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Marché noir : la SQDC dit faire des avancées malgré la pandémie de COVID-19

Au terme de son premier exercice financier complet, la société d'État a réalisé un bénéfice brut d'environ 70 millions de dollars.

Un homme ayant remonté son chandail pour se cacher le visage attend devant une succursale de la Société québécoise du cannabis.

Selon les plus récentes données, la société d'État estime avoir arraché environ 40 % du marché illicite.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Si la COVID-19 lui cause quelques soucis, la Société québécoise du cannabis (SQDC) estime que la crise sanitaire semble au moins inciter un nombre croissant d'habitués du marché noir à se tourner vers elle afin de s'approvisionner.

La société d'État n'a pas de données précises à cet effet, mais à la lumière des commentaires recueillis auprès des employés de son réseau de 41 succursales, son président-directeur général Jean-François Bergeron estime que la pandémie a donné un certain coup de pouce.

Les gens sont quand même assez transparents et ils nous parlent. Dans les boutiques ouvertes depuis un an, on voit de nouveaux visages, a-t-il expliqué au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne visant à faire le point sur l'année financière qui s'est terminée à la fin mars.

Dans un contexte de crise sanitaire où l'on répétait les consignes de distanciation physique, certains ont opté pour la SQDC et ses produits vendus dans des emballages scellés, dans un environnement où les règles étaient respectées, a ajouté M. Bergeron.

Selon les plus récentes données, la société d'État estime avoir arraché environ 40 % du marché illicite.

Le gros de la captation du marché noir se fait dans les succursales, a dit M. Bergeron. Les clients veulent voir les taux de concentration des produits d'une production à l'autre et cela est plus difficile à évaluer sur le web [où environ 10 % des ventes sont réalisées].

Pot de cannabis versé sur une table en bois.

Pour plusieurs personnes, il peut être tentant de consommer du cannabis pendant le confinement.

Photo : iStock

Il est difficile de dire quel effet a eu la COVID-19 sur la performance de la SQDC, puisqu'au même moment l'an dernier, elle ne comptait que 13 boutiques qui devaient fermer leurs portes quelques jours par semaine en raison des problèmes d'approvisionnement.

Au terme de son premier exercice financier complet, la SQDC a réalisé un bénéfice brut d'environ 70 millions de dollars. Après les frais et autres charges, c'est un dividende de 26,3 millions qui a été versé dans les coffres de l'État québécois, au-delà de la cible de 20 millions de dollars auparavant évoquée par M. Bergeron.

De leur côté, les ventes se sont établies à 311,6 millions de dollars dont 286 millions dans le réseau de boutiques. Les fleurs séchées ont représenté 288 millions des ventes.

L'année financière précédente, qui ne comptait que six mois, s'était soldée par un déficit de 4,9 millions de dollars essentiellement attribuable aux coûts de démarrage. Le chiffre d'affaires avait été de 71 millions.

Empreinte élargie

Après un départ marqué par des ruptures de stock en raison de problèmes d'approvisionnement, la SQDC a ouvert 28 succursales l'an dernier, ce qui lui permet d'avoir une présence physique dans 13 régions administratives. M. Bergeron, qui espère pouvoir générer un bénéfice de 50 millions de dollars cette année, souhaite ajouter le même nombre d'établissements au réseau.

Toutefois, la pandémie, qui a temporairement paralysé certains secteurs de l'économie, comme celui de la construction, pourrait changer la donne.

La crise sanitaire a ralenti le déploiement des chantiers de ce qui constitue notre principal vecteur de croissance [les succursales], a dit M. Bergeron. Comme l'an dernier, j'ai l'impression que cela va venir se bousculer dans la deuxième moitié de l'année.

Lentement, les produits comestibles se sont installés à la SQDC, mais contrairement à ailleurs au pays, on ne retrouve pas de chocolats, jujubes et autres confiseries en raison du cadre législatif plus restrictif au Québec. L'offre devrait continuer à se limiter à des thés, différents types d'eau gazéifiée ainsi que du haschich.

Étant donné que plusieurs producteurs ont investi pour certains types de produits comestibles, ceux-ci risquent de vouloir rentabiliser leurs investissements avant de bonifier leur portefeuille et offrir ce qui est recherché par la société d'État.

Quelques produits pourraient faire leur arrivée cette année, mais je n'ai pas d'exemple, a dit M. Bergeron. Outre les boissons, nous n'avons pas de produits qui font l'objet de recherche et développement avec les producteurs.

Tous produits confondus, le prix moyen du gramme de cannabis atteignait 7,64 $ à la fin de l'exercice à la SQDC. Sur le marché noir, la moyenne est de 6 $ le gramme, a expliqué M. Bergeron, en ajoutant que la société d'État offrait plus de 40 produits avec un prix moyen sous ce seuil.

La SQDC n'envisage pas de hausses de prix, mais son dirigeant a rappelé que cela relève également des producteurs. Puisque certains se trouvent dans une situation financière plus précaire, des tarifs pourraient être revus à la hausse de la part de ces derniers.

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