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Comment Winnipeg a lutté contre les moustiques au cours des dernières décennies

Plan serré de trois moustiques posés sur un bras.

Selon le surintendant du contrôle des insectes à la Ville la lutte contre les insectes qui existe depuis près de 100 ans a connu une grande évolution basée sur un modèle essai-erreur.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Ville de Winnipeg est passée de produits chimiques toxiques à des produits biologiques et a exploré diverses méthodes dans sa lutte contre les moustiques durant les dernières décennies.

Selon le surintendant du contrôle des insectes à la Ville, Ken Nawolsky, la direction de la lutte contre les insectes qui existe depuis près de 100 ans a connu une grande évolution basée sur un modèle essai-erreur.

C’est un processus où vous testez les choses et voyez si elles fonctionnent, et sinon vous passez à d’autres idées. Mais cela le rend très intéressant, dit-il.

Souvenirs d'un essaie casse-tête

M. Nawolski raconte quand dans les années 1950 et 1960, le DDT, un insecticide désormais interdit au Canada, a été pulvérisé à partir de camions, d’avions et de bateaux dans la ville, ce qui a créé des nuages ​​toxiques dans les quartiers.

Dans les photographies d’archives de la ville, il est possible de voir des travailleurs entourés de nuages toxiques sans protection personnelle.

Une photo d’archives montrant la pulvérisation d’un insecticide à partir de camion et de bateau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans les photographies d’archives de la ville, il est possible de voir des travailleurs entourés de nuages toxiques sans protection personnelle.

Photo : Archives de la Ville de Winnipeg

D’après M. Nawolsky ces souvenirs sont assez révélateurs et démontrent que les méthodes de travail ont changé. Je suis heureux que nous ne fassions pas des choses comme ce qui a été fait dans le passé , dit-il.

Il souligne qu'aujourd'hui la lutte contre les insectes intègre une notion environnementale. Nous essayons de protéger notre planète et d’utiliser les meilleurs produits et […] les produits les plus sûrs qui soient , dit-il.

Le dichlorodiphényltrichloroéthane ( DDT) était un produit efficace pour la réduction des moustiques, mais nocif. Son accumulation chez les oiseaux par exemple a un effet néfaste sur leur reproduction.

Lors de son utilisation à Winnipeg, il a presque anéanti les populations de faucons pèlerins et d’aigles. Il était également très toxique pour les animaux aquatiques, affectant le cœur et le cerveau.

C’est le livre Silent Spring de Rachel Carson, publié en 1962 qui tire la sonnette d’alarme sur la dangerosité du produit et conduit à l’interdiction partielle ou totale de ce produit chimique dans de nombreux pays.

Les vairons

Le 23 mai 1958, 50 vairons - des petits poissons - ont été placés dans un étang de King’s Park pour qu’ils se nourrissent de larves de moustiques, selon un rapport du Greater Winnipeg Mosquito Abatement District de 1959. En novembre, il y en avait plusieurs milliers.

Environ 1000 vairons ont été retirés de l’étang à l’automne et transférés dans un couvoir de truites à Caddy Lake pour l’hiver. Aucun n’y a survécu, mais quelques-uns qui avaient échappé à la récolte de l'automne ont survécu dans l’étang. Huit étangs supplémentaires ont été stockés. M. Nawolsky fait remarquer qu’à la fin de l'essai, aucun vairon n’avait survécu. C’est malheureusement quelque chose qui n’est pas réaliste dans notre environnement , lance-t-il.

Les Libellules

Vers 2008, la Ville a essayé un programme d’élevage de libellules, en déplaçant les nymphes dans des plans d’eau qui ont tendance à avoir un grand nombre de larves de moustiques.

Il s’est avéré que les nymphes dépendaient de leurs habitats spécifiques, et un grand nombre d'entre elles sont mortes à cause du déplacement.

Un pantale globe-trotteur posé sur une branche.

Le pantale globe-trotteur, ou pantale flavescente, est une espèce de libellule répandue dans toutes les régions du monde intertropical ainsi que dans une partie de l'Amérique du Nord.

Photo : iStock

Nous avons trouvé que la meilleure chose était de laisser le soin à dame nature. Les libellules sauront où se reproduire et augmenter leur population, dit M. Nawolsky.

Certaines Libellules peuvent manger une centaine de moustiques par jour, cependant, elles préfèrent les plus gros insectes comme les papillons de nuit, car un équivaut à 100 moustiques, explique le surintendant.

Chrysanthèmes

Un pesticide trouvé naturellement dans certaines fleurs de chrysanthème a été utilisé pour créer un mélange de pulvérisation toxique pour les moustiques.

Cela fait partie de la composition chimique de la plante, selon M. Nawolsky et lorsqu’elle est combinée avec un autre produit, elle peut être efficace dans la lutte contre les moustiques. Elle affecte le système nerveux du moustique.

Un tel mélange a été utilisé dans les années 1950 pour tuer rapidement les moustiques volants et pour un larvicide à proximité des ranchs de bétail et de volaille, selon le rapport de la Ville de 1959. Mais d’après M. Nawolsky il s’agissait d’un produit qui n’a jamais été étendu aux zones urbaines.

Détergents

Dans un autre essai de 1959, quatre détergents à vaisselle ont été testés en laboratoire pour leur efficacité à tuer les larves. Tous fonctionnaient à peu près de la même manière.

Encore une fois, il n’a jamais été utilisé dans toute la ville, mais un mélange de détergent à vaisselle et d’eau dans une bouteille de stérilisation est un insecticide facile à utiliser dans le jardin, dit M. Nawolsky.

Il ajoute que cela fonctionne également contre les chenilles. La plupart des insectes sont très sensibles à une solution d’eau savonneuse. Le savon déshydrate leur peau afin qu’ils ne puissent pas continuer à respirer correctement, dit-il.

Malathion

Utilisé à Winnipeg depuis les années 1980, le malathion a été déclaré probablement cancérogène pour les humains par l’Organisation mondiale de la santé en 2015 et interdit à la vente au Canada. Toutefois, les stocks existants ont pu être épuisés en 2016, car le rapport laissait planer le doute.

La Ville est désormais revenue aux chrysanthèmes. En 2017, il a reçu le feu vert pour utiliser DeltaGard, qui contient de la deltaméthrine une version synthétique de la pyréthrine, un insecticide naturel retrouvé dans les fleurs de chrysanthème.

Mère Nature

La meilleure défense a été dame nature, selon Ken Nawolsky. Hormis deux nuits de brumisation ciblée dans certains parcs et cimetières l’année dernière, la Ville n’a pas embué depuis 2016. Et M. Nawolsky dit que la situation cette année suit le même schéma, avec une quantité d’eau stagnante relativement faible en ce moment.

Nous avons eu de la pluie ici [la semaine dernière], mais c’est très gérable pour nous… parce que nous avons aussi eu un mois de mai sec. Cela a permis à beaucoup d’eau de commencer à absorber dans le sol, dit-il.

Nous sommes donc convaincus qu’au cours des prochaines semaines, les gens ne remarqueront vraiment pas plus de moustiques que maintenant, conclut-il.

Avec des informations de Darren Bernhardt

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