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Photo de Trump devant une église : le chef d’état-major des armées fait son mea culpa

Donald Trump marche en compagnie de Mark Esper et du général Milley.

Le général Milley et le secrétaire à la Défense, Mark Esper, faisaient partie des responsables ayant accompagné le président Trump lorsqu'il a traversé le parc Lafayette pour se faire photographier devant une église.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Le militaire le plus haut gradé des États-Unis, Mark Milley, a reconnu jeudi qu'il n'aurait pas dû accompagner le président Trump lorsque ce dernier, parti du terrain de la Maison-Blanche, est allé se faire photographier devant l'église St. John's de Washington, une bible à la main.

Critiqué pour sa participation à une opération perçue comme partisane, le général Milley a admis, dans une allocution vidéo préenregistrée présentée devant l'Université de la Défense nationale, que sa présence aux côtés du dirigeant républicain avait déclenché un débat national sur le rôle de l'armée dans la société civile.

Il y a une dizaine de jours, le chef d’état-major des armées s'était joint aux responsables de l'administration Trump qui avaient escorté le président à travers le parc Lafayette vers l'église St. John's, après un discours pendant lequel Donald Trump s'était posé en président de l'ordre public.

Le général Milley, qui se trouvait à l'avant-plan lors de la marche, portait, de plus, sa tenue de combat.

Je n'aurais pas dû être là. Ma présence à ce moment, et dans cet environnement, a donné l'impression que l'armée était impliquée dans la politique intérieure.

Une citation de :Général Mark Milley, chef d'état-major des armées américaines

En tant qu'officier en uniforme, j'ai appris de cette erreur, a-t-il soutenu, insistant devant les étudiants sur l'importance d'avoir une armée apolitique et de respecter la Constitution.

Plaidoyer pour les droits des Afro-Américains

Dans son plaidoyer pour la diversité, le général Milley s'est aussi dit choqué du meurtre brutal et insensé de George Floyd, cet Afro-Américain dont la mort pendant une intervention policière a ému l'opinion publique et suscité une vague de manifestations d'une ampleur considérable.

Le racisme et la discrimination, les préférences structurelles, les schémas de mauvais traitements, les préjugés non exprimés et inconscients n'ont pas leur place en Amérique. Et ils n'ont pas leur place dans nos forces armées, a-t-il martelé.

Le général Milley a lié les manifestations non seulement à la mort de l'homme noir de 46 ans, mais aussi aux siècles d'injustice dont ont été victimes les Afro-Américains, et a souligné au passage qu'elles avaient été largement pacifiques.

Les manifestations pacifiques sont le signe que la liberté américaine fonctionne.

Une citation de :Le général Mark Milley, chef d'état-major des armées américaines

L'armée avait été blâmée pour son rôle dans la dispersion musclée des manifestants dans le parc Lafayette et aux abords de l'église. Critiquée par des leaders religieux, l'intervention avait permis au président de s'y rendre et d'être photographié en train de brandir une bible devant l'église endommagée par des émeutiers.

Donald Trump, brandissant une bible devant l'église St. John's.

« Nous avons un grand pays », a déclaré Donald Trump, une bible à la main.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Pendant l'allocution de Donald Trump, au cours de laquelle il se présentait comme l'allié des manifestants pacifiques, les réseaux de télévision avaient montré les forces de l'ordre disperser les manifestants, qui protestaient pourtant alors dans le calme, à coups de boucliers, de gaz lacrymogènes et de balles de caoutchouc.

La présence du général Milley avait semblé cautionner le message du président Trump qui venait de menacer les villes et les États de faire appel à l'armée pour ramener le calme dans le pays.

Cités par le New York Times, des responsables au sein du département de la Défense ont affirmé que le chef d'état-major des armées croyait accompagner le président et son entourage pour passer en revue les troupes de la Garde nationale et les membres des forces de l'ordre devant le parc Lafayette.

Le quotidien affirme que les deux hommes ont eu, au cours des derniers jours, des échanges corsés tant sur la présence du général Milley lors de l'événement que sur l'opportunité de déployer l'armée sur le territoire américain.

Selon le Washington Post, la présence du général Milley a contribué à la décision du général à la retraite James Mattis de dresser un réquisitoire impitoyable, la semaine dernière, à l'encontre du président qu'il a servi comme secrétaire à la Défense.

D'autres responsables militaires à la retraite avaient aussi exprimé leur malaise.

Deuxième responsable à prendre ses distances

La semaine dernière, le secrétaire à la Défense, Mark Esper, avait également indiqué ne pas soutenir le recours à l'armée.

Il avait lui aussi reconnu avoir fait une erreur en s'affichant aux côtés de Donald Trump lors de la séance photo, disant faire tout son possible pour rester apolitique et pour éviter les situations qui peuvent paraître politiques.

En quelques jours, le président et le secrétaire à la Défense ont affiché publiquement leur désaccord sur plus d'un sujet.

Invoquant le patrimoine américain et le respect des militaires, Donald Trump a opposé mercredi une fin de non-recevoir aux demandes de rebaptiser les bases militaires nommées en l'honneur de généraux sudistes. Par la voix d'un porte-parole, Mark Esper s'était montré ouvert à une discussion sur le sujet.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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