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C.-B. : les morts par surdose en mai dépassent les morts de la COVID-19 depuis janvier

170 personnes sont mortes par surdose au cours du dernier mois.

Deux mains qui tiennent une seringue.

La crise des opioïdes fait toujours rage à travers la province, quatre ans après la déclaration de l'état d'urgence.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Radio-Canada

« Je ne peux exprimer à quel point cette nouvelle a été difficile à entendre », a souligné avec émotion jeudi la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, évoquant le triste record dévoilé par la province selon lequel 170 personnes sont mortes par surdose de drogue uniquement au mois de mai.

En comparaison, la COVID-19 a emporté un total de 167 personnes en Colombie-Britannique depuis le début de la pandémie.

Pour le troisième mois consécutif, le nombre de décès lié à une surdose de drogue illégale excède la centaine et porte le nombre total à 554 depuis janvier.

Il s’agit aussi d’une augmentation de 44 % comparativement au mois d’avril, soit 118 morts, et de 93 % comparativement à l’année dernière pour la même période, révèle le dernier rapport du Service des coroners de la province.

Je partage votre deuil. Ils sont nos frères et nos soeurs, nos collègues de travail, nos amis et notre communauté , a déclaré la médecin hygiéniste en chef, la voix brisée par l’émotion.

Elle indique que ces morts ne sont pas limitées uniquement à la région de Vancouver, mais s’étendent bien au-delà, partout dans la province.

La situation préoccupe notamment le Centre d'intervention d'urgence en cas de surdose.

Le nombre de personnes que nous avons perdues, non seulement au cours du dernier mois, mais au cours des quatre dernières années est incompréhensible et déchirant, s’est exprimé le conseiller clinique auprès du Centre d'intervention d'urgence en cas de surdose, Guy Felicella, dans un communiqué publié jeudi.

C’est triste, mais aussi profondément frustrant de voir le nombre de décès atteindre des sommets 4 ans après la déclaration de l’état d’urgence, a pour sa part souligné la coroner en chef Lisa Lapointe.

Forte présence de fentanyl

Selon le rapport de la province, les tests de toxicologies post-mortem suggèrent également une augmentation des cas présentant une concentration extrêmement élevée de fentanyl en avril et en mai, comparativement aux mois précédents.

Environ 19 % des cas auraient présenté une dose concentrée de fentanyl. Entre les mois de janvier et mars, cette proportion a baissé pour atteindre 9 %.

Les stocks de drogues sont imprévisibles et hautement toxiques, explique la Dre Jane Buxton, épidémiologiste au centre de contrôle des maladies de la province. Au cours des derniers mois, ce facteur a joué un rôle dans l’augmentation des surdoses, qu'elles aient été mortelles ou non.

La COVID-19 a ajouté un défi supplémentaire, et les personnes peuvent se sentir plus isolées et anxieuses, mais il est important qu’elles continuent de se tenir à plusieurs et de fréquenter les centres d'injection supervisée, dit-elle.

La Dre Henry précise quant à elle que la pandémie de COVID-19 a aggravé la crise, car de plus en plus de gens consomment des drogues seuls en raison des mesures de distanciation physique, tandis que la toxicité des médicaments augmente.

Nous savons que de consommer seul ces temps-ci peut être particulièrement dangereux et mortel , dit la Dre Bonnie Henry qui explique la hausse de toxicité des drogues en circulation notamment par la fermeture des frontières.

L’importance d’une approche compréhensive

De son côté, le ministre de la Santé, Adrian Dix, soutient qu’il est important de mettre fin à la stigmatisation entourant l’utilisation de drogue illégale.

Nous avons besoin du soutien de l’ensemble du système , dit-il.

La médecin hygiéniste en chef réclame toujours la décriminalisation de la possession de drogue pour usage personnel. Selon elle, le gouvernement provincial a une certaine marge de manoeuvre pour établir cette mesure.

Nous savons que les dépendances et les troubles liés à l’usage de substances ne peuvent être réglés en impliquant le système judiciaire , affirme-t-elle.

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Crise des opioïdes

Santé