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Plusieurs changements à prévoir à la rentrée scolaire au Nouveau-Brunswick

Les écoles devront s'organiser pour réduire les interactions entre les élèves (archives).

Photo : Gracieuseté de la Commission scolaire de l'Or-et-des-Bois

Radio-Canada

Les élèves du Nouveau-Brunswick pourront retourner en classe en septembre, mais il faut s'attendre à plusieurs changements. Au primaire, les groupes seront réduits à 15 élèves par classe. Les élèves d'une classe pourront interagir, mais pas avec ceux des autres classes. Au secondaire, les élèves passeront une journée sur deux à l'école.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

L’accès du public aux écoles sera limité et les visiteurs devront prendre un rendez-vous avant de s'y rendre. Les écoles devront aussi s'organiser pour réduire les interactions entre les élèves, que ce soit lors des entrées et des sorties, ou lors des repas.

Les élèves au secondaire côtoient généralement entre 125 à 150 élèves à chaque jour, qui est beaucoup d'interaction. Donc dans le but de minimiser les risques on a choisi de diminuer les interactions en demandant aux élèves d'être à chaque deux jours à la maison, explique Marcel Lavoie, sous-ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance.

Ces changements dans les écoles apporteront de nouveaux défis, mentionne pour sa part le ministre Cardy.

C'est prévu qu'on va avoir besoin d'embaucher de nouveaux enseignants-enseignantes, pour soutenir le système, pour soutenir les changements qui [sont] annoncés aujourd'hui, entrevoit-il.

Le ministre Cardy estime que les enseignants seront en mesure de faire rattraper aux élèves le temps perdu ce printemps dans les écoles.

Dominic Cardy donne une conférence de presse.

Le ministre de l'Éducation, Dominic Cardy, a donné vendredi un aperçu des changements auxquels il faut s'attendre à la rentrée scolaire.

Photo : Radio-Canada

On a quelques mois maintenant pour faire les préparations, et je suis certain qu'avec leur professionnalisme, les enseignants-enseignantes de notre province vont prendre avantage de cette opportunité pour rattraper la période d'éducation qui a été manquée ou incomplète pendant les dernières semaines, dit-il.

L'opposition croit que le plan pour septembre devrait aussi tenir compte de la possibilité qu'une nouvelle vague de COVID-19 touche la province.

D'après moi, on devrait avoir un plan B et un plan C, qui va justement prendre en conséquence quoi qu'il arrive si y a quelque chose qui change, avance Chuck Chiasson, porte-parole libéral en matière d'éducation.

Chantal Varin, directrice de l’Association des parents du Nouveau-Brunswick, se dit contente d’avoir une première image de ce plan pour la rentrée scolaire 2020.

Il y a une partie où l’on veut assurer la sécurité de nos jeunes. Ça, c’est important, parce que la sécurité de nos jeunes, c’est aussi la sécurité de nos familles. Il y a encore plein de questions non répondues. Certainement, il y a des interrogations qui nous amènent des préoccupations, indique-t-elle.

Des craintes quant au décrochage scolaire

Le Conseil d’éducation du District scolaire francophone Nord-Est (CED) est inquiet des mesures du ministère de l’Éducation. Pour la direction du CED, ce plan ne correspond simplement pas à la réalité de l’éducation en milieu rural.

Fenêtres d'une école.

Les écoles sont fermées depuis le 13 mars au Nouveau-Brunswick. La dernière journée officielle était le 12 juin.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Celui-ci demande un meilleur droit de gestion de son système scolaire pendant cette crise de santé.

Certaines mesures ne correspondent pas aux besoins uniques des régions de la province qui doivent s’adapter à des contextes différents, qu’ils soient ruraux ou urbains, dit Ghislaine Foulem, la présidente du Conseil d’éducation du District scolaire francophone Nord-Est.

Pour la présidente, les mesures annoncées par le ministre de l'Éducation risquent d'amoindrir l’expérience des élèves.

Les mesures que doivent implémenter les écoles nous portent à croire que le taux de décrochage risque d’augmenter.

Ghislaine Foulem, présidente du Conseil d’éducation du District scolaire francophone Nord-Est

On parle ici d’un retour en arrière qui ne considère pas toutes les dimensions que [comporte] la réussite scolaire ainsi que le mieux-être des élèves, tout particulièrement leur développement affectif et social, soutient Mme Foulem.

Le CED a ajouté que cette nouvelle forme d’apprentissage ne favorisera pas l'ensemble des étudiants et que les inégalités d’apprentissage risquent de se creuser entre les élèves, surtout pour les élèves de 12e année, qui seront en classe un jour sur deux.

Les classes de secondaire qui seront seulement un jour deux sont une mesure peu populaire. La directrice de l’Association des parents du Nouveau-Brunswick craint elle aussi que ces jeunes décrochent s’ils ne sont pas stimulés.

Comment nos jeunes vont arriver à garder une motivation? Et qu’est-ce que cela veut dire pour les parents? demande Chantal Varin.

Manque d'enseignants

De son côté, le le District scolaire francophone Sud (DSFS) se veut plus modéré. Si le plan de Dominic Cardy comporte de nombreux défis, le DSFS promet de se mobiliser afin de mettre en place au mieux toutes les mesures.

Les restrictions au niveau du nombre d’élèves par classe représentent un défi de taille pour notre district, qui compte une large population étudiante et des écoles remplies à pleine capacité, particulièrement dans les plus grands centres urbains, explique Monique Boudreau, la directrice générale du DSFS.

Monique Boudreau, directrice du District scolaire francophone Sud.

Monique Boudreau, directrice du District scolaire francophone Sud

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Pour le District scolaire francophone Sud, le plus grand défi se trouve sur le plan des ressources humaines. En effet, pour s’ajuster aux nouvelles règles de petites classes et de distanciation, il va y avoir besoin de plus d'enseignants et de plus de personnel pour assurer la logistique, notamment celle du transport scolaire.

Bien que ces mesures soient difficiles à implanter, nous travaillons sans relâche pour que toutes nos écoles, notre personnel et nos élèves soient prêts pour la rentrée scolaire 2020 , conclut la directrice du DSFS.

Des réponses en suspens

L'idée des classes réduites est l’une des mesures qui rassurent les parents du point de vue de la santé. Mais la directrice de l’Association des parents du Nouveau-Brunswick souligne que cela va demander beaucoup d’organisation.

Si on pense par exemple au Sud [DSFS], où l’on sait qu’on a déjà des écoles qui débordent. Qu’est-ce que cela veut dire de créer plus de classes? Ou est-ce qu’on va mettre ces enfants-là? s'interroge Chantal Varin.

Cette dernière se demande aussi comment ce plan sera mis en place dans chaque établissement.

Elle se dit aussi inquiète par le sort des activités artistiques et des services annexes (musique, arts, littératie), qui sont reconnus comme importants pour le développement des élèves et qui risquent de disparaître dans ces conditions.

Les détails sur le fonctionnement de chaque école seront précisés au cours des prochains mois, avant la rentrée de septembre.

Avec les informations de Michel Corriveau

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