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Les adultes du quartier Notre-Dame 4 fois plus exposés à l’arsenic

Des maisons du quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda, une cheminée de la Fonderie Horne en arrière-plan.

Les adultes, tout comme les enfants du quartier Notre-Dame, sont quatre fois plus exposés à l'arsenic. (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Annie-Claude Luneau

Les adultes du quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda sont eux aussi quatre fois plus imprégnés à l'arsenic que des citoyens d'un groupe témoin à Amos.

C'est ce qui ressort de l'étude de biosurveillance menée l'automne dernier, dont le dévoilement des résultats avait été retardé par la pandémie de COVID-19.

Dans une lettre envoyée aux participants de l'étude, la Direction de la santé publique indique que la concentration moyenne d'arsenic retrouvée dans les ongles des adultes du quartier s'élève à 138 nanogrammes par gramme, comparativement à 33 pour le groupe témoin.

Chez les enfants, le taux est aussi quatre fois plus élevé que chez le groupe témoin, comme l'affirmait la première étude. Les enfants ont en moyenne 337 ng/g d'arsenic dans les ongles, contre 95 chez les enfants du groupe témoin d'Amos.

Une rencontre d'information est prévue jeudi prochain pour répondre aux questions des citoyens.

Cette lettre, signée par la Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la santé publique, rappelle que l’arsenic est une substance cancérigène et qu’une exposition à long terme augmente la probabilité de développer un cancer, principalement du poumon, et peut entraîner des effets neurodéveloppementaux chez les enfants. Cependant, l’étude de biosurveillance permet seulement de comparer le niveau d’imprégnation à l’arsenic des résidents du quartier avec celui de la population générale, peut-on lire dans la missive, qui indique aussi que ces résultats ne permettent pas de prédire s’il y aura des impacts tangibles sur la santé.

Face à ces constats, la DSPu maintient les recommandations du rapport de l’étude de biosurveillance de 2018 et demande à ce que des mesures concrètes soient mises en place immédiatement afin que la population ne soit plus exposée de façon chronique à des émissions atmosphériques d’arsenic. La DSPu entend suivre de très près la situation et travaille activement à l’amélioration de la situation en collaborant avec les différents acteurs concernés, poursuit Dre Sobanjo dans cette lettre.

Rappelons qu’un comité inerministériel a été mis sur pied pour analyser les mesures proposées par la Fonderie Horne pour réduire ses émissions d’arsenic dans l’air.

Une pancarte à vendre pour trop d'arsenic est plantée devant une maison.

Des citoyens du quartier sont inquiets depuis la première étude de biosurveillance, en 2018, qui visait les enfants. (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Un premier plan d’action a été déposé le 15 décembre et est toujours sous étude. La Fonderie, propriété de la multinationale Glencore, a annoncé cette semaine vouloir déposer un plan bonifié d’ici le 10 juillet.

Elle souhaite concentrer ses efforts d’amélioration dans le secteur de la roue de coulée. Des travaux dans ce secteur menés au cours des derniers mois ont mené à des améliorations, soutient la direction de la Fonderie.

Les données de la station légale indiquent que depuis le début de l'année 2020, la moyenne enregistrée d’arsenic dans l’air est de 48 nanogrammes par mètre cube, alors qu'elle se situait à 215 ng/m3 pour la même période en 2019. Rappelons que la norme québécoise se situe à 3 ng/m3.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé publique