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Richard Labrie revient sur la tragédie de Lac-Mégantic

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le reportage de Marie-Hélène Rousseau

Radio-Canada

Tout près de sept ans après la tragédie de Lac-Mégantic, l’ancien contrôleur de la circulation ferroviaire de la Montreal Maine & Atlantic (MMA), Richard Labrie, blanchi de toutes accusations criminelles et pénales, accepte finalement de revenir sur ce qu’il a vécu dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013. Et surtout sur le long cheminement qui s’en est suivi.

Lac-Mégantic la dernière nuit; lire la BD reportage

Même s’il n’est pas dessiné dans la BD documentaire Lac-Mégantic, La dernière nuit, Richard Labrie est présent du début à la fin du récit. La nuit du déraillement, il était en poste à Farnham. Son rôle était de diriger les convois qui circulent sur les rails de la MMA. Étant à distance, il a ressenti un intense sentiment d’impuissance lorsque le train a explosé au coeur du centre-ville de Lac-Mégantic.

J’étais tout seul dans ma cage. C’est dans ma tête, c’est imprimé à jamais, cette nuit-là. C’est sûr qu’il y a des flashbacks souvent, très souvent. Qu’est-ce qui est arrivé, pourquoi c’est arrivé?

Richard Labrie

Si la nuit de la tragédie le marquera à jamais, le moment de son arrestation le fera aussi. En mai 2014, lui et ses deux anciens collègues, Thomas Harding et Jean Demaître, ont été arrêtés et accusés de négligence criminelle ayant causé la mort des 47 victimes de la tragédie.

C’était l’interrogatoire, tout le show, presque l’intimidation. Quand j’ai commencé l’interrogatoire j’étais un bon gars, mais rendu à minuit j’étais un pas bon, un pourri, un trou de cul. Ils essayaient que j’implique mes deux confrères de travail, ce que je n’ai pas fait.

Le policier disait: "t’aurais pu faire ci ou ça." Un an après, c’est facile de dire ça. Mais au moment de la tragédie, j’ai pris les meilleures décisions avec les informations que j’avais.

Richard Labrie soutient s’être inspiré de la résilience des Méganticois pour traverser les longues procédures judiciaires. Il a d’ailleurs senti le soutien de la population.

On a eu plus de soutien des gens de Mégantic qu’on en a eu de nos confrères de travail, de la compagnie MMA et des syndicats.

Richard Labrie, ancien contrôleur de la circulation ferroviaire (MMA)

Il affirme s’être senti abandonné par son employeur. Ils nous ont backstabbé, jeté en pâture, dit celui qui a quitté le domaine ferroviaire après la tragédie, un univers qui le passionnait.

Aujourd’hui, il se permet quelques réflexions.

Le problème, c’est que les voies appartiennent aux compagnies, qui font ce qu’elles veulent sur leurs voies. Le gouvernement a laissé tomber bien des affaires en disant, vous allez vous autogérer. Les grosses compagnies ont quand même un cadre rigoureux, mais les petites compagnies n’ont pas ça. C’est le Far West, c’est ce qu’on a vécu.

On oublie Mégantic, on oublie ce qui est arrivé. Les vieilles habitudes vont revenir. Il va y avoir d’autres Mégantic qui vont arriver si les patterns ne changent pas, croit Richard Labrie.

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