•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il y a du racisme systémique dans la GRC, rétorque Trudeau à Brenda Lucki

Une enseigne sur un mur présentant le logo de la GRC et ses appellations anglaise et française.

Régie par des lois fédérales, la GRC offre aussi ses services à forfait dans huit provinces.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Selon Justin Trudeau, le racisme systémique existe au pays, y compris au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Une déclaration qui survient au lendemain de celle faite par la commissaire Brenda Lucki, selon qui il vaudrait mieux parler de « préjugés inconscients ».

Sans ambages, lors de son point de presse quotidien à Ottawa, jeudi, le premier ministre a affirmé que le racisme systémique existe partout au Canada et que les institutions établies au cours des dernières générations n'ont pas toujours traité de manière équitable les gens de diverses origines.

Nous reconnaissons ce que beaucoup d'Autochtones du Canada et de Canadiens racisés savent depuis longtemps : il y a du racisme systémique dans notre pays et dans nos institutions.

Le premier ministre Justin Trudeau

Les propos du premier ministre se voulaient en quelque sorte une réponse à ceux tenus par Brenda Lucki lors d'une entrevue accordée à CBC, mercredi.

Première femme à diriger la GRC, Mme Lucki s'est vu demander s'il y avait du racisme systémique dans son organisation. À cette question, qu'elle a qualifiée d'intéressante, la commissaire affirme avoir entendu 15 à 20 définitions du racisme systémique.

Si cela renvoie aux préjugés inconscients qui existent […], oui, cela existe au sein de la GRC, a-t-elle nuancé.

Mais de son côté, jeudi, M. Trudeau a déclaré que le racisme systémique représentait un enjeu dans tout le pays, incluant tous les corps de police, y compris la GRC.

Régie par des lois fédérales, la GRC offre aussi ses services à forfait dans huit provinces. Seuls le Québec et l'Ontario disposent de leur propre corps policier, tandis qu'à Terre-Neuve, c'est la Royal Newfoundland Constabulary qui maintient l'ordre dans trois villes, la GRC assumant le reste du mandat.

En Alberta, lundi, le commandant de la GRC, Curtis Zablocki, a semé la controverse en affirmant : Je ne pense pas qu’il y ait du racisme systémique au sein de la police au Canada, je ne crois pas que ce soit systémique en Alberta.

C'est dans ce contexte que le premier ministre Trudeau a été appelé à se prononcer sur cette délicate question, jeudi.

Dans bien des cas, a-t-il expliqué, ce n'est pas délibéré, ou intentionnel, ou ce ne sont pas des gestes racistes individuels et agressifs, bien que ceux-ci existent, manifestement.

Justin Trudeau

Cela exige que nous regardions nos institutions, notre pays, et que nous disions OK, cette situation n'est pas vraiment juste, a ajouté le premier ministre.

« J’ai confiance en elle »

On peut faire mieux, a assuré M. Trudeau. Autant nous admirons et soutenons la GRC, [autant] nous savons qu'on doit faire mieux. Et non seulement par rapport aux exemples individuels que nous avons vu, mais par rapport aux enjeux auxquels ont fait face des Canadiens de diverses origines ces dernières années, décennies, générations.

Relativement aux propos tenus par la commissaire Lucki sur le sujet, Justin Trudeau affirme qu'il a confiance en elle.

Tant elle et moi savons que les changements qu'elle a déjà commencé à instaurer au sein de la GRC feront une énorme différence pour contrer le racisme systémique et le réduire dans le pays, a-t-il jugé.

Le sujet du racisme systémique est au centre de quantité de débats depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, le 25 mai dernier. Les agissements des forces de l'ordre sont particulièrement sous la loupe, et ce, tant aux États-Unis qu'au Canada.

Jeudi, le ministre canadien des Services aux Autochtones, Marc Miller, a déclaré que le racisme systémique touchait toutes les institutions et que la GRC n’était pas immunisée contre cette réalité.

Mardi, la Commission des services juridiques du Nunavut avait dit avoir des inquiétudes importantes quant à la qualité des services policiers et à la conduite des agents de la GRC envers les Inuit du Nunavut, en particulier les femmes.

Samedi dernier, l'Équipe d'enquête de l'Alberta en cas d'incident grave (ASIRT) avait annoncé qu'elle se pencherait sur l'interpellation du chef de la Première Nation des Chipewyan de l’Athabasca, Allan Adam, qui allègue avoir été maltraité, en mars, par des agents de la GRC dans le nord de la province.

Le premier ministre Trudeau a affirmé qu'il était très difficile pour des gens qui vivent au sein d'un système, et qui s'efforcent de rendre ce système meilleur, de reconnaître jusqu'à quel point cet enjeu [du racisme systémique] existe.

M. Trudeau a conclu, en substance, qu'il était aussi difficile pour lui, en tant que premier ministre, de reconnaître que le gouvernement du Canada puisse régulièrement exercer de la discrimination de manière systémique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !