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SABSA offrira le premier service de consommation supervisée de Québec

Des boxes d'injection vides dans un centre supervisé

Québec n'a actuellement aucun site de consommation supervisée.

Photo : The Associated Press / Rick Rycroft

La coopérative de solidarité SABSA a été retenue pour gérer le tout premier service de consommation supervisée de Québec, a appris Radio-Canada.

La clinique du quartier Saint-Roch, qui travaille déjà en prévention des surdoses et des infections, a vu sa proposition retenue par le CIUSSS de la Capitale-Nationale au terme d'un appel de projets lancé ce printemps.

Au cours des prochaines semaines, on mettra tout en branle afin d’amorcer les travaux avec l’organisme et les autres partenaires pour construire le projet et offrir rapidement les services, confirme Vincent Lamontagne, directeur adjoint des communications au CIUSSS.

Un site de consommation supervisée permet aux utilisateurs de drogues par injection de consommer sous supervision dans un environnement stérilisé. D'un point de vue de santé publique, il vise à limiter la transmission de certaines infections comme le VIH ou l'hépatite B par du matériel d'injection souillé.

La présence de personnel de soin permet également de réagir rapidement en cas de surdose, notamment aux opioïdes comme le fentanyl.

Amélie Bédard, directrice générale de la coopérative de solidarité SABSA, rappelle que cette clientèle, qui demande le service depuis longtemps, est souvent désaffiliée du réseau de la santé.

Pas de détails

Lors du lancement de l'appel de projets, à la fin mars, l'objectif était d'offrir les services dès la fin de 2020. Or bien des détails n'ont pas encore été déterminés et les pourparlers commenceront la semaine prochaine avec SABSA. L'échéance est tout de même maintenue, assure-t-on au CIUSSS.

Reste que plusieurs éléments qui avaient été établis, comme le lieu, ne sont plus définitifs.

L'automne dernier, le plan était de construire un bâtiment neuf dans Saint-Roch, à l'angle des rues Saint-Ansleme et du Prince-Édouard, sur un terrain appartenant au CIUSSS. L'intention était d'ouvrir d'abord le service dans une unité temporaire puis de transférer de façon permanente dans le nouvel immeuble.

Cette stratégie n'est plus certaine.

Tout est encore sur la table, affirme Claudine Lemay, directrice adjointe des programmes de santé mentale et dépendances au CIUSSS. On doit amorcer les discussions avec SABSA pour préciser les modalités, où seront offerts les services, sous quelle forme et avec quelle équipe clinique.

Une fois les détails peaufinés, le CIUSSS devra envoyer son dossier à Santé Canada, qui doit délivrer une exemption pour permettre l'opération du site. Mme Lemay a confiance que les choses iront bon train.

C'est une bonne nouvelle pour les utilisateurs qui attendent le développement du service de consommation supervisée depuis longtemps.

Claudine Lemay, directrice adjointe des programmes de santé mentale et dépendances au CIUSSS

À noter que SABSA détient depuis quelques temps une unité mobile pour la prévention des surdoses sur le territoire de la ville et en périphérie. L'option d'un site mobile fait partie des solutions envisagées mais rien n'a encore été arrêté. De tels sites existent dans d'autres villes au pays, dont Montréal.

Un camion Mercedes blanc porte l'inscription de Sabsa

L'unité mobile de la coopérative de solidarité SABSA.

Photo : Radio-Canada / Hans Campbell

Nouveau départ

Cette entente marque un nouveau départ pour le projet et la fin d'une longue saga.

Ce premier site de consommation supervisée est dans les cartons depuis une décennie à Québec. Après des années de démarchage, l'organisme Point de Repères était parvenu à s'impliquer comme partenaire avec le CIUSSS pour la mise sur pied du projet.

Le maire de Québec et la police de Québec ont été sensibilisés à ses bienfaits et ont chacun donné leur aval en cours de route. Le choix d'un premier site avait été annoncé au printemps 2018.

La grogne populaire et des questions de logistique ont finalement poussé les deux partenaires à regarder ailleurs pour un terrain. Dans la foulée, un choc des cultures organisationnelles a fini par compromettre le partenariat, certains détails du projet ayant changé.

Le maître d'œuvre étant le CIUSSS et le terrain convoité étant sa propriété, Point de Repères s'est inquiété que les UDI ne fréquentent pas le bâtiment s'il était trop institutionnel.

À cet égard, SABSA convient qu'il faut trouver un équilibre. Amélie Bédard souligne que la clinique a une entente de partenariat avec le CIUSSS depuis 2016 et que cette mixité existe déjà au sein de la coopérative.

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