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« Folle, imprévue et décevante »: des élèves reviennent sur leur année scolaire

Une fille qui porte une toge de diplômée

En raison de la pandémie, les élèves ontariens ont dû terminer leur année scolaire en suivant leurs cours en ligne.

Photo : Audrey Aubin

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l’approche des vacances d’été, les élèves ontariens s’entendent pour dire que l’année scolaire qui s’achève a été particulièrement difficile, surtout en raison de la pandémie. Plusieurs estiment toutefois avoir appris d’importantes leçons des défis qu’ils ont dû surmonter.

Lors de la première annonce de fermeture des écoles ontariennes en mars, Audrey Aubin de Hearst était loin de se douter qu’elle ne retournerait plus en classe cette année inattendue. 

J’ai pris ça, probablement comme d’autres élèves, comme des vacances de plus, raconte-t-elle. 

Mais ce fut loin d’être le cas. Les écoles sont restées fermées et les cours ont repris mais à distance. Des élèves finissants, comme Audrey Aubin, ont été privés de moments marquants qu’ils attendaient, comme les bals de finissants.

Ça a été super difficile pour moi. Je suis une personne très émotionnelle, et quand j’ai vraiment su que je ne retournerais pas à l’école, je me suis dit : "oh mon Dieu, [ma dernière journée de cours] était ma dernière journée au secondaire et je ne le savais pas. Je ne vais probablement pas voir ma classe graduer avec moi", indique Audrey Aubin.  

« Je n’ai pas profité de la fin de mon secondaire autant que j’aurais aimé. »

— Une citation de  Audrey Aubin, finissante de l’École secondaire catholique de Hearst
Une fille qui porte une toge de diplômée

Audrey Aubin dit avoir appris à mieux apprécier la vie en raison de la pandémie.

Photo : Audrey Aubin

Même son de cloche pour Chlöé Madore-Bouffard, élève finissante à l’école Marymount de Sudbury, qui a dû faire une croix sur son rêve de participer à un tout dernier tournoi interscolaire de tennis en cette année qu’elle qualifie d’imprévue et décevante

Il y a des choses qu’on fait depuis la neuvième année, et on veut cette ponctuation à sa dernière année du secondaire, donc c’est comme si c’est pas très final, il manque quelque chose, souligne-t-elle. 

Un impact sur l’apprentissage?

Même si les professeurs ont vraiment des efforts pour offrir une éducation de bonne qualité à distance, Audrey Aubin croit que le contenu [des cours] n’était pas aussi explicite que ce qu’[elle] aurait vu en classe.  

Je pense qu’il a fallu vraiment rendre ça simple pour ne pas compliquer les choses. On a vu les choses un peu moins en détail [...], ce qui est triste parce que je pars à l’université avec un petit peu moins de connaissances que les classes avant moi, note-t-elle en ajoutant toutefois qu’elle ne pense pas que cela aura un impact considérable sur ses études postsecondaires.

Un garçon qui porte des lunettes

Benjamin Dennie de Blind River croit que l'année scolaire qui se termine lui a appris à travailler avec plusieurs contraintes.

Photo : Benjamin Dennie

Élève en dixième année à l’École Jeunesse-Nord de Blind River, Benjamin Dennie ne sait vraiment pas s’il sera prêt à prendre [ses] cours [de science] de l’année prochaine, même s’il dit avoir essayé de son mieux de faire tous ses travaux cette année.

J’espère qu’ils vont changer quelque chose pour que nous soyons prêts et qu’on puisse commencer du bon pied le prochain semestre, fait-il savoir.      

De nombreuses leçons apprises

Pour Audrey Aubin, la pandémie n’aura pas été que négative, car elle lui a permis d’apprécier [son] parcours, [ses] amis, l’expérience qu’elle a eue

Ça m’a fait avancer et remarquer qu’il faut vraiment prendre nos choses aux sérieux, apprécier la vie et la vivre au jour le jour parce qu’on ne sait jamais quand tout va être chamboulé et qu’on n’aura pas la chance de vivre une vie comme celle qu’on pensait avoir, affirme-t-elle.

Voulant devenir avocate spécialisée en droit des affaires, Audrey Aubin avait prévu poursuivre ses études à Ottawa, mais les circonstances créés par la crise de la COVID-19 l’ont fait changer d’avis. Elle a finalement décidé de rester chez elle et de s’inscrire à l’Université de Hearst, où les cours s’offrent en blocs de trois semaines d’affilée.  

Surtout avec les cours en ligne, je me suis rendu compte que la formule des cours en blocs de l’Université de Hearst était intéressante et allait m’aider à me concentrer [...] Vu ce qui se passe, c’était mieux pour moi, pour ma santé mentale et mon rendement scolaire de rester à Hearst, explique-t-elle. 

Une fille qui sourit

Chlöé Madore-Bouffard estime que l'année scolaire qui s'achève a été imprévue et décevante.

Photo : Chlöé Madore-Bouffard

L’apprentissage à distance a permis à Chlöé Madore-Bouffard d’acquérir davantage à l’indépendance de devoir se débrouiller avec ses travaux à la maison, qui lui sera aussi utile, à son avis, dans les études en commerce qu’elle entame en septembre à l’Université McGill.

Pour sa part, Benjamin Dennie dit avoir appris à travailler avec des limites. Mais l’une des expériences marquantes de l’élève pendant la crise a eu lieu sur le plan professionnel, car l’emploi à temps partiel de préposé de pharmacie qu’il occupe est soudainement devenu essentiel.

« Je suis très reconnaissant envers les gens qui travaillent dans les hôpitaux et les travailleurs essentiels. Voir l’importance de mon emploi dans une pandémie, ça a changé toute ma perspective. »

— Une citation de  Benjamin Dennie, élève de 10e année à l’École secondaire catholique Jeunesse-Nord
Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Son collègue de travail et élève finissant de la même école, Mathieu Boivin, se rappelle des longs quarts de travail qu’il a dû commencer à effectuer au début de la crise, en raison de l’imposition de la limite d’un mois pour le renouvellement des médicaments sur ordonnance. En cette année scolaire qu’il décrit comme assez folle, l’expérience lui a permis de se rendre de compte du point auquel [ses] parents travaillent fort

Nos parents travaillent toute la journée puis ils reviennent le soir et ils prennent soin de nous. Après le travail, les devoirs, je veux juste me coucher. Mais eux, ils continuent, ils nous emmènent au hockey, au baseball, observe-t-il.

Un garçon qui sourit

Mathieu Boivin compte entamer des études en criminologie à l'Université Laurentienne cet automne.

Photo : Mathieu Boivin

Même si la suspension des cours en classe ne leur a pas donné la possibilité de côtoyer leurs camarades comme ils l’auraient voulu, les élèves sont convaincus que l’année scolaire sera tout de même mémorable. 

Même si ce n’est pas commode et que ce n’était pas envisagé, dans 20 ans, je pourrais dire que je faisais partie de la classe des gradués pendant une pandémie, conclut Chlöé Madore-Bouffard.

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