaillant québécois se contente du strict minimum et viole même parfois la loi, a allégué Mostafa Henaway, du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, l'organisateur de la manifestation.

M. Henaway a notamment expliqué que la distanciation physique était presque impossible à respecter dans le centre de distribution où se côtoient près de 1000 travailleurs.

Un employé présent à la manifestation et qui a demandé l'anonymat par crainte pour son emploi a expliqué pourquoi.

Si tu vas respecter le deux mètres à chaque palette, tu vas avoir un bon retard.

Un employé du centre de distribution de Dollarama

Les employés sont constamment en mouvement et sont incapables de respecter la règle des deux mètres, a également confirmé un autre employé.

Tous les deux affirment également que l'entreprise devrait mettre des distributeurs de gel pour les mains sans contact.

Les organisateurs de la manifestation déplorent que dans sa hâte de faire du profit Dollarama ait complètement ignoré les risques sanitaires durant les premières semaines de la pandémie.

L'entreprise a priorisé l'argent, laissant de côté la santé et sécurité de ses travailleurs et travailleuses, écrivent-ils dans un communiqué.

Le détaillant a été désigné service essentiel dès le début de la pandémie, ce qui lui a permis de surpasser les attentes des analystes et de réaliser un bénéfice de près de 86 millions de dollars au premier trimestre, selon des données dévoilées cette semaine dans la foulée de l'assemblée générale de ses actionnaires.

Selon les manifestants, Dollarama devrait continuer à leur verser la prime de trois dollars de l'heure lorsque la pandémie sera terminée.

Essentiel avant la pandémie et essentiel après, indiquait la pancarte d'un employé. Un salaire de 15 $ serait raisonnable, a-t-il expliqué en entrevue.

Congédiements

Plusieurs employés qui se sont plaints des conditions de travail dans le contexte de la COVID-19 ont été carrément congédiés, indiquent les manifestants, si bien qu'un climat de peur règne dans les installations de l'entreprise.

L'un d'eux, Aines Charles, malgré ses 10 ans de service, aurait été remercié après avoir indiqué à un superviseur la présence de nombreux cas de COVID-19 parmi ses collègues. La direction aurait alors demandé à l'agence de placement qui l'employait de le mettre fin à son emploi.

Un autre aurait également été retiré des rangs de l'entreprise pour avoir réclamé davantage de mesures de protection. On m'a appelé au bureau le jour même et mis fin à mon contrat, après trois ans de travail, indique le communiqué.

Les employés estiment que l'entreprise devrait les embaucher directement, plutôt que de les recruter par l'entremise d'agences de placement.

Le député de Québec solidaire Andrés Fontecilla, également présent à la manifestation, est d'accord. Selon lui, il s'agit d'une nouvelle forme d'exploitation qui se développe au Québec.

C'est des employés des agences ad vitam aeternam avec des conditions d'emploi très précaires. C'est aberrant!

Le député de Québec solidaire, Andrés Fontecilla

M. Fontecilla estime que les agences devraient être davantage encadrées, de sorte qu'un employé puisse être embauché directement par l'entreprise après quelques mois.

Fausses allégations

Dollarama a décliné une demande d'entrevue de La Presse canadienne.

Dans une déclaration transmise par courriel, l'entreprise a soutenu avoir mis en œuvre toutes les mesures nécessaires afin de protéger ses employés et que les organisateurs ne font que lancer des allégations qui sont fausses.

Le détaillant dit même douter que ses employés participent à la manifestation.

Nous n'avons reçu aucune communication directe à l'effet que les travailleurs d'agences sont insatisfaits de leurs conditions dans nos établissements, écrit la porte-parole Lyla Radmanovich.

Mme Radmanovich se questionne même sur les motifs des organisateurs et de leurs attaques.

Travailleurs essentiels

Plusieurs personnes présentes sur place ont plaidé que le gouvernement du Québec devrait faciliter le chemin vers la citoyenneté pour les travailleurs essentiels, dont plusieurs ont travaillé chez Dollarama durant la pandémie.

Le gouvernement a décidé de seulement légaliser les gens dans la santé, mais nous aussi, on fait un travail essentiel, a dit un employé qui est demandeur d'asile.

M. Fontecilla estime que la société doit tout simplement être reconnaissante et régulariser le statut de tous les travailleurs qui ont œuvré dans les domaines essentiels.

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