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Trump refuse de rebaptiser les bases militaires honorant des généraux sudistes

L'une des entrées du Fort Hood, où il est écrit «Bienvenue au 3ᵉ corps des États-Unis et à Fort Hood» et devant laquelle on voit un micro et des automobiles qui circulent dans la rue.

Située au Texas, la base militaire de Fort Hood a été nommée en l'honneur du général sudiste John Bell Hood.

Photo : Getty Images / Drew Anthony Smith

Agence France-Presse

Le président américain Donald Trump s'est catégoriquement opposé, mercredi, à l'idée de rebaptiser des bases militaires portant le nom de généraux sudistes, disant y voir un manque de respect pour les soldats.

Cette déclaration coïncide avec les manifestations contre le racisme, consécutives à la mort de George Floyd sous le genou d'un policier blanc, qui ont relancé avec vigueur le débat sur le passé esclavagiste du pays.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump se range de ce côté sur ce sujet sensible aux États-Unis, où plusieurs voient dans l'hommage rendu aux Sudistes, qui étaient favorables à l'esclavage, la célébration d'un passé raciste.

À l'été 2017, il avait estimé que l'histoire américaine était « mise en pièces » par le retrait de statues de personnages des États confédérés.

Dix bases de l'armée de terre, toutes situées dans le sud du pays, portent le nom d'anciens militaires sudistes.

Dans une série de tweets, le président américain a estimé que ces bases légendaires faisaient désormais partie du patrimoine américain et martelé que son gouvernement n'étudierait même pas la possibilité de les renommer.

Notre histoire en tant que plus grande nation du monde ne sera pas altérée. Respectez nos militaires!

Donald Trump, président des États-Unis

Désaccord avec le secrétaire à la Défense

Mardi, le secrétaire à la Défense, Mark Esper, s'était de son côté dit, par la voix d'une porte-parole, ouvert à une discussion sur le sujet.

Dans ses messages, le président américain cite en particulier Fort Bragg, en Caroline du Nord.

Cette base, la plus grande du pays, porte le nom d'un ancien général de l'armée sécessionniste, Braxton Bragg, qui est surtout connu pour avoir perdu la grande bataille de Chattanooga, en 1863.

Une base de Georgie honore Henry L. Benning, un général esclavagiste convaincu, qui avait plaidé pour la création d'une slavocratie sudiste.

Il existe aussi un Fort Lee, du nom du commandant en chef de l'armée sudiste Robert Lee, situé à une trentaine de kilomètres de Richmond, capitale des États confédérés pendant la guerre.

Le Pentagone avait déjà envisagé de renommer ces bases en 2015, après la fusillade de Charleston, en Caroline du Sud, où un jeune suprémaciste blanc avait tué neuf fidèles noirs dans une église. Mais l'armée de terre avait finalement choisi de conserver les noms actuels.

Pelosi demande le retrait des statues de sudistes au Congrès

La statue de Jefferson Davis, qu'on voit aux trois quarts, en plan rapproché.

Une statue de Jefferson Davis, président des États confédérés pendant la guerre de Sécession, trône dans la salle des statues du Capitole à Washington.

Photo : Getty Images / AFP/MANDEL NGAN

La preuve que ce débat récurrent est bien revenu au premier plan, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a lancé mercredi soir un appel au retrait des 11 statues du Capitole représentant des soldats et des responsables confédérés.

Ces statues célèbrent la haine, pas notre patrimoine, a-t-elle estimé.

Défendant les tweets présidentiels, Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison-Blanche, a estimé que changer le nom de ces bases serait insultant pour tous les soldats américains qui y ont été stationnés.

Elle a argué qu'il s'agissait d'une pente glissante, évoquant par exemple le retrait temporaire du film Autant en emporte le vent de la plateforme de diffusion en continu HBO Max.

Le long-métrage, qui présente une version romantique du Sud et une vision très édulcorée de l'esclavage, est considéré par nombre d'universitaires comme l'instrument d'une forme de révisionnisme sudiste.

Jusqu'où faut-il aller?, s'est-elle interrogée.

George Washington, Thomas Jefferson et James Madison doivent-ils être effacés de l'Histoire?, a-t-elle poursuivi, dans une allusion au fait que ces présidents possédaient des esclaves.

En 2017, M. Trump avait déjà tenu le même raisonnement pour défendre le maintien des statues de généraux sudistes.

Mais la mise sur le même plan d'hommes qui ont joué un rôle central dans la création du pays et de ceux qui ont mené la sécession contre celui-ci au nom de la défense de l'esclavagisme avait suscité de vives critiques.

Près d'un siècle sépare la déclaration d'indépendance qui a fondé les États-Unis d'Amérique, le 4 juillet 1776, et la guerre de Sécession.

Cette dernière, qui a déchiré la nation de 1861 à 1865, a fait quelque 620 000 morts, soit un bilan bien plus lourd pour les États-Unis que les deux guerres mondiales réunies.

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