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Sahel : des soldats accusés de « semer la terreur » dans des villages

Des enfants rassemblés devant l'objectif de la caméra dans un camp de réfugiés.

Des enfants dans un camp de déplacés près du Sahel, dans la province du Yatenga, dans le nord du Burkina Faso, le 20 avril 2020.

Photo : Associated Press / Sam Mednick

Agence France-Presse

Amnistie internationale accuse des soldats de trois pays du Sahel engagés dans la lutte contre les djihadistes de « semer la terreur » dans des villages où ils ont causé la mort ou la disparition de près de 200 personnes en quelques mois, selon l'ONG.

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des soldats sèment la terreur et commettent des tueries dans des villages sous couvert d'opérations antiterroristes, écrit l'organisation de défense des droits de la personne dans un document publié mercredi.

Cette mise en cause rejoint les nombreuses dénonciations d'exactions imputées aux armées de ces trois pays.

Entre février et avril, au moins 57 villageois ont été victimes de meurtres et 142 autres ont disparu aux mains de soldats des armées régulières, selon l'ONG.

Amnistie fonde son rapport sur des entretiens menés avec 33 témoins, ainsi que sur des photos des cadavres des victimes et de l'emplacement présumé de fosses communes (et) des listes de personnes disparues.

Les témoignages recueillis décrivent des populations civiles prises pour cibles par les forces de sécurité parce qu'accusées de complicité avec les djihadistes. En grande majorité, les victimes sont des Peuls, selon le rapport.

Les homicides, dont certains s'apparentent à des exécutions extrajudiciaires, pourraient être constitutifs de crimes de guerre, souligne Amnistie. Elle appelle les gouvernements à mettre un terme à l'impunité dont jouissent les forces de sécurité.

Des armées déjà montrées du doigt

Les armées malienne et nigérienne ont été montrées du doigt début avril par la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) pour plus d'une centaine d'exactions attribuées à leurs soldats au Mali.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a débattu du sujet vendredi et a dit avoir pris note des mesures annoncées par plusieurs gouvernements du Sahel face à ces allégations de violations des droits de la personne.

Le même jour, une trentaine de personnes ont été tuées dans l'attaque d'un village majoritairement peul dans le centre du Mali. Des ONG ont affirmé que les assaillants étaient des militaires maliens.

Le gouvernement malien s'est dit préoccupé par ces graves allégations et a annoncé des investigations.

De son côté, la France, qui est engagée au Sahel notamment au côté de ces trois armées, avec sa force militaire Barkhane (plus de 5000 hommes), a salué ces ouvertures d'enquête.

La France fait de la lutte contre l'impunité un sujet prioritaire dans son dialogue auprès des pays de la région, a souligné la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle à ce que les responsables présumés de tels actes soient identifiés et traduits en justice, a-t-elle ajouté.

Les violences djihadistes, mêlées à des conflits intercommunautaires, qui touchent toute cette partie du Sahel ont fait au total en 2019 quelque 4000 morts au Mali, au Burkina Faso et au Niger, selon l'ONU.

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