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Les navires ignorent le ralentissement volontaire demandé dans le détroit de Cabot

Les experts ont observé sept baleineaux cette année, dans les eaux de la Floride et de la Géorgie.

Une baleine noire femelle nage avec son baleineau au large de la Géorgie.

Photo : John Carrington/Savannah Morning News/AP

Radio-Canada

Un groupe environnemental veut que Transports Canada oblige les navires à ralentir dans le détroit de Cabot. 

Oceana Canada a déclaré que la majorité des navires ignorent le ralentissement volontaire qui a été demandé pour la première fois en février dernier par le gouvernement canadien au secteur du transport maritime. 

Baleine noire empêtrée dans des cordages de pêche.

Les plus grandes menaces pour la survie de la baleine noire de l'Atlantique Nord sont, selon le gouvernement du Canada, les collisions avec des navires et l'empêtrement dans l'équipement de pêche (comme ci-dessus).

Photo : NOAA

Dans le cadre d'un effort pour protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord, une espèce menacée, Transports Canada a demandé aux navires de plus de 13 mètres de réduire volontairement leur vitesse à 10 nœuds dans une partie du détroit de Cabot entre le 28 avril et le 15 juin, et entre le 1er octobre et le 15 novembre - périodes de l'année où l'on pense que les baleines noires traversent la zone.

Mais un examen des vitesses des navires a révélé que 72 % des navires ont ignoré le ralentissement entre le 19 et le 25 mai, soutien Kim Elmslie, qui dirige la campagne sur les baleines noires pour Oceana Canada.

Un bateau de pêche en mer.

Un bateau de pêche en mer (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Mme Elmslie a déclaré que la vitesse d'un navire est essentielle à la survie des baleines franches.

Lorsqu'une baleine franche est frappée par un navire, elle a plus de chances de survivre, [si] ce navire va lentement. Ainsi, si le navire se déplace à 10 nœuds ou moins, vous savez, les chances de survie sont d'environ 86 %, explique-t-elle.

Si un navire va à 20 noeuds, il a environ 0 % de chance.

Mais Mme Elmslie sait que la vitesse est de l'argent dans l'industrie du transport maritime. Personne ne veut aller plus lentement que ses concurrents, surtout si les limitations de vitesse sont volontaires.

Donc si vous essayez de faire ce qu'il faut, et que vous ralentissez à 10 nœuds, cela vous désavantage presque. Donc, en rendant la limitation de vitesse obligatoire pour tout le monde, on ne fait qu'uniformiser les règles du jeu.

Les collisions avec les navires et l'enchevêtrement des engins de pêche sont les principales causes de mortalité des baleines franches de l'Atlantique Nord.

Une baleine noire traînant une corde, au large de Cape Cod, au Massachusetts.

Une baleine noire traînant une corde (archives).

Photo : Center for Coastal Studies/NOAA permit #932-1905

Il ne reste que 400 baleines noires de l'Atlantique Nord dans le monde, et moins de 100 femelles reproductrices.

Selon Mme Elmslie, le taux de mortalité des baleines noires de l'Atlantique Nord dépasse le taux de natalité.

Nous devons faire tout notre possible pour protéger toutes les baleines franches et empêcher l'extinction de cette espèce, croit Mme Elmslie. Les navires ne se conforment pas au ralentissement volontaire dans le détroit de Cabot. Il faut donc le rendre obligatoire - avant qu'il ne soit trop tard. Chaque mort pousse les baleines franches plus près de l'extinction.

Les chercheurs étaient excités de voir les chiffres monter chez les baleineaux cette année avec 10 nouvelles baleines observées dans les eaux américaines, mais Pêches et Océans Canada a ensuite déclaré qu'une d’entres elle est présumée morte.

Une baleine et un baleineau dans l'océan.

Le baleineau est né lundi au large des côtes de la Georgie aux États-Unis.

Photo : Clearwater Marine Aquarium / Twitter

Le mois dernier, un baleineau d'un jour a été repéré avec des blessures dues à une collision avec un navire.

Depuis 2017, 29 baleines - sans compter le baleineau présumé mort - ont péri dans le monde, dont 20 dans les eaux canadiennes.

Selon Mme Elmslie, Oceana Canada utilise les données recueillies par GPS et diverses sources de suivi des navires pour déterminer la vitesse des navires dans le détroit de Cabot. Cette route est la principale voie de passage du trafic maritime, tant pour les navires et que pour les créatures marines qui veulent accéder au golfe du Saint-Laurent depuis l'océan Atlantique.

Une baleine noire dans l'océan.

Transports Canada expérimente un ralentissement volontaire dans le détroit de Cabot pour protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord.

Photo : Ministère des Pêches et des Océans

Elle indique que son organisation envoie à Transports Canada des rapports hebdomadaires sur la conformité au ralentissement dans la région et prépare un rapport complet pour juillet.

Dans le dernier rapport hebdomadaire, qui couvre la période du 19 au 25 mai, Mme Elmslie a indiqué que la vitesse la plus élevée enregistrée était de 21,1 nœuds, et ce par un cargo canadien. En comparaison, elle a indiqué que les baleines franches se déplacent à environ cinq nœuds.

Un communiqué de presse d'Oceana Canada a déclaré que les recherches montrent que les femelles enceintes et les mères avec leurs baleineaux peuvent être plus susceptibles d'être frappées par un navire, car elles passent plus de temps à se reposer à la surface.

Une réponse par courriel de Transport Canada vendredi n'a pas abordé directement la question de rendre les ralentissements obligatoires.

Le message disait que le ministère travaille avec l'industrie du transport maritime pour comprendre pourquoi plus de navires ne ralentissent pas.

Transports Canada a activement surveillé les taux de participation à la mesure de ralentissement volontaire, qui a varié de 54 % à 38 % au cours de l'essai de printemps.

Le courriel indique également que de multiples facteurs peuvent parfois rendre difficile la participation des navires à cet essai de ralentissement, notamment des facteurs liés au temps violent comme des vents violents et une mer excessivement agitée. La participation à ces mesures dans ces circonstances peut constituer un risque pour la sécurité des navires et des équipages. Les facteurs liés à la navigation et les conditions de marée peuvent également affecter la capacité des navires à participer à un ralentissement.

Avec les informations de cbc

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