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Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 dans le monde augmente plus vite que jamais

Dans les pays où les données s'améliorent, la plus grande menace est maintenant la complaisance, prévient l'OMS.

Deux infirmières donnent un verre d'eau à une femme alitée.

Des infirmières aident une patiente atteinte de la COVID-19 dans un hôpital à Manaus, au Brésil.

Photo : Reuters / BRUNO KELLY

Alors que certains pays, comme le Canada, constatent une diminution du nombre de cas de COVID-19 et ont commencé leur déconfinement, le nombre de nouveaux cas par jour n’a jamais été aussi élevé à travers le monde depuis le début de la pandémie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un avertissement cette semaine : la pandémie est loin d’être terminée et la hausse du nombre de nouveaux cas quotidiens est inquiétante à plusieurs endroits.

Ce n'est pas le moment pour les pays de mettre un frein, a averti Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS lors d'une conférence de presse à Genève.

À ce jour, plus de 7 millions de personnes ont été infectées par le virus. De ce nombre, plus de 400 000 personnes sont décédées et plus de 3,6 millions sont rétablies. Il y a donc encore près de 4 millions de cas actifs à travers le monde – soit des personnes qui sont toujours infectées.

Depuis le début juin, le nombre de nouveaux cas signalés dépasse les 120 000 cas chaque jour, une situation qui ne s’est jamais produite depuis le début de la pandémie.

Le 30 mai, 134 064 nouveaux cas ont été signalés à travers le monde, le chiffre le plus élevé depuis le début de cette crise sanitaire.

Les experts en santé publique indiquent que le nombre de cas et de morts est sous-estimé dans plusieurs pays, en raison de manque de tests, de ressources, ou même pour des raisons politiques. De plus, de nombreuses personnes qui sont asymptomatiques, mais potentiellement contagieuses, n’ont pas été testées et ne sont donc pas comptabilisées dans les bilans des pays.

Quels pays connaissent les plus fortes hausses?

Depuis le début juin, on observe plusieurs points chauds. Le trois quarts des quelque 136 000 nouveaux cas annoncés le dimanche 7 juin provenaient de 10 pays, la plupart dans les Amériques et en Asie du Sud.

Depuis la fin mai, le Brésil signale entre 15 000 et 30 000 nouveaux cas par jour et plus de 1000 décès quotidiens. Le Brésil, avec plus de 710 000 cas et 37 000 décès, est désormais le deuxième pays comptant le plus de cas dans le monde, derrière les États-Unis. Malgré cela, le président Jair Bolsonaro, qui continue de minimiser les dangers de l’épidémie, a promis de rouvrir le pays, disant que « la mort était le destin de tout le monde ».

Le Mexique connaît également une forte hausse du nombre de cas depuis le début mai. Depuis le début juin, le nombre de nouveaux cas par jour est d’environ 4000.

Une femme regarde l'ambulancier qui porte des gants, un masque et des lunettes de protection.

Une femme atteinte de la COVID-19 est transportée par un ambulancier dans un hôpital de Mexico.

Photo : Reuters / Edgard Garrido

Le bilan au Mexique est probablement beaucoup plus élevé, puisque peu de tests de dépistage sont faits dans ce pays. Le Canada a fait six fois plus de tests (près de 2 millions) que le Mexique (357 000), qui a presque quatre fois plus d’habitants. Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a demandé à ses citoyens de ne pas « céder à la psychose », malgré plus de 14 000 morts et 117 000 cas.

Depuis le 20 mai, le nombre de nouveaux cas par jour au Chili dépasse 3000, et même 4000. La Colombie et l’Argentine connaissent également une hausse, avec plus de 1000 nouveaux cas par jour chacun.

Le Dr Mike Ryan, directeur général du programme des urgences sanitaires de l'OMS, croit que l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud sont loin d'avoir atteint le sommet de cette vague. L'épidémie en Amérique centrale et en Amérique du Sud est la plus complexe de toutes les situations auxquelles nous sommes confrontés en ce moment dans le monde.

L’Iran, qui semblait avoir aplati la courbe, connaît une nouvelle hausse du nombre de cas quotidiens depuis le début mai. Depuis la mi-mai, le nombre de nouveaux cas est de 2000 à 3000 par jour, particulièrement dans certaines régions où les restrictions ont été récemment levées.

Pour sa part, depuis quelques semaines, le Pakistan recense plus de 3000 nouveaux cas par jour, avec un pic de 5385 nouveaux cas le 9 juin.

L’Arabie saoudite, qui avait réussi à réduire légèrement le nombre de nouveaux cas en mai, a vu une recrudescence au début juin. Depuis, on compte au moins 3000 nouveaux cas chaque jour. Dimanche, le royaume a interrompu les vols internationaux de passagers et a de nouveau imposé un couvre-feu à Djeddah, où une éclosion a été signalée.

Au Bangladesh, le nombre de cas a commencé à augmenter seulement en avril, et depuis deux semaines, on fait état d'au moins 2000 nouveaux cas par jour.

L’Afrique du Sud, qui avait très peu de cas jusqu’au début mai, connaît désormais une accélération du nombre de cas. Depuis le début juin, les autorités signalent au moins 2000 nouveaux cas par jour. Dans ce pays, qui a plus de 50 000 cas et plus de 1000 morts, le nombre de nouvelles personnes infectées double toutes les deux semaines.

Heureusement, nous n'avons pas encore constaté d'accélération massive des cas en Afrique, précise Tedros Adhanom Ghebreyesus. Une partie de cela est probablement due à une moindre disponibilité des tests, mais nous n'avons pas encore vu les hôpitaux être submergés. [...] Mais cela ne veut pas dire que la maladie ne peut pas augmenter de façon importante en Afrique et provoquer un nombre dévastateur de décès.

La Russie et l’Inde continuent de signaler au moins 8000 nouveaux cas chacun par jour.

En Europe, la Suède signalait moins de 700 cas par jour jusqu’au début juin. Mais depuis peu, le pays fait face à de nouvelles éclosions; du 1er au 10 juin, ce pays a recensé plus de 10 000 nouveaux cas.

Les États-Unis comptent toujours le plus de cas actifs (et total) à l'échelle mondiale et enregistrent plus de 25 % de tous les décès du monde. Cependant, le nombre de nouveaux cas est relativement stable depuis la mi-mai, avec entre 15 000 et 20 000 nouveaux cas quotidiens.

Par contre, certains États, comme la Californie, le Texas, la Floride, la Caroline du Nord, l’Arizona, le Tennessee et Washington, observent une hausse du nombre de nouveaux cas depuis les dernières semaines. Cette hausse est en partie attribuable à une élévation du nombre de tests de dépistage faits, mais les autorités craignent que le relâchement des mesures d'isolement ne soit également responsable de cette augmentation.

Les pays où le nombre est en baisse

Au Canada, depuis le 26 mai, le nombre de nouveaux cas est de moins de 1000 par jour, et est tombé sous la barre des 500 le 9 juin. Le nombre de morts n’a pas dépassé 100 par jour depuis le 28 mai.

La Nouvelle-Zélande a levé lundi toutes les restrictions nationales qui avaient été décrétées pour lutter contre le coronavirus, après le rétablissement de la dernière personne qui était encore en isolement. Plus aucune nouvelle contamination n'a été recensée depuis 17 jours. L'archipel du Pacifique Sud, qui compte une population de cinq millions d'habitants, a dénombré un total de 1154 cas et 22 décès.

Le Royaume-Uni, qui est le cinquième pays ayant le plus de cas totaux (plus de 290 000 personnes infectées), signale moins de 2000 nouveaux cas par jour depuis le début juin. Au plus fort de la vague, le pays enregistrait plus de 4000 cas par jour. L’Espagne, frappée de plein fouet par le virus en mars, a imposé des mesures parmi les plus restrictives du monde. Les Espagnols seront tenus de porter un masque en public, et ce, jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible.

Nous sommes encouragés par des tendances à la baisse dans plusieurs pays. Dans ces pays, la plus grande menace est maintenant la complaisance. [...] Puisque les rassemblements commencent à reprendre dans certains pays, nous continuons d’encourager une surveillance active afin que le virus ne ressurgisse pas, selon Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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