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Hôtellerie : l'aide au tourisme « ne sauvera personne »

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Les hôteliers sont presque sans revenus depuis près de trois mois.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Félix Morrissette-Beaulieu

Les 250 millions de dollars investis par Québec pour soutenir le secteur de l’hôtellerie permettront difficilement à bon nombre d'hôteliers de survivre à la crise de la COVID-19.

Un autre volet de l'annonce d'hier du gouvernement consistera en un montant de 446 millions de dollars offerts sous forme de prêts avec des conditions adaptées à l'industrie touristique.

Il s'agit de prêts et non d'investissements directs, insiste Marjolaine de Sa, directrice générale de l’association hôtelière de la région de Québec. Pour elle, cette annonce est un premier pas, mais il en faudra bien plus.

Cette aide-là, malheureusement, ne sauvera personne, déplore Mme de Sa, rappelant que les gîtes, les auberges de jeunesse et les résidences pour étudiants ne sont toujours pas accessibles.

Chaque jour, c’est de l’argent qu’ils perdent, on arrive dans notre saison touristique où les hôteliers sont capables de faire de l’argent pour payer les six autres mois où ils sont déficitaires., ajoute-t-elle.

Les compagnies pourront aussi obtenir un  pardon  équivalent à 25 % des sommes empruntées dans le cadre du programme, pour un maximum de 100 000 $ par établissement touristique.

100 000 $ pour les plus gros établissements, c'est quelques jours. Pour les petits, c'est une semaine, deux semaines, analyse Mme de Sa.

Le grand gagnant, c’est le tourisme québécois, mais il n’y a pas vraiment de mesures d’aide pour les établissements d’hébergement.

Marjolaine de Sa, directrice générale l’association hôtelière de la région de Québec
L'hôtel Delta Québec sur le boulevard René-Lévesque Est.

L'hôtel Delta Québec sur le boulevard René-Lévesque Est.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Robin

Scénario optimiste

Espérer accueillir 50 % de l’achalandage annuel cet été, comme l'a avancé le gouvernement, relève de l’optimisme, selon la directrice.

Malheureusement, ce n’est pas ça qu’on a dans les livres actuellement. On regarde plus dans les 15 % à 20 % des taux d’occupation, alors qu'il nous faut entre 40 % à 45 % pour couvrir les frais fixes des établissements.

Mme de Sa signale que des établissements d’hébergements ont déjà commencé à mettre la clé sous la porte. Jusqu’à 30 % d'entre eux pourraient être forcés de fermer.

Frais fixes

Aux prises avec de nombreux frais fixes, l'aide sous forme de prêt représente une épée de Damoclès pour les hôteliers, croit pour sa part Dany Thibault, président de l’Association Hôtellerie Québec.

On n’est pas très emballés. Il faudra voir les modalités. Les prêts, habituellement, c’est long. On a besoin d’argent à court terme.

C’est dans quatre semaines les grandes obligations de paiements de taxes foncières, de TPS et TVQ. Tout est dû dans les quatre prochaines semaines. Il nous faut de la liquidité et on n’a pas de clients, déplore le président.

Québec et Montréal auront particulièrement besoin de soutien, selon lui. Pour Montréal, Québec, l’annonce d’aujourd’hui, c’est une catastrophe qui ne permet pas de combler la baisse du nombre de touristes internationaux et l’annulation des croisières, notamment.

La question qu’il faut se poser, c’est : est-ce qu’aujourd’hui ces mesures font faire en sorte qu’un opérateur qui est fermé aujourd’hui va prendre la décision d’ouvrir demain matin ? Poser la question, c’est y répondre.

Dany Thibault, président de l’Association Hôtellerie Québec

Passer l’été, et après ?

Le manque d’aide directe pourrait aussi se faire sentir dans les prochains mois, selon Erwan Franchet, directeur général de l’Hôtel le Priori, à Québec. On parle essentiellement de prêts. Ça ne va pas régler nos problèmes d’endettement.

On sait que l’été ne nous permettra pas comme d’habitude d’engranger assez de recettes pour passer toute l’année. L’hiver risque d’être très compliqué. On aura besoin d’autres aides pour passer la crise, estime l’hôtelier.

Son établissement était habituellement composé majoritairement de touristes internationaux. On sera très heureux d’accueillir les Québécois, mais ce ne sera pas suffisant.

Il réclame un congé de taxes municipales et provinciales.

Les incitatifs appréciés

Le gouvernement souhaite offrir une série de forfaits et de rabais pour des activités touristiques, comme un passeport donnant accès à deux, trois ou quatre attractions allant jusqu'à 40 % de rabais.

Une chose qui nous fait plaisir, c’est de voir les incitatifs pour inciter les Québécois à venir nous visiter cet été, commente Christiane Germain, copropriétaire du Groupe Germain. On encourage les Québécois à nous encourager, résume-t-elle.

Les Québécois auront donc un rôle crucial à jouer pour la survie de plusieurs établissements.

L’été va être très important pour la vie de plusieurs entreprises pour le futur. On a souffert beaucoup beaucoup dans les derniers mois. On ne sait pas quand on va s’en remettre, conclut la femme d’affaires.

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