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L’opposition condamne la gestion de la pandémie par le gouvernement Legault

Des questions importantes sur la gestion du gouvernement caquiste en début de crise demeurent sans réponse, clament les libéraux.

Dominique Anglade, debout s'adresse à l'assemblée. Marc Tanguay est assis à l'arrière plan.

Dominique Anglade, cheffe de l'opposition officielle, et Marc Tanguay, leader parlementaire de l’opposition officielle, à l'Assemblée nationale.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Les trois partis d’opposition s’entendent pour dire que la gestion de la pandémie de COVID-19 au Québec n’a pas été adéquate. Ils ont fait ce constat vendredi, à l’occasion de leurs points de presse respectifs qui marquent la fin de la session parlementaire.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) déplore que trop de questions demeurent sans réponse, notamment à propos de la démarche, qu’il juge tardive, pour commander du matériel de protection destiné au personnel de la santé, alors que le gouvernement savait que la crise approchait.

Ce n’est que le 27 février, un mois après la confirmation d’un premier cas au Canada, qu’une commande a été passée par le gouvernement, a dénoncé la cheffe de l’opposition, Dominique Anglade.

Un délai invraisemblable, selon la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, qui demande aussi pourquoi une cellule de crise n’a pas été formée plus tôt.

D’autres provinces ont agi plus rapidement, selon le PLQ. On a besoin de comprendre quand les décisions ont été prises, qui les a prises et quelles ont été les conséquences, a résumé Dominique Anglade.

Ces réponses apparaissent essentielles au PLQ, afin d’éviter de se retrouver dans une situation semblable à l’avenir.

« Ça a mal été », tonne Manon Massé

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, suivis d'un homme non identifié, marchent et portent un masque.

Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, ont présenté le bilan de la session parlementaire de Québec solidaire à Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Québec solidaire (QS), qui a tenu son point de presse avant ceux des deux autres partis de l’opposition, a aussi vivement critiqué le bilan du gouvernement Legault.

La cheffe Manon Massé estime que, malgré une gestion efficace au début, dont le PQ a également convenu, le gouvernement a rapidement perdu le contrôle quand le virus a fait son entrée dans les résidences pour personnes âgées.

Résultat : plus de 5000 personnes sont mortes de la COVID-19 au Québec, la majorité dans des CHSLD et des résidences privées pour aînés (RPA). C’est plus que toutes les provinces canadiennes réunies, a déploré Manon Massé, la voix étouffée par l’émotion. Il n’y a pas de quoi être fier.

Quand M. Legault a dit : "Ça va bien aller", je crois qu’il était sincère. Mais force est de reconnaître que ça a mal été.

Manon Massé, cheffe de Québec solidaire

Combien de vies on aurait sauvées si on avait payé les préposés aux bénéficiaires comme du monde avant la crise? Si on avait entendu la détresse des infirmières avant la crise?, a renchéri le leader parlementaire de la formation politique, Gabriel Nadeau-Dubois.

Les deux députés montréalais ont en même temps dirigé une part du blâme vers le Parti libéral.

[Le gouvernement Legault] s’est retrouvé à gérer un système de santé saccagé pendant 15 ans par les libéraux, a rappelé Manon Massé, évoquant au passage la gestion de crise exemplaire en Colombie-Britannique, qui a agi en voyant venir la pandémie, plutôt que d’attendre que le problème soit là pour réagir.

Mme Massé a par ailleurs souligné la collaboration que les élus de QS ont fournie.

On a fait la promesse de travailler avec le gouvernement Legault pour aider la population à passer au travers cette période difficile, a rappelé la cheffe du deuxième groupe d’opposition. C’est ce qu’on a fait.

Elle a notamment énuméré plusieurs mesures mises de l’avant par sa formation politique, et qui se sont concrétisées dans les dernières semaines, dont la formation accélérée des préposés aux bénéficiaires et la prime aux travailleurs agricoles.

À des fins politiques

M. Bérubé marche devant M. Ouellet dans un corridor.

Pascal Bérubé et Martin Ouellet, respectivement chef parlementaire de la troisième opposition et leader parlementaire du Parti québécois, arrivent à la conférence de presse sur le bilan de la session parlementaire à Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le Parti québécois (PQ) reproche pour sa part au gouvernement Legault d’utiliser la tribune que lui donne la pandémie pour servir ses fins politiques.

Lors de ses points de presse, le gouvernement essaie de passer des messages qui ne s’adressent pas tant aux personnes intéressées par la pandémie, mais sur sa formation politique et sur pourquoi elle est essentielle pour la suite, a dénoncé le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé.

Le premier ministre a déjà évoqué son deuxième mandat cette semaine [...] Ses points de presse sont de plus en plus politiques et de moins en moins [sur] la santé publique.

Pascal Bérubé, chef du Parti québécois

Pascal Bérubé a salué la bonne communication des caquistes dans la première phase de la pandémie, ce qui a permis de créer l’adhésion de la population aux mesures de confinement.

Mais quand la situation s’est envenimée dans les CHSLD, les Québécois ont été déçus de la ministre responsable des Aînés, parce qu’elle a passé plus de temps à défendre son bilan, tantôt libéral, tantôt caquiste, qu’à trouver des solutions, a dit Pascal Bérubé.

Il reproche à Marguerite Blais de continuer de donner la priorité aux maisons des aînés plutôt qu’au maintien à domicile, ce que souhaitent pourtant de nombreux aînés.

Le PQ reproche aussi au gouvernement d’improviser, plutôt que de planifier.

La députée de Joliette et porte-parole en matière d’éducation, de justice et de famille, Véronique Hivon, a fait état des difficultés dans le domaine de l’éducation, et a souligné qu’il s’est écoulé des semaines avant qu’on sache ce qui était attendu du réseau et des élèves.

On est maintenant dans la troisième phase du confinement, la dégringolade s’est accélérée, a-t-elle dit. Beaucoup de communication, pas de planification, improvisation, changements d’orientation [...] les parents, les enseignants, les directions [d’école] ne savaient plus où donner de la tête.

Le leader parlementaire du PQ et député de René-Lévesque, Martin Ouellet, a pour sa part souligné l’apport des députés de son parti depuis le début de la pandémie. Il a fait état du travail et de propositions audacieuses faits par plusieurs députés dans divers domaines, notamment celle de Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine et porte-parole en Santé, sur les lanceurs d’alerte dans les CHSLD.

M. Ouellet a aussi souligné le travail de collaboration avec le gouvernement, notamment lors de l’annonce de la réouverture des services de garde, où des députés du PQ ont mis l’épaule à la roue afin de faire en sorte que du matériel de protection soit disponible.

Le projet de loi 61 dénoncé

Comme l'avaient fait en matinée le PQ et QS, le PLQ a profité de son point de presse pour s’en prendre au projet de loi 61, dont l’adoption a été reportée à l’automne.

Un projet de loi qui, à sa face même, [est] un affront à tous les principes démocratiques, a dit le leader parlementaire de l’opposition officielle, Marc Tanguay.

Pascal Bérubé a fustigé le gouvernement Legault qui utilise la situation et sa popularité actuelles pour réaliser ses rêves de pouvoirs supplémentaires. Des pouvoirs discrétionnaires [qu’il veut] prolonger indéfiniment, a-t-il lancé.

Le François Legault qui gouvernait en suivant la santé publique a disparu le jour ou il a présenté le projet de loi 61. Le François Legault qui gouverne aujourd’hui veut gouverner seul, par décret, a déploré pour sa part Gabriel Nadeau-Dubois, accusant le gouvernement de vouloir ramener le Québec en arrière.

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