•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Titan s’éloigne de Saturne plus vite qu’on le pensait

Image de la lune Titan en orbite autour de la planète Saturne.

Image de la lune Titan en orbite autour de la planète Saturne obtenue en combinant six photos captées par la sonde Cassini le 6 mai 2012.

Photo : NASA

Radio-Canada

La plus grande lune de Saturne s’éloigne cent fois plus rapidement de la planète à anneaux que ne l’estimaient les scientifiques jusqu’à aujourd’hui, affirment des astronomes européens.

C’est en analysant les données recueillies par la sonde Cassini de la NASA que des équipes de l’Observatoire de Paris, en France, et de l’Université de Bologne, en Italie, ont réussi à calculer avec plus de précision l’expansion orbitale de Titan, qui est à ce jour le seul objet céleste de notre système solaire autre que la Terre connu pour abriter un liquide stable à sa surface.

L’expansion orbitale de Titan serait de l’ordre de 11 cm par an, soit cent fois plus vite qu’attendu de par l’observation d’autres lunes de Saturne.

Cette réalité tend à montrer que la mécanique des effets de marée à l’œuvre dans le système gazeux de Saturne ne serait pas la même que celle qui gouverne des planètes rocheuses et leurs satellites naturels, comme le système Terre-Lune.

Il faut savoir que la Lune s’éloigne de la Terre de 3,8 cm par an, et que la plupart des lunes présentes dans notre système solaire s’éloignent aussi de leurs planètes sous l’action des bourrelets de marées qu’elles lèvent sur leur propre planète. Une partie du mouvement de rotation de la planète est alors transférée vers l’orbite de la lune, repoussant celle-ci peu à peu vers l’extérieur.

Titan 101

  • Découverte en 1655 par l’astronome néerlandais Christian Huygens;
  • Deuxième plus grosse lune du système solaire, après Ganymède (Jupiter);
  • Seule connue à posséder une atmosphère dense;
  • Certaines données laissent à penser qu’elle possède un océan souterrain favorable à la vie.

Deux types d’observation

Dans leurs travaux, les chercheurs ont eu recours à deux types d’observations.

Un premier groupe de l’Observatoire de Paris a utilisé un vaste ensemble d’observations de Titan, collectées entre 1886 et 2017.

Un second groupe, mené par l’Université de Bologne, a concentré ses efforts sur les données recueillies lors d’une dizaine de survols rapprochés de Titan par la sonde Cassini. Dans ce dernier cas, il a été possible de déduire la position exacte de Titan dans l’espace, avec quelques centaines de mètres de précision.

C’est en comparant leurs mesures que les deux groupes sont arrivés à un résultat identique montrant que Titan s’éloigne de Saturne plus rapidement qu’on le pensait.

L’astrophysicien américain Jim Fuller du CALTECH avait émis l’hypothèse d’une telle accélération en 2016 en raison du refroidissement interne de Saturne.

Les présents résultats devraient mener à un réexamen de plusieurs autres objets célestes, allant des lunes de Jupiter aux nombreuses exoplanètes gazeuses découvertes à ce jour.

Une lune aux paysages variés

Les observations de la sonde Cassini ont permis de réaliser une carte topographique globale de Titan. Des grandes mers, des lacs, des montagnes, des plateaux, des canyons et des îles y ont été recensés.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Nature Astronomy  (Nouvelle fenêtre)(en anglais).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Astronomie

Science