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La culture de houblon dans le Nord de l'Ontario, un pari audacieux

Cynthia Guindon, copropriétaire de la houblonnière de Verner.

Cynthia Guindon sur sa houblonnière en 2016.

Photo : Radio-Canada/Frédéric Projean

Alors que le marché de la bière artisanale est encore jeune dans le Nord de l’Ontario, celui du houblon est quasi-inexistant. Les défis? Des investissements astronomiques et à long terme.

C’est ce qu’a réalisé Cynthia Guindon, copropriétaire d’une houblonnière de Verner ayant cessé ses activités commerciales.

Il faut investir près d’un million de dollars pour pouvoir en vivre. Ce n’est pas le genre d’argent que je peux sortir de ma poche arrière, lance-t-elle, sourire en coin.

Cultiver un acre de houblon nécessite de 20 000 à 25 000 dollars d'investissement initial, estime Mme Guindon. Et pour qu’un plant de houblon arrive à maturité, il faut patienter au moins 3 ans.

Or, pour être concurrentiels, elle explique que les producteurs de houblon doivent voir grand. Comme le marché est occupé par de grandes entreprises de la Colombie-Britannique, des États-Unis, d’Europe et de la Nouvelle-Zélande, la compétition est féroce.

Pour cultiver du houblon, il faut que tu aies les reins solides

Cynthia Guindon, copropriétaire d’une houblonnière de Verner ayant cessé ses activités
Un brasseur verse du houblon dans un baril servant à produire de la bière.

Au printemps, le houblon a besoin de températures froides, soit moins de 4 °C, pour grandir.

Photo : gracieuseté

Grandir ensemble

En Ontario, la majorité des fermes de houblon sont encore jeunes. Leur capacité de production est donc encore limitée. En 2012, on en comptait cinq producteurs dans la province - un nombre maintenant décuplé.

Conséquemment, le houblon ontarien coûte 5 à 10 $ de plus la livre que celui des grands producteurs, selon les brasseurs consultés par Radio-Canada. Le houblon nord-ontarien lui, est encore rarissime.

Les brasseurs locaux sont prêts à faire l’effort [d’acheter du houblon local], mais ultimement, ils ont eux aussi des défis économiques, explique Mme Guindon. C’est aussi pour ça qu’on ne s’est pas lancé pour devenir plus gros. Les brasseurs près de nous devaient encore développer leur entreprise.

Cela n’a pas empêché à la houblonnière de conclure quelques partenariats avec des brasseries du Nord de l’Ontario entre 2015 et 2017. La Brasserie Stack, dans le Grand Sudbury, a notamment produit trois bières avec leur houblon.

On utilise parfois du houblon ontarien, mais c’est plus dispendieux, explique Shawn Mailloux, propriétaire de la brasserie. Les IPA, quand on met beaucoup de houblon dedans, c’est le coût du houblon qui va décider si on va pouvoir acheter localement ou si on devra acheter des gros producteurs.

Le propriétaire de la microbrasserie Stack à Sudbury, Shawn Mailloux, avec une canette de bière à la main dans les locaux de production.

Le propriétaire de la microbrasserie Stack à Sudbury, Shawn Mailloux

Photo : Radio-Canada / Samantha Samson

La situation similaire est à la brasserie Full Beard, à Timmins. Du houblon local à prix décent, ça n'existe pas, rigole le copropriétaire Benjie Potvin. Pour remédier au problème, l’entreprise a trouvé une solution créative : elle cultive son propre houblon utilisé pour le brassage de sa bière Switch-A-Roo.

Développer le terroir nord-ontarien

Mme Guindon explique que c’est pour contribuer au terroir nord-ontarien qu’elle s’était lancée, avec son mari, dans la culture de houblon.

Dans certains types de sols, certaines plantes vont développer une saveur particulière. Quand on parle de produit du terroir… c’est ça!

Cynthia Guindon, copropriétaire d’une houblonnière de Verner ayant cessé ses activités

Le terroir commence à se développer dans le Nord de l’Ontario. C’est important de conserver la fierté de consommer localement, conclut-elle.

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