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Le combat de la dernière chance

Depuis son entrée dans la UFC, en 2019, Marc-André Barriault a livré trois combats qu’il a tous perdus. Le 20 juin, il aura une ultime chance de se racheter, et pour y arriver, il compte sur deux amis de longue date.

Marc-André Barriault s'entraîne à l'extérieur à l'aide de poids et haltères.

Tous les matins, Marc-André Barriault s'entraîne à l'extérieur depuis trois semaines.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Gauvin Blanchet

Barriault se mesurera au Polonais Oskar Piechota, dans un peu plus d'une semaine, à Las Vegas. Un affrontement à huis clos qu’il doit absolument gagner, s'il ne veut pas mettre un terme à son aventure dans la plus grande ligue mondiale d’arts martiaux mixtes.

Depuis la fin du mois de mai, le combattant se lève tous les matins dans une roulotte rouge stationnée dans un quartier résidentiel de sa ville natale de Gatineau. Le poids moyen qui vit normalement à Québec souhaitait revenir aux sources.

C’est sûr qu’on peut voir ça comme le combat de la dernière chance, dit-il en se préparant un café. J’avais besoin de me retrouver dans ma bulle.

Marc-André Barriault vit dans une roulotte dans le cadre de son entraînement pendant la pandémie.

Le combat de la dernière chance

Photo : Radio-Canada / Sébastien Gauvin Blanchet

Deux de ses meilleurs amis gatinois ont tout mis de côté pour l’entraîner : Julien Leblanc, combattant professionnel d’arts martiaux mixtes, et le champion du monde de lethwei, la boxe birmane, Dave Leduc.

À 28 ans, ce dernier est une légende vivante au Myanmar. Plus de la moitié des 50 millions d’habitants du pays ont regardé son plus récent combat. La boxe birmane, reconnue comme le sport le plus violent de la planète est interdit au Canada. Tous les coups sont permis, même avec la tête.

Dave Leduc à genoux, la ceinture qu'il a remportée sur son épaule, entouré des organisateurs du combat.

Dave Leduc célèbre son titre en 2019.

Photo : SB FIGHT PHOTOGRAPHY

Dave Leduc vit aujourd’hui à Chypre. Au mois de mars, il était de passage à Gatineau pour s’acheter une propriété. La pandémie a étiré son séjour au Canada. Il en profite pour donner un coup de main à son ami.

Ça fait dix ans qu’on se connaît, dit le champion aux jambes et dos marqués de tatouages traditionnels birmans. On était tous amateurs dans le temps. C’est comme un retour aux sources. Aujourd’hui, on est tous derrière lui pour qu’il gagne le combat et qu’il reste dans la UFC. Je veux que son adversaire soit ensanglanté… tout gentiment.

« Comme le film Rocky »

Tous les matins, ils se rencontrent dans l’entrée de garage de Leblanc pour un entraînement des plus intenses. Ils renversent un pneu de tracteur, ils montent et descendent des marches, ils sautent à la corde et lèvent des poids.

C’est un peu comme le film Rocky, affirme Julien Leblanc, trempé de sueur. On s’entraîne dans l’ombre pour pouvoir rayonner quand ce sera le temps.

En période de pandémie, impossible de respecter la distanciation quand on pratique les arts martiaux mixtes. Marc-André Barriault profite des installations disponibles, sans trop attirer l’attention. Il doit passer par l'arrière d'un gymnase fermé depuis des mois. Ses journées se terminent par des séances de combat dans l'octogone.

Je n’ai pas le choix de briser les règles, explique Barriault. Je suis un athlète professionnel et j’ai signé un contrat. Je dois me battre dans deux semaines et je ne peux pas le faire sans entraînement. Sinon, je mets ma santé en jeu. Je demande à mes partenaires de restreindre leurs fréquentations. C’est moi la priorité. Il faut que je me rende à Las Vegas.

Marc-André Barriault peut compter sur Dave Leduc et Julien Leblanc pour s'entraîner.

Marc-André Barriault peut compter sur Dave Leduc et Julien Leblanc pour s'entraîner.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Gauvin Blanchet

De retour devant les fourneaux

Avant d’être un combattant à temps plein, celui qu’on surnomme Powerbar travaillait comme cuisinier en centres hospitaliers. Au début de la pandémie, il est revenu devant les fourneaux pour quelques semaines. Pour faire sa part, mais aussi pour gagner sa vie.

On pense souvent que de signer un contrat avec une grosse organisation comme la UFC, c’est extrêmement payant, dit-il. Mais je vous confirme que ce n’est pas le cas. Moi, je dois me rendre à mon combat pour avoir mon cachet. Je devais quand même m’assurer une sécurité financière.

Marc-André Barriault met tout en oeuvre pour remporter cette rencontre, qui sera peut-être sa dernière chance de réaliser son rêve de petit garçon.

Plus que jamais, je veux aller chercher ma paye et lever les bras dans les airs. Je veux dire dans le micro : "C’est Marc-André, le vrai". Et j’en veux d’autres.

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