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La GRC promet de revoir sa technique d’immobilisation par prise de cou

Brenda Lucki, commissaire de la GRC

Brenda Lucki, commissaire de la GRC

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Radio-Canada

Les répercussions de la mort de George Floyd, cet Afro-Américain étouffé sous le genou d’un policier à Minneapolis il y a deux semaines, se font sentir jusqu’au Canada, où les forces policières vont revoir leurs techniques d’interpellation.

Dans une entrevue accordée à CBC, Brenda Lucki, première femme à la tête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), promet de revoir la technique d’immobilisation par prise de cou, dite étranglement carotidien, utilisée par ses agents.

Cette technique controversée consiste à comprimer les artères sur les deux côtés du cou d’une personne dans le but de lui faire perdre conscience. Mais si elle est mal employée, elle risque d’être mortelle.

Nous allons certainement la revoir, a affirmé Brenda Lucki à Rosemary Barton de CBC.

Elle assure toutefois qu’il s’agit d’une technique de dernier recours pour les policiers, au même titre que l’usage d’une arme à feu.

Elle est utilisée lors de situations sérieuses, s’il y a un risque de meurtre ou de blessure corporelle, ajoute la commissaire de la GRC.

Cette technique est toutefois différente de celle utilisée par Derek Chauvin, le policier de Minneapolis accusé de meurtre non prémédité. Il avait été filmé étouffant George Floyd avec son genou appuyé contre sa nuque pendant plus de huit minutes. La mort de Floyd à la suite de cette intervention a déclenché une vague de colère et de manifestations dans le monde, relançant le débat sur la réforme et la réduction du budget des corps policiers.

Des incidents récemment dénoncés

La promesse de revoir la technique d’immobilisation par prise de cou intervient au moment où les critiques se multiplient contre la GRC, accusée d’usage excessif de la force contre les Autochtones.

Samedi, le chef de la Première Nation des Chipewyan de l’Athabasca, Allan Adam, a affirmé avoir été maltraité, en mars dernier, par des agents de la GRC de Wood Buffalo, dans le nord de l’Alberta.

Le chef Allan Adam se tient à côté une photo de son visage tuméfié. Il tient une plume dans sa main.

Le chef Allan Adam a tenu une conférence de presse pour parler d'un incident avec la GRC dont il dit être sorti avec le visage tuméfié.

Photo : Radio-Canada / Jamie Malbeuf

Lors d’une conférence de presse, le chef Adam a expliqué qu’il a été arrêté et frappé au point de le faire saigner alors qu’il quittait un casino accompagné de sa femme, de sa nièce et d’un ami, en raison d’une plaque d’immatriculation arrivée à expiration. L'Équipe d'enquête de l'Alberta en cas d'incident grave (ASIRT) affirme qu’elle se penchera sur cette interpellation.

Évidemment, nous ne voulons jamais voir aucun blessé lors d’une intervention, mais ça arrive, reconnaît Brenda Lucki, commentant cet incident.

Le 2 juin dernier, un agent de la GRC à Kinngait, au Nunavut, a été expulsé de la collectivité et affecté à des fonctions administratives après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux où on le voit, entre autres, utiliser la porte de sa camionnette pour renverser un homme en état d’ébriété. Une enquête interne et une autre externe indépendante seront lancées sur l'intervention du policier, affirme la GRC.

Un agent de la GRC ouvre la portière de sa camionnette pour renverser un habitant du Nunavut.

Une saisie d'écran d'une vidéo montrant l'arrestation, le 2 juin, d'un homme par un agent de la Gendarmerie royale du Canada à Kinngait, au Nunavut.

Photo : CBC

Nous avons demandé au service de police d’Ottawa de venir pour faire la lumière sur cet incident particulier pour mieux comprendre ce qui est arrivé, a précisé Mme Lucki.

Le commandant de la GRC en Alberta, Curtis Zablocki, a récemment suscité la controverse après avoir nié, lors d’une conférence de presse, l’existence de racisme systémique au sein des forces policières canadiennes.

Je ne pense pas qu’il y a du racisme systémique au sein de la police au Canada, je ne crois pas que ce soit systémique en Alberta, a-t-il dit lundi.

Curtis Zablocki

Le commandant de la GRC en Alberta, Curtis Zablocki

Photo : Radio-Canada

La commissaire de la GRC affirme avoir parlé avec M. Zablocki et assure qu’il a mal interprété l’expression racisme systémique.

Son intention était de dire que, s’il y a du racisme, il ne pense pas que ce soit répandu à travers l’organisation, a-t-elle expliqué à CBC.

Interrogée sur son opinion concernant cette question, elle affirme qu’il existe des préjugés inconscients.

C’est une question intéressante parce qu’au cours des derniers jours j’ai entendu 15 à 20 définitions du racisme systémique, a ajouté Brenda Lucki. Si ça renvoie aux préjugés inconscients qui existent, […] oui cela existe au sein de la GRC, nous ne sommes pas immunisés. Il y a des fois où nos agents font des actes, comme le racisme, qui ne sont pas conformes à nos valeurs fondamentales, et nous devons éviter que cela se produise.

D'après les informations de Catharine Tunney et Rosemary Barton de CBC

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