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« Oubliez ça, la ligne bleue », dit le gouvernement

Québec et la STM mettent en garde contre des retards et des coûts supplémentaires après l'échec du projet de loi 61.

Christian Dubé s'adresse aux journalistes devant des drapeaux du Québec.

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, est déçu de l'échec de l'adoption du projet de loi 61.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Très déçu de ne pas être parvenu à faire adopter son projet de loi pour accélérer des projets d'infrastructure, le président du Conseil du Trésor a lancé un avertissement à ceux qui attendent impatiemment le prolongement de la ligne bleue du métro à Montréal.

Avec ce qui vient d'arriver, oubliez ça, la ligne bleue. Oubliez ça. C'est très clair.

Une citation de :Christian Dubé, président du Conseil du Trésor, en conférence de presse vendredi

Plus tôt vendredi, la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, a même affirmé que le projet est bloqué par la Loi sur l'expropriation. Les travaux du prolongement de la ligne bleue vers Anjou doivent débuter en 2021 pour une mise en service en 2026.

Le premier ministre François Legault a aussi déclaré, cette semaine, qu'il ne va rien se passer pendant les deux prochaines années dans ce projet de transport en commun sans l'adoption du projet de loi.

Christian Dubé affirme que le texte aurait permis de régler le fameux problème d'expropriations qui traîne depuis longtemps. Le projet de loi prévoyait de rendre impossible toute contestation d'expropriation.

On pourra regarder à l'automne [pour faire adopter le projet de loi], mais on aura perdu du temps, prévient Christian Dubé. Il ne faut pas hésiter à prendre des décisions difficiles dans les moments de crise, et c'est ça que l'opposition n'a pas été capable de faire.

Expropriations

Quarante-cinq terrains doivent être expropriés pour prolonger la ligne bleue, des commerces et des immeubles d'habitation. Un gros point de litige est l'emplacement du centre commercial Le Boulevard. Un budget de 305 millions de dollars a été prévu pour ces expropriations.

Pour le projet de Réseau express métropolitain (REM), Québec avait aussi adopté un projet de loi en 2017 dont l'une des mesures permettait d'accélérer le processus d'expropriation en empêchant la contestation des propriétaires.

Retards et surcoûts à prévoir, selon la STM

Le projet se poursuit et n’est pas sur pause, mentionne la porte-parole de la Société de transport de Montréal (STM), Amélie Régis, faisant référence à des études et des travaux d'architecture qui se poursuivent. Par contre, les expropriations sont essentielles au bon déroulement du projet.

Sans la loi 61, si ces expropriations ne sont pas réalisées rapidement, les retards seront importants et les coûts devront être révisés.

Une citation de :Amélie Régis, porte-parole de la STM

La STM n'a toutefois pas voulu commenter les propos spécifiques du ministre.

Tant qu'elle n'est pas propriétaire des terrains concernés, la Société de transport ne peut agir sur place, par exemple elle ne peut pas réaliser du carottage pour déterminer la composition du sol.

La mairesse de Montréal réagit

Le cabinet de la Valérie Plante rappelle que le prolongement de la ligne bleue est un projet d'infrastructure névralgique pour Montréal.

La métropole a un important retard à combler en ce qui a trait au développement de son réseau de transport collectif, il n'y a donc pas de temps à perdre, ajoute Youssef Amane, directeur des communications de la mairesse de Montréal.

Nous invitons les députés à poursuivre le travail amorcé afin de ne pas pénaliser la métropole, qui a grand besoin de ces projets pour amorcer sa relance.

Une citation de :Youssef Amane, directeur des communications au cabinet de Valérie Plante

La ligne bleue est toujours inscrite au Plan québécois des infrastructures (PQI), rappelle pour sa part Gaétan Barrette, porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports et pour le Conseil du Trésor.

Le gouvernement ne fait pas son travail dans les expropriations et les délais, affirme le député libéral. Il n'est pas nécessaire d'avoir une loi pour accélérer la ligne bleue, selon lui. La vitesse dépend de la qualité du travail.

À Québec solidaire, le leader parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois n'apprécie pas la déclaration de Christian Dubé : L'argumentaire de ce ministre a la subtilité des pépines qu'il prétendait vouloir faire démarrer avec son projet de loi mammouth.

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